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35. Grand de Polynésie Nape à noix banane

Par R. Bourdeix, et T. Oopa, 2019,

Deux sortes de fruits complétement différents sur le même cocotier, l’un d’entre eux étant un record du monde de longueur... Il fallait absolument que cette étrange variété figure au catalogue Polynésien !

Il a d’abord été identifié un unique arbre de cette variété à Moorea, puis deux similaires à Tatakoto et Raroia. A Moorea, des observations à deux ans d’intervalle ont montré que, malgré un nettoyage complet du cocotier, ce dernier conservait le même aspect, avec une alternance assez régulière de régimes normaux et de régimes à fruits bananes. Il ne s’agit donc pas d’un phénomène transitoire mais bien d’une caractéristique variétale stable dans le temps.

Conservation et diffusion

A notre connaissance, aucune autre variété de cocotier produisant deux sortes très différentes de régimes n’a été décrite. Celle-ci n’est conservée dans aucune collection. Elle est extrêmement rare et menacée de disparition.

Origine et histoire

Dans la fiche variétale concernant le Grand Nape, il a été décrit un ensemble de variétés créées par les anciens polynésiens et produisant d’énormes fruits destinés à fabriquer de la corde à partir de la bourre (enveloppe du fruit). Ces variétés se rencontrent en Polynésie française (Nape), à Fidji (Magimagi), Samoa (Niu Afa) et Tonga (Niu Kafa). Cependant, excepté en Polynésie française, il n’a jamais été observé de cocotier de ce type produisant deux sortes de régimes sur le même arbre.

Les fruits bananes fournissent très probablement les fibres les plus longues, et il est vraisemblable que, à cause de cette caractéristique, et de son aspect surprenant et esthétique, cette forme de cocotier à été sélectionné et maintenu par les agriculteurs et jardiniers. Il faudrait cependant vérifier cette hypothèse en réalisant une analyse de la longueur des fibres dans les fruits normaux et bananes.

Comment l’identifier ?

Les fruits normaux ressemblent à certains fruits de la variété Magimagi des Fidji. Ils sont longs et volumineux, avec à l’intérieur une noix pointue seulement du coté distal (opposé au pédoncule du fruit). Cette forme de noix n’a pour l’instant pas été observé chez les autres cocotier Nape de Polynésie française.

Les fruits bananes ont une forme très allongée et sont constitués uniquement de bourre, sans coque ni albumen à l’intérieur. Ils résultent d’un développement dit parthénocarpique, c’est à dire que le fruit se développe sans qu’il y ait eu fécondation. De façon très étonnante, il semble que le cocotier ne produit pas de régime qui contiennent à la fois des fruits normaux et des fruits bananes. Il y aurait donc un facteur, totalement inexpliqué pour l’instant, qui déterminerait que l’ensemble du régime soit parfois fécondé, et parfois non. Une hypothèse est que, dès qu’un régime produit au moins un fruit normal, tous les fruits non fécondés avortent précocement ; si tous les fruits du régime sont non fécondés, alors seulement les fruits bananes se maintiendraient jusqu’à maturité.

Ce cocotier a tendance à garder longtemps ses feuilles et des fruits, qui ne tombent pas rapidement lorsqu’ils sont secs. Il a fallu procéder à un long nettoyage afin de pouvoir récolter les fruits et réaliser les photographies de la planche variétale.


Production et rendement

Les régimes de fruits normaux sont généralement peu chargés et contiennent seulement un a cinq fruits, pour une production annuelle estimée à 20 à 30 fruits par an ; le rôle de ces fruits normaux semble d’assurer la reproduction variétale. En effet, si le cocotier ne produisait que des fruits bananes, il serait impossible à reproduire.

Les régimes contenant des fruits bananes sont généralement plus chargés et portent six à huit fruits. Le poids des fruits normaux est similaire à celui des cocotiers Grand Polynésie Nape, et varie généralement de 2 à 2.5 kg, avec une amande de 500 à 600 g. . Le poids des noix bananes varie généralement de 0.5 à 1 kg.

Régimes d’un Grand Polynésie Nape à noix bananes
 sur l’atoll de Tatakoto.
© R. Bourdeix, 2021.


Références





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Voici un arbre unique, dont les photos sont publiées ici car elles recèlent peut être un record mondial, celui de la plus longue noix de coco du monde, qui d'ailleurs est en même temps une "coco-banane"! Le cocotier produit deux sortes de régimes, et deux sortes de fruits.

Le grimpeur qui nous a aidé,
cet arbre était sans doute le plus difficile à récolter
Merci à Jacques!


 Deux types de régimes




Vue des fruits (photo brute à traiter)





34. Les cocotiers Spicata ou Takaveatika, aux fruits se détachant aisément du régime

Par R. Bourdeix et J. Buillard, 2006 et 2019, à compléter

En 1931, le botaniste F.B.H. Brown décrivit les formes Spicata comme une nouvelle espèce de palmier, qu’il appela du nom alambiqué de « Diplothemium henryanum ». Heureusement, plus tard, d'autres botanistes tels que Jacob (1941) ont reclassifié le Spicata en variante de l'espèce Cocos nucifera L. C’est donc bien d’un cocotier qu’il s’agit !

Cette mutation assez rare se retrouve, à raison de quelques individus parmi des dizaines de milliers de cocotier, dans la plupart des pays producteurs. Elle touche la morphologie de l’inflorescence qui, contrairement aux cocotiers normaux, ne présente pas ou très peu d’épillets. Les fleurs sont insérées directement sur le rachis de l’inflorescence, qui prend parfois la forme d’une sorte de massue compacte.

Conservation et diffusion

Aucune variété de Spicata provenant de la région Pacifique n’est enregistrée dans la base de données du réseau COGENT, à l’exception des Nains de Papouasie. Une variété figure pourtant au catalogue variétal du réseau: à Samoa, le Grand Samoa Spicata était conservé dans la collection d’Olomanu, mais il y a une dizaine d’années le gouvernement à repris le site pour le transformer en centre d’hébergement pour jeunes délinquants.

Origine et histoire

Au Vanuatu, les agriculteurs disent apprécier les variétés Spicata car les fruits ne sont pas fixés solidement aux inflorescences. S'ils jettent une pierre ou un bâton, les fruits se séparent facilement du régime et tombent.

A Samoa en 1972, le botaniste Parham a décrit le Spicata comme suit: «Palmier, 10-15 m de haut; feuilles pennées, arête glauque dessous pâle; spadice simple, épineux, 100 cm de long, spathes 2; seulement des fleurs femelles vues". Lui aussi s’est trompé !

Parmi les nombreuses fleurs femelles insérées directement sur le rachis, ainsi qu’à l’extrémité de l’inflorescence, des fleur mâles sont toujours présentes. Il y a deux fleurs mâles adventices, qui existent d’ailleurs aussi chez les cocotiers normaux, cachées à la base de chaque fleur femelle.

Comment l’identifier ?

Outre la morphologie particulière de leurs inflorescences, les cocotiers de type spicata produisent souvent des fruits qui se terminent en pointe.

Production et rendement

En Polynésie française, la taille et la morphologie des fruits sont assez variables, comme le montre la photo de la planche variétale. En moyenne, même s’il existe des cocotiers Spicata bien chargés, le nombre de fruits produits semble légèrement inférieur à celui des cocotiers normaux situés à proximité. A Samoa, bien que la collecte des données sur le rendement ait débuté en 1998, aucune donnée n'a été conservées et diffusée enregistrée dans les bases du COGENT.

Les cocotiers de type Spicata ont captivé plusieurs générations de chercheurs. De nombreux pays produisent des hybrides dans des champ semenciers qui nécessitent l’émasculation des inflorescences de l’une des deux variétés parentales. Ces émasculations demandent une main-d’œuvre importante et alourdissent le coût final des semences. La possibilité de trouver des lignées mâle-stérile, en d’autres termes des cocotiers uniquement femelles, permettrait d’éviter de réaliser ces émasculations.


 Les cocotiers Spicata, dont les inflorescences contiennent moins de fleurs mâles, ont été initialement considérés comme un moyen de réduire le coût des émasculations dans les champs semenciers. Mais les rares fleurs mâles adventices sont cachées sous les fleurs femelles, souvent nombreuses et serrées les unes contre les autres. En fait, pour enlever toutes les fleurs mâles, le seul moyen est de couper et d'enlever environ un tiers de toutes les fleurs femelles disponibles. Cette tâche s’avère plus difficile que l'émasculation d'une inflorescence normale de cocotier.

Références

Brown FBH. 1931. Flora of Southeastern Polynesia. I. Monocotyledons. Bernice P. Bishop Museum Bulletin 84.

Jacob KC. 1941. A new variety of coconut palm (Cocos nucifera L.) var. Spicata (KC Jacob). J. Bombay Nat. Hist. Soc 41:906-907.

Parham BEV. 1972. Plants of Samoa. New Zealand Department of Scientific and Industrial Research Information Series No.85, Wellington. New Zealand.


Vue d’un magnifique Nain Abricot Spicata à tronc fin, photographié à Madang en Papouasie Nouvelle Guinée, dans la collection Internationale de Cocotier pour la Région Pacifique. Une variété similaire – ou encore plus belle - pourrait être crée en Polynésie française par un jardinier inspiré en utilisant la méthode suivante : 1) apporter du pollen ou des fleurs mâles de Grand Spicata sur un ou plusieurs parmi les Nains Compacts Rouges ou Abricot décrits dans ce catalogue ; 2) récolter les semences et planter quatre à cinq cocotiers à proximité les uns des autres. Ces cocotiers produiront des fruits de couleur brune et ne seront ni Nains, ni Spicata. 3) Quand ces cocotiers produiront, mettre à germer 200 à 300 semences. 4) ne planter qu’une trentaine de celles dont le petit germe est de couleur abricot ou rouge, et dont les feuilles prennent l’aspect typique de celles des Nains Compacts. Parmi cette descendance, on trouvera un ou plusieurs Nain Compact Spicata à fruits de couleur abricot ou rouge.

 © R. Bourdeix, 2018.




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Les deux photos ci-dessous ont été réalisées en 2006 lors d'une visite de terrain sur Raiatea  avec Mme Tairana Pinson, qui était à l'époque la responsable du cocotier au Service du Développement Rural de Polynésie Française. Nous en avons aussi observé trois à l'entrée du village de Fakarava dans les Tuamotu, ou le nom local de Takaveatika a été enregistré.
A Tahiti, un planteur du district de Hitia aurait planté plus de deux cent cocotiers de ce type dans les années 1950. Nous avons tenté, pour l'instant sans succès, de retrouver la famille de ce planteur et sa plantation. Personne jusqu'à présent n'a pu nous renseigner.







Les photos suivantes on été réalisées en 2019 à Tahaa (-16.631740, -151.463553) avec Joel Buillard du Services de l'Agriculture.






Il existe un poster en anglais qui pourrait être modifié pour intégrer des images de Polynésie Française et traduit en Français dans le cadre du projet PROTEGE.


Les botanistes et scientifiques se sont particulièrement intéressés à cette forme particulière de cocotier du fait de ses inflorescences, qui sont différentes de celles des cocotiers normaux. Ces inflorescences n’ont pratiquement pas d’épillets (ramifications de l'inflorescences). Les fleurs femelles, gros globules de deux à trois centimètres de diamêtre, ne sont pas situées sur les épillets, comme chez les cocotiers ordinaires, mais plutôt directement sur l'axe de l'inflorescence. A l'ouverture cette dernière présente une forme de longue massue très caractéristique.
Du fait de l’absence presque totale d'épillets, ces inflorescences présentent un nombre de fleurs mâles très inférieur à celle d'une inflorescence ordinaire de cocotier. En revanche, ces fleurs mâles existe bien. Certaines d'entre elles, axillaires aux fleurs femelles, sont coincées entre les nombreuses fleurs femelles et inaccessibles. Certains scientifiques ont pensé que cette variété pourrait être intéressante dans le cadre de la production de semences pour laquelle il faut réaliser des émasculations. Ils tablaient sur le faible nombre de fleurs mâles et pensait que les opérations d'émasculation seraient facilitées. En fait, comme certaines fleurs mâles sont cachées entre les fleurs femelles souvent serrées, il est pratiquement impossible de réaliser l'émasculation sans détruire aussi une grande quantité de fleur femelles.
Les populations locales se sont intéressées aux variétés spicata, pour une raison plus pratique : les  fruits se détachent  plus facilement du régime.


33. Les cocotiers Riata produisant un grand nombre de petits fruits

Par R. Bourdeix, 2017 et 2019

En Polynésie française, ces cocotiers sont nommés Riata ou Reita, ou parfois Makire. Dans son livre "Tahiti aux temps anciens" datant de 1848, Teuira Henry cite la variété Riata décrite comme produisant de tout petits fruits, mais sans préciser leur nombre.

Le Grand Riata se caractérise par la production de gros régimes contenant un grand nombre de tout petits fruits. Il semble qu’il existe deux types de Riata : chez le premier, la forte production de petits fruits est régulière ; chez le second, plus répandu, le cocotier peut produire à certaines périodes un grand nombre de petits fruits, puis revenir à une production d’un nombre moyen de fruits plus gros. Seule l’observation régulière des cocotiers durant plusieurs années permet de distinguer ces deux types.

Conservation et diffusion

En Polynésie française, la variété Riata semble en voie d'extinction. Elle se dilue progressivement et disparait parmi les cocotiers "industriels" sélectionnés pour la production de coprah au cours des dix-neuvième et vingtième siècles. Moins d’une dizaine de cocotiers ont été observés, dont l'un à Arue à Tahiti, un autre à Moorea, à l'entrée de la baie de Cook, et un aussi dans le village de Rangiroa. Il n'a pas été localisé d’endroit sur lequel plusieurs de ces cocotiers seraient réunis. En 2021, cette variété polynésienne n’est pour l’instant conservée dans aucune collection. A noter que sur l’atoll de Tatakoto, le terme « Makire » ne désigne pas les Riata mais plutôt des cocotiers très chargés dont les régimes avortent, se détachant avant maturité du fait de leur poids important.

D’autres variétés de cocotier produisant un grand nombre de petits fruits, originaires de Fidji et d’Inde, sont conservées dans plusieurs collections nationales ou internationales. A Fidji, sur l'île de Taveuni et autour du village de Somo Somo, une population de ce type, dénommée Niu Drau or Bula Drau, a été décrite depuis les années 1960. En Inde une variété de cocotier très connue, dénommée le "grand Laccadives Micro", produit aussi une multitude de fruits minuscules. Les vocables Laccadives, Laquedives et Lakshadweep désignent le même archipel indien. Situé dans la mer d’Oman, à cent kilomètres à l’Ouest du continent, il regroupe 27 îles coralliennes dont 10 seulement sont habitées.

Origine et histoire

Dans l’ancien temps, en Mélanésie, Micronésie et Polynésie, ces cocotiers étaient utilisés lors des cérémonies et des fêtes. Lorsqu’il n’y avait pas assez de grosses noix pour tout le monde, on donnait à chacun des invités l'une de ces petites noix très sucrées pour se désaltérer. A Tuvalu par exemple, les gens nomment ces cocotiers "wedding coconut", littéralement "cocotiers de noce". Le Nain Ha’ari Papua Rouge, qui produit un grand nombre de petits fruits, jouait un peu le même rôle ; il a d’ailleurs tendance à remplacer les cocotiers Riata dans les jardins et plantations.

Comment l’identifier ?

Ces cocotiers produisent des gros régimes contenant souvent cinquante à cent tout petits fruits. Comme les fruits sont serrés sur les régimes, ils prennent assez souvent une forme pointue du coté du pédoncule. La bourre des fruits est généralement fine et l’amande épaisse. Après avoir donné quatre ou cinq de ces énormes régimes, il peut arriver que ces cocotiers s’arrêtent de fructifier pendant quelques mois, ou se mettent à produire moins de fruits plus gros.

En Inde, dans l’archipel des Laccadives, les arbres "micro" sont peu fréquents et dispersés parmi les plantations de cocotiers ordinaires, à fruits plus gros et moins nombreux. Tous ces cocotiers, « micro » et « ordinaire » se croisent l’un avec l’autre sans contrôle. Un chercheur indien a émis l’hypothèse qu’il existerait, dans la population naturelle, tous les intermédiaires possibles entre les deux types « micro » et « ordinaire ».

En Polynésie et ailleurs, tous les cocotiers produisant un grand nombre de petits fruits ne sont pas nécessairement des "Riata". Certains cocotiers se révèlent partiellement stériles; d'autres, pour diverses raisons, peuvent manquer de pollen pour la fécondation. Parfois, certains insectes ou mollusques attaquent la partie fertile des fleurs femelles, empêchant ces dernière d'être fécondées. Dans ce cas il arrive que se développent une multitude de petites noix vides. Souvent, mais pas toujours, ces fruits avortent avant maturité ; sinon ils se développent de façon parthénocarpique, c’est à dire qu’ils ne contiennent pas de noix mais seulement de la bourre. Comme l'arbre donne finalement peu de fruits, ou que ses fruits sont vides, il ne se fatigue pas et produit alors des inflorescences de plus en plus grosses et chargées de centaines de fleurs femelles. Dans ce cas là, malgré la présence d'un grand nombre de petits fruits, il ne s'agit pas d'une variété Riata, mais juste d'une question d'absence de fécondation des fleurs femelles.

Production et rendement

Les observations réalisées dans la collection internationale de Côte d’Ivoire sur la variété indienne montrent que certains cocotiers, précédemment normaux, se mettent à produire pendant quelques mois une multitude de fruits minuscules, puis retournent ensuite à une production normale. Ainsi, en Côte d’Ivoire, un cocotier de cette variété a produit selon les périodes des fruits pesant de 200 g à 1 100 g. On retrouve cette gamme de variation sur certains cocotiers Riata en Polynésie française. Moins les fruits sont nombreux, plus ceux-ci sont gros. Le même cocotier pourrait donc être successivement de type «micro» et «ordinaire». Cela dit, tous les cocotiers ne se comportent pas de façon aussi étrange, et seuls certains d'entre eux semblent capables d'extérioriser le phénotype "micro".

En Inde, les petits fruits de cette variété sont traditionnellement utilisés pour la fabrication d'une friandise dénommée "Ball copra". Après élimination de la bourre, les noix sont mises à sécher, en général juste sous le toit des maisons, dans un endroit ventilé. L'amande sèche alors sans pourrir. D’aspect légèrement translucide, la chair blanche devient caoutchouteuse, sucrée et parfumée. Se détachant de la coque, l’amande est extraite d'une seule pièce et vendue comme friandise. Les variétés de type Riata pourraient être utilisée en paysagisme. Leur esthétique évoque l'abondance et la profusion. Les fruits légers sont peu dangereux pour l'homme lorsqu'ils tombent. Enfin, certains tout petits fruits peuvent servir à confectionner des objets artisanaux particuliers, comme... des coquetiers en cocotier. !

Références



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Dans l’ancien temps, en Mélanésie, Micronésie et Polynésie, ces cocotiers étaient utilisés lors des cérémonies et des fêtes. Lorsqu’il n’y avait pas assez de grosses noix pour tout le monde, on donnait à chacun des invités l'une de ces petites noix très sucrées pour se désaltérer. A Tuvalu par exemple, les gens nomment ces cocotiers "wedding coconut", littéralement "cocotiers de noce".

Cocotier Makire photographié à Arue, Tahiti

Le même cocotier, Arue, Tahiti
Ces cocotiers produisent des gros régimes contenant souvent cinquante à cent tout petits fruits. Après avoir donné quatre ou cinq de ces énormes régimes, il peut arriver que ces cocotiers s’arrêtent de fructifier pendant quelques mois, ou se mettent à produire moins de fruits plus gros. 
En Polynésie Française, ces cocotiers sont nommés Reita ou Riata, ou encore Makire. Teuira Henri, dans son livre "Tahiti aux temps anciens" datant de 1848, parle de la variété Riata décrite comme produisant de tout petits fruits, mais sans préciser leur nombre.
En Polynésie Française, j'ai observé seulement trois cocotiers de ce type, l'un à Arue à Tahiti, l'autre à Moorea à l'entrée de la baie de Cook, et le dernier dans le village de Rangiroa; il n'a pas été localisé de site ou plusieurs de ces cocotiers seraient réunis. En revanche à Fiji, sur l'île de Taveuni et autour du village de Somo Somo, j'ai observé ce type de population, dénommée Niu Drau or Bula Drau, qui a d'ailleurs été décrite par d'autres botanistes (McPaul, 1963; Parham, 1966).

Dans les années 2000, j'ai organisé la collecte d'une variété similaire sur l'atoll de Funafuti, dans l'archipel des Tuvalu (Micronésie). La photographie ci-contre illustre la récolte des semences. Pour une partie des semences, leurs embryons ont été extraits puis transférés in vitro dans la Collection Internationale de Cocotier pour la région Pacifique. Cette collection est située à Madang, en Papouasie Nouvelle Guinée.


En Polynésie Française, il semble que que la variété Makire soit en voie d'extinction: elle se dilue progressivement et disparait parmi les cocotiers "industriels" sélectionnés pour la production de coprah au cours du vingtième siècle. Très probablement, une étude approfondie, incluant des mesures phénologiques et des test ADN, montrerait qu'il existe en Polynésie Française plusieurs types de Makire, qu'il serait important de sauvegarder. Il est aussi possible que l'on retrouve des Makire parmi les cocotiers nains.
Tous les cocotiers produisant un grand nombre de petits fruits ne sont pas nécessairement des "Makire". En effet, certains cocotiers se révèlent partiellement stériles; d'autres, pour diverses raisons, peuvent manquent de pollen pour la fécondation. Il se peut par exemple qu'il n'y ait pas de pollen disponible au moment durant lequel les fleurs femelles sont réceptives. Il semble aussi que parfois, certains insectes ou mollusques attaquent la partie fertile des fleurs femelles, les empêchant alors d'être fécondées. Dans ce cas il arrive que se développent une multitude de petites noix vides. Souvent, mais pas toujours, ces fruits avortent avant maturité.
Comme l'arbre donne finalement peu de fruits, il ne se fatigue pas et produit alors des inflorescences de plus en plus grosses et chargées de centaines de fleurs femelles. Ces fleurs avortent à leur tour, et le phénomène se reproduit. Dans ce cas là, malgré la présence d'un grand nombre de petits fruits, il ne s'agit pas d'une variété Makire ou Riata, mais juste d'un problème d'absence de fécondation des fleurs femelles.

Nous avons observé un cas extrême à Tonga: un cocotier de type Nain Niu Leka donnait des centaines de minuscules fruits, mais ces fruits étaient vides et ne contenaient que de la bourre, sans noix de coco à l'intérieur.

Grand Laccadives Micro d'Inde
En Inde une variété de cocotier très connue, dénommée le "grand Laccadives Micro", qui produit aussi une multitude de fruits minuscules. Les vocables Laccadives, Laquedives et Lakshadweep désignent le même archipel indien. Situé dans la mer d’Oman, à cent kilomètres à l’Ouest du continent, il regroupe 27 îles coralliennes dont 10 seulement sont habitées.
Dans l’archipel des Laccadives, les arbres "micro" sont peu fréquents et dispersés parmi les plantations de cocotiers ordinaires, à fruits plus gros et moins nombreux. Tous ces cocotiers, « micro » et « ordinaire » se croisent l’un avec l’autre sans contrôle. Un chercheur indien a émis l’hypothèse qu’il existerait, dans la population naturelle, tous les intermédiaires possibles entre les deux types « micro » et « ordinaire ».
Les observations réalisées en Afrique sur cette variété suggèrent une autre explication. En fait, certains arbres, précédemment normaux, se mettent à produire pendant quelques mois une multitude de fruits minuscules, puis retournent ensuite à un comportement normal. Ainsi, en Côte d’Ivoire, un cocotier de cette variété a produit selon les périodes des fruits pesant de 200 g à 1100 g Moins les fruits sont nombreux, plus ceux-ci sont gros, comme l’illustre la photographie de régimes ci-contre. Le même cocotier pourrait donc être successivement de type « micro » et « ordinaire ». Ceci dit, tous les cocotiers des îles Laccadives ne se comportent pas de façon aussi étrange, et seuls certains d'entre eux semblent capables d'extérioriser le phénotype "micro".
En Inde, les petits fruits de cette variété sont traditionnellement utilisés pour la fabrication d'une friandise dénommée "Ball copra". Après élimination de la bourre, les noix sont mises à sécher, en général juste sous le toit des maisons, dans un endroit venté. L'amande sèche alors sans pourrir. D’aspect légèrement translucide, la chair blanche devient caoutchouteuse, sucrée et parfumée. Se détachant de la coque, l’amande est extraite d'une seule pièce et vendue comme friandise. Les variétés Makire pourraient être utilisée en paysagisme. Leur esthétique évoque l'abondance et la profusion. Les fruits légers sont peu dangereux pour l'homme lorsqu'ils tombent. Enfin, certains tout petits fruits peuvent servir à confectionner des objects artisanaux particulers, comme par exemple... des coquetiers en cocotier.

Comment sauvegarder cette variété?
  1. Prospecter en Polynésie Française afin de retrouver au moins une quinzaine d'arbres Makire, si possible groupés sur un même site, sinon dispersés. Choisir de préférence des arbres verts si ce choix est possible.
  2. En fonction de l'observation des caractéristiques des cocotiers, il pourra être décidé de constituer une ou plusieurs populations de Makire. Par exemple, s'il s'avère que certains Makire produisent des fruits pointus  alors que d'autres produisent des fruits nettement plus ronds, on pourra être amené à constituer deux populations distinctes de Makire.
  3. Prélever une vingtaine de fruits par cocotier et les mettre en pépinière pour germination.
  4. Après un an en pépinière, il faudra planter 100 à 200 cocotiers issus de  Makire, si possible groupés dans une zone présentant un  certain isolement reproductif. . Il s'agit de lieux autour desquels il n'y a pas d'autres cocotiers plantés. Ces lieux peuvent par exemples être des petits motu ou de petites îles volcaniques, des fonds de vallées, ou encore des plantations d'autres espèces arboricoles. Si plusieurs sortes de cocotier Makire ont été identifiées, il faudra si possible réaliser cette isolation pour chacune d'entre elles.
  5. Au bout de cinq à sept ans, ces cocotiers commenceront à fructifier. Cependant, comme ces cocotiers ne proviennent pas d'une variété certifiée mais d'un mélange variétal, tous ne présenteront pas les caractéristiques Makire. Il faudra donc observer ces cocotiers et, dans un délai de deux à trois ans, éliminer entre la moitié et les deux tiers des cocotiers plantés afin de ne garder que ceux qui présentent vraiment les caractéristiques Makire.
  6. Ainsi, après un processus s'étalant sur une dizaine d'années, la ou les variétés Makire seront sauvegardées, et la Polynésie Française sera dotée d'une source de semences certifiées pour cette variété.
Nous recherchons toute personne, association ou institution intéressée par s'associer à ce projet de sauvegarde du patrimoine variétal Polynésien. D'autre part, si vous connaissez d'autres cocotiers de type Makire en Polynésie Française, cette information nous sera précieuse.

Pour en savoir plus
Henry, T. 1928. Ancient Tahiti. Bernice P. Bishop Bulletin 48. Honolulu: Bishop Museum Press.

32. Grand Polynésie Nape utilisés pour les fibres de la bourre

Par R. Bourdeix, 2006 et 2019.

Avez-vous déjà entendu parler des noix de coco les plus longues du monde? On les trouve dans les îles de Polynésie et de Mélanésie. Ces variétés ont été spécialement sélectionnées pour l'utilisation des fibres de la bourre (enveloppe du fruit), qui servaient à faire de la corde. Dans l’ancien temps, les pirogues en bois étaient fabriquées sans utiliser de clous, en attachant les planches avec ce type de corde. Ces cocotiers sont connus en Polynésie française sous les appellations Nape, Puru, ou Rau.

La plupart des variétés de cocotier peuvent être utilisés pour les fibres de la bourre, qui ont un grand nombre d'utilisations: fabrication de cordes, de paillassons, de géotextiles, de matériau support pour la culture hors sol, de récipients biodégradables pour l'horticulture...En 2010, la Chine utilisait la bourre de coco pour la confection de matelas, l'Inde et le Sri Lanka, les plus gros producteurs mondiaux de fibre de coco, n'arrivaient pas à honorer les commandes chinoises. Les variétés de type Nape fournissent les fibres les plus longues.

Conservation et diffusion

A l’heure actuelle, le Grand Polynésie Nape n’est conservé dans aucune collection. Cette variété est en voie de disparition. Il en existe probablement moins d’un millier de cocotiers en Polynésie française, disséminés dans les plantations destinées à la production de coprah, et plus ou moins mélangés aux autres variétés. Dans les champs des agriculteurs, Il n’existe pas à notre connaissance de plantation où sont regroupés plus de deux ou trois cocotiers de ce type. Des variétés voisines existent à Samoa, Tonga et Fidji.

Analyse des fruits des cocotiers de la collection d’Olomanu, dont le Grand Niu Afa, à Samoa en 2001. Cette collection est maintenant détruite et non remplacée (en 2021), le terrain ayant été récupéré par le gouvernement pour d’autres activités. © R. Bourdeix, 2021.


Origine et histoire

A Samoa, les variétés de cocotier ont été répertoriées par Christophersen en 1935. Ce dernier décrit son « spécimen n°3612 », sous le nom de Niu ’afa, comme : « fruits gros, longs et relativement étroits dont l'enveloppe est privilégiée pour la fabrication de corde ('afa). »

A Tonga, des cocotiers similaires appelés ‘Niu Kafa’, dont disséminés dans les cocoteraies et les villages des îles de Tongatapu et Vavau ; leurs fruits sont cependant plus petits qu’à Samoa. En 1963 à Fidji, McPaul a identifié 6 variétés locales dont l’une était « Niu Ni Magimagi », décrit comme un cocotier Grand produisant de gros fruits allongés avec une enveloppe épaisse. Nous avons observé et photographié toutes ces variétés qui, à l’exception de la couleur du fruit, semblent proches des Grand Nape de Polynésie française.

En 1978, Feu le botaniste Hugh Harries a développé en une théorie sur l'évolution et la dissémination du cocotier. Il a utilisé le nom « Niu Kafa » pour décrire un cocotier dit « sauvage »: l'évolution naturelle et la dissémination par flottage aurait produit une variété aux fruits gros, longs, anguleux, à coque épaisse et à germination lente ; la sélection humaine aurait produit une variété à fruits sphériques, pas nécessairement plus grande mais avec une amande plus lourde, une épaisseur de coque réduite, une germination plus précoce et une résistance à certaines maladies. Cependant, à notre avis, les énormes fruits actuellement connus sous le nom de "Niu Afa" à Samoa, Niu Kafa aux Tonga, Magimagi aux Fidji et Nape au Fenua ne sont pas des types sauvages mais bien des variétés créées par les insulaires pour l'utilisation de la bourre. Peut être qu’elles ont été sélectionnées à partir d’un type archaïque sauvage, mais cela reste à démontrer.

Comment l’identifier ?

Les cocotiers Nape produisent des fruits de grande taille, beaucoup plus longs que larges, et présentant une proportion importante de bourre. Les plus grands fruits atteignent 40 cm de long. La majorité des cocotiers Grand Nape produit des fruits de couleur brune. Les formes vertes sont beaucoup plus rares. A l’intérieur du fruit, les noix sont généralement de taille moyenne, d’une forme ronde ou légèrement ovale. Cependant certains cocotiers produisent des noix beaucoup plus allongées, pointues aux deux bouts (voir le fruit de droite sur la planche variétale). Il semble donc qu’il existe au moins deux types, qui pourraient correspondre à des variétés proches mais sélectionnée indépendamment. La forme aux noix pointues ressemble plus à celles que l’on rencontre ailleurs en Polynésie.

A Samoa, Tonga et au Fidji, les variétés similaires sont toujours de couleur verte, et présentent souvent un stipe (tronc) plus fin et moins rectiligne, avec un bulbe basal peu marqué. Les plus longs fruits atteignent 45 cm de long.

Production et rendement

Ces cocotiers sont essentiellement utilisés pour les longues et solides fibres de leur bourre. Ils sont parfois consommés comme noix à boire ou encore pour faire du lait de coco ou du coprah, mais il ne s’agit pas de leur finalité première. Les cocotiers Nape produisent généralement un nombre moyen de gros fruits, de l’ordre de 40 à 70 par an en moyenne selon les conditions. A Taha’ a, les fruits observés pesaient 2.5 kg avec une bourre d’environ 1.5 kg et une amande d’environ 500 g. A Anaa, les fruits étaient moins lourds, 2 à 2.2 kg. A Makemo, l’amande pesait 450 g.

A Moorea, Mme Hinano Murphy nous a parlé d'un artisan créateur de bijoux mêlant fibre de coco et perles noires, qui dit reconnaître des qualités différentes de fibres selon les cocotiers : la plupart des fibres présentent des barbes qui les rendent irrégulières, quelques rares cocotiers ont des fibres parfaitement lisses et de meilleure qualité.  Il semble donc qu'il existe des différences non seulement pour la longueur des fibres mais aussi pour leur qualité. Il serait intéressant de caractériser ces différences de fibres d’un point de vue variétal, technologique et scientifique; et bien sur de reproduire et sauvegarder ces cocotiers Nape à fibre lisse.

De gauche à droite : photographies de douze fruits des variétés Niu Ni Magimagi (Fidji), Niu afa (Samoa), Niu Kafa (Tonga). Ces images sont à comparer avec celle présentée sur la planche variétale du Grand Nape de Polynésie française. © R. Bourdeix, 2001 et 2005. 


Références

Bourdeix R., Tuia V., Fili M., Kumar V. 2002. Coconut varieties of "Niu Kafa" Cogent Newsletter, 5 p. 14-15.

Bourdeix R., P. Batugal, J.T. Oliver and M.L.C. George. 2010. Catalogue of Conserved Coconut Germplasm. Bioversity International, Serdang, Malaysia. 399 p. Disponible en ligne à l’adresse: http://www.cogentnetwork.org/index.php/conserved-germplasm-catalogue.

Christophersen, E. (1935). Flowering plants of Samoa. Honolulu: Bernice P. Bishop Museum.

Harries, H. C. (1978). The evolution, dissemination and classification of Cocos nucifera L. The botanical review, 44(3), 265-319.

McPaul, J. W. (1963). Coconut growing in Fiji (No. 38). Department of Agriculture, Fiji.




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La plupart des variétés de cocotier peuvent être utilisés pour les fibres de la bourre, qui ont un très grand nombre d'utilisation: fabrication de cordes, de géo-textiles, de récipients écologiques bio-dégradables pour l'horticulture... La Chine utilise la bourre de Coco pour la confection de matelas: en 2010, l'Inde et le Sri Lanka, les plus gros producteurs mondiaux de fibre de coco, n'arrivaient pas à honorer les commandes considérables de fibres de coco réalisées par la Chine.


L'unique cocotier de type "Nape"
identifié sur l'île de Raiatea
(-16.852497, -151.479603)
Les Polynésiens ont développé des variétés spécialement conçues pour l'utilisation des fibres de la bourre. Les "champions" dans ce domaine sont les Samoan, avec leur célèbre variété Niu afa.
Ces cocotiers, connus en Polynésie Française sous les appelations Nape, Puru, ou Rau-‘aha regroupent plusieurs variétés polynésiennes spécialement sélectionnées pour faire des cordes avec les fibres de la bourre (enveloppe du fruit). Certaines de ces variétés présentent les plus grands fruits. De forme allongée, ils peuvent atteindre 45 centimètres de long. La bourre contient des fibres longues et résistantes.
Quelques cocotiers de ce type ont été retrouvés sur l'atoll de Tetiaroa mais leur fruits présentaient une couleur brune alors que tous les Niu Afa des Samoa sont verts. Tout ce que nous avons observé rn 2006 en Polynésie Française résultait d'un mélange variétal et d'une décomposition liée à la phase d'industrialisation de la culture du cocotier pour la production de coprah.
A Moorea, Mme Hinano Murphy nous a parlé d'un artisan créateur de bijoux mêlant fibre de coco et perles noires, qui dit reconnaître des qualités différentes de fibres selon les cocotiers : la plupart des fibres présentent des barbes qui les rendent irrégulières, quelques rares cocotiers ont des fibres parfaitement lisses et de meilleure qualité. 
Il semble donc qu'il existe des différences non seulement pour la longueur des fibres mais aussi pour leur qualité. Il serait intéressant de caractériser ces différences de fibres d’un point de vue variétal, technologique et scientifique; et bien sur reproduire et sauvegarder ces cocotiers à fibre lisse.
A Raitea, en Octobre 2019, M. William Tautu des Services de l'Agriculture nous a signalé l'existence d'un cocotier Nape qui venait d'être abattu moins de six mois auparavant. En fouillant au pied de cet arbre, nous avons pu retrouver plusieurs énormes semences germées qui seront replantées probablement au domaine Boubée, que le territoire vient d'acquérir derrière Uturoa. 
M. William Tautu a aussi signalé l'existence d'une plantation réalisée par son Grand père maternel Teamo Aiho avec du matériel sélectionné (noix à bourre fines). La plantation se situe sur l'île de Tahaa, district de Haamene, sur le coté droit de la baie lorsque l'on est à terre.

31. Grand Moro Ati à fruits séchant sur l'arbre

Par R. Bourdeix, 2009 et 2019.

Il n'est pas encore bien établi si cette caractéristique est la marque d'une  ancienne variété qui se serait diluée dans la masse des cocotiers à coprah, ou une sous-population variétale, ou une simple mutation rare. En tout cas on retrouve cette dénomination de Moro Ati depuis Raiatea jusqu'au Marquises. Même lorsqu'elles sont matures, la plupart des noix de coco ne tombent pas de l'arbre et restent attachées aux épillets pendant au moins un mois après la date ou elle auraient du tomber. Il s'ensuit une déshydratation. Souvent l'amande sèche naturellement jusqu'à devenir une sorte de coprah de grande qualité, très parfumé et délicieux à manger, et détaché de la coque. Lorsque que l'on secoue ce genre de fruits, au lieu d'entendre un clapotement, on entend le bruit des coups provenant du choc de la sphère d'amande sur les parois de la coque.

Nous avons filmé le Moro Ati aux Marquises dans la video ci-dessous.






30. Grand de Polynésie Bol

Par R. Bourdeix, 2009 et 2019.

Conservation et diffusion

Cette variété a été référencée pour la première fois dans la commune d’Arue à Tahiti, dans un jardin visité parce qu’un rare cocotier Nain Rouge Malaisie avait été repéré depuis la route. Elle a ensuite été observée à Aratica dans une plantation de la famille Juventin. Dans les deux cas, il s’agissait d’un cocotier isolé et non d’un groupe de cocotiers de la même variété. En 2021, cette origine polynésienne n’est encore conservée dans aucune collection.

Origine et histoire

Dans la commune d’Arue, la propriétaire a décrit ce cocotier comme appartenant à une ancienne variété traditionnelle, héritée des ancêtres. Elle ne lui connaissait pas de nom tahitien, et l’appelait «cocotier Bol ». Ce nom indique que cette variété servait à confectionner des récipients. Ce même terme de « Bol » a ensuite été retrouvé à Aratika. L'usage de cette variété comme "bol" semble correspondre au type « Aua » décrit par Teuira Henri en 1848 comme des « Noix à fond plat dont on fait des écuelles ». Elle semble aussi correspondre au type Samoan décrit comme « Niu Vai », littéralement le cocotier pour l’eau.

En 1848, Teuira Henry a noté que les tahitiens savait déjà que, sur l’île de Niuafo'ou de l’archipel des Tonga, se trouvait les fruits les plus gros, ayant plus de soixante centimètres de périmètre. Le nom de l’île signifie "Noix de coco nouvelle". Cette variété tongienne est probablement à l’origine des cocotiers « Bol » et « Niu Vai ». L’étude des cocotiers existant encore sur cette île devrait être une priorité pour la recherche génétique sur le cocotier.

Au Fenua, il semble que la reconstitution d’une variété à partir des quelques cocotiers actuellement disponibles ne sera pas facile. A Aratika, en 2021, Emile Juventin nous a dit avoir semé environ 80 fruits récoltés sur son unique cocotier « Bol ». Seul l’un de ces 80 descendants a redonné un vrai cocotier « Bol ».Il faudrait donc continuer les prospections pour essayer de localiser une plantation du Fenua dans laquelle sont déjà regroupés plusieurs cocotiers de cette variété.

Comment l’identifier ?

Cette variété se caractérise par de gros fruits à la bourre fine, dont la noix est aplatie du coté distal de fruit (à l’opposé du pédoncule). Posée sur le sol ou sur une table, la noix débourrée ne roule pas et sa stabilité permet de l’utiliser comme récipient. Selon ce critère, seul le fruit présenté au milieu de la photo de 12 fruits de la planche variétale est un vrai cocotier « Bol ». Il provient de la plantation Juventin à Aratika.

Production et rendement

Les quelques cocotiers observés produisaient un nombre moyen de fruits, de l’ordre de 30 à 50 par an, mais l’un de ces arbres était très âgé. Il est difficile de faire une estimation plus précise du potentiel de production. Les fruits observés pesaient 2,8 à 3 kg, et contenaient environ 800 g d’une amande relativement fine, adhérant fortement à la coque. L’eau dépasse généralement 700 ml par fruit mature. Des contenus en eau (des noix immatures) de deux litres, voire cinq, ont été évoqués par certains informateurs, mais nous n’avons pas pu pour l’instant observer de tels fruits. Aux Marquises, en 2009, un agriculteur possédait un exemplaire à très gros fruits de cette variété mais n’arrivait pas à la reproduire. Les fruits, très lourds et la bourre mince, se cassaient lorsqu’ils tombaient du cocotier et perdaient leur capacité de germination.

Références

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L'usage de cette variété comme "bol"semble correspondre au type « Aua » décrit par Tueira Henri en 1848 comme des « Noix à fond plat dont on fait des écuelles ». Un unique exemplaire de cette variété a pour l’instant été nommé dans un jardin à Arue, visité en premier lieu parce qu’un rare cocotier Nain Rouge Malaisie était visible depuis la route.
Sa propriétaire décrit ce cocotier comme appartenant à une très ancienne variété traditionnelle, héritée des ancêtres. Elle ne lui connait pas de nom tahitien, et l’appelle « cocotier Bol », semblant indiquer que cette variété servait à confectionner des récipients.
Fruits du cocotier d'Arue
présenté comme la variété "Bol"
mais probablement hybridé

Les cocotiers à gros fruits en forme de poire ou d’avocat sont parfois dénommés Aua. La bourre est fine, la noix est en forme de cône et présente une base large et plate, qui permettait dans l’ancien temps de faire avec les coques des récipients au fond bien plat qui tenaient sur le sol sans se renverser. Les gros fruits se terminent souvent par une sorte de téton bien marqué. Ce type de cocotier a été signalé à Moorea. Ils sont aussi observés dans d'autres îles polynésiennes et en particulier l’île Rennell au Solomon et l’île Rotuma au Fidji. Le cocotier trouvé dans le jardin, bien que nommé "bol", ne correspondait pas vraiment à ce type: les noix étaient bien grosses mais n'avait pas le fond plat.

Fruits du cocotier présenté comme la variété "Bol"
mais ne semblant pas correspondre au type décrit par ailleurs
Il s'agit probablement d'une dérive génétique,
le type ancestral étant dilué.
en 2009; M. Widric GANDOUIN nous avait signalé avoir vu à Tahiti des cocotiers portant des fruits de très grosse taille, mais nous n'avons pas pu vérifier l'information. "J'avais remonté sur 3 ou 4 km la rivière située en fond de vallée située au pk 25.8 à Tiarei, Côte Est, derrière la propriété de Monsieur Gaston SAUVOT à qui il faut demander, pour la forme et de ma part si vous le souhaitez, la permission d’accès. Après une grande cascade de départ (+15 min) et différents sauts (+ 40 min) puis une gorge avec un petite escalade (niv + 3 m sans équipement) vous arrivez à un point de rivière plus calme avec des plats rocheux sinueux où visiblement des populations ont vécu, les cocotiers sont en lisière sur la droite."
Petite histoire...
Un dimanche de Février 2009, j'ai (Dr Roland Bourdeix) essayé de retrouver les cocotiers cités par M. Widric Gandouin . Je suis parti en stop car impossible de trouver une voiture à louer à cause d'un congrès international, 800 chercheurs venaient à Tahiti... il m'a fallu trois voitures pour arriver jusqu'au kilomètre 25.8 (les kilomètres sont comptés à partir de Papeete)
Quelqu'un m'indique la maison de M. Gaston Sauvot, mais cette maison était vide. Un chemin glissant de boue montait raide. Je n'ai pas vu de grande cascade. A un moment le chemin s'arrête. Ensuite j'ai essayé de remonter dans le lit de la rivière, mais je suis arrivé à un endroit ou de nombreux arbres étaient tombés et barraient le passage.



Au retour, trois voitures ont été nécessaire pour arriver à ma maison d'Arue près du rond point d'Erima. la plus étonnante est reproduite ci-dessous...




29..Grand à l’amande se détachant très facilement de la coque

Nous avons observé un cocotier de ce type sur l'île de Raiatea, mais la plupart des informateurs indiquent qu'il est plus répandu dans certains atolls des Tuamotu. Lorsque le fruit est fendu à la hache, il arrive que l’amande se détache déjà totalement de la coque. 
Avec cette variété, il est pratiquement impossible de faire du coco râpé avec un grattoir à main ou rotatif car l’amande se sépare trop facilement de la coque. 
Ce type est donc particulièrement adapté aux usages du type coprah, ou l'amande doit être détachée en entier de la coque, mais pas aux usages ou la noix de coco est fendue en deux pour râper l'amande. 
A noter que les nouvelles technologies pour produire de l'huile vierge de façon industrielle ne passent plus par ce stade de râpage manuel de l'amande. La noix est débarrassée de la coque et une machine sépare le testa de l'amande. Dans cette optique, ce type de variété pourrait s'avérer particulièrement précieux en permettant une manutention plus facile, ou une automatisation des processus.

28. Le cocotier Grand de Tahiti

Par R. Bourdeix, 2019,

Conservation et diffusion

La Polynésie française est constituée de 118 îles et atolls. Il comprend cinq archipels: les îles Australes, les îles Marquises, les atolls des Tuamotu, les îles Mangareva et les îles de la Société. C'est dans le dernier groupe d'îles, à Tahiti, que cette variété a été récoltée.

Connue en anglais sous le nom de "Tahitian Tall" (TAT), cette variété à également été appelée «Grand de Polynésie n°1 »(GPY01).  Selon la base de données des ressources génétiques du cocotier, 11 accessions totalisant plus de 2 200 cocotiers sont conservées dans huit pays.

Origine et histoire

On trouve cette variété, qui servait et sert encore pour la copraculture, dans la plupart des Iles Sous le Vent. Dans les années 1960, elle a été introduite à plusieurs reprises en Côte d’Ivoire, dans la Collection Internationale de Cocotiers pour l’Afrique et l’Océan Indien. A partir ce pays, elle a été exportée au Brésil, en Indonésie, aux Philippines et en Tanzanie. Elle est aussi conservée dans les collections d’Inde, de Jamaïque et de Malaisie.

Comment l’identifier ?

Il s’agit d’une variété de grande taille, avec un stipe puissant démarrant par un bulbe basal souvent marqué. Elle produit de nombreuses feuilles plus longues que celles des variétés africaines, bien qu'elles aient le même nombre de folioles plus étroites. La forme et la couleur des fruits varient, mais moins que chez le Grand de Rangiroa. Les fruits se terminent parfois par un mamelon distal. Le poids moyen des fruits varie de 1 165 g aux Philippines à 1 291 g en Côte d’Ivoire. L’amande pèse en moyenne de 350 à 450g.

Production et rendement

Le Grand Tahiti résulte d’un mélange de diverses variétés traditionnelles qui s’est produit lors du boom du coprah, au dix-neuvième et début du vingtième siècle, lorsque la surface des cocoteraies du fenua a été décuplée. Il a surtout été utilisé pour la production de coprah. En 2021 à Tahiti il sert essentiellement à la production de miti hue et de noix à boire.

En Côte d’Ivoire, cette variété a fleuri 62 mois après la plantation et la produit 60 à 70 fruits par cocotier et par an, soit environ 640 kg de coprah par hectare de plus que le Grand Rangiroa. Les rendements sont meilleurs aux Philippines, avec 84 fruits par cocotier. Certains arbres produisent beaucoup plus, mais les cultivateurs ont tendance à ne voir que les bons arbres et à oublier les mauvais, alors qu’en fait c’est la moyenne qui compte.

Toutes les populations de Grand Tahiti n’ont pas la même valeur génétique ni le même niveau de productivité. Il semble que des sélections aient été menées au Fenua à partir des années 1960 par l’IRHO. La population plantée dans les anciens champs de comportement des îles sous le vent semble meilleure que la variété « tout venant » photographiée sur la planche variétale ; c’est cette population sélectionnée qui a été exportée en Côte d’Ivoire. Il semble donc important de retrouver ces champs de comportement avant qu’ils ne disparaissent complètement et de récupérer la variété la mieux sélectionnée. Sinon, le risque est de se retrouver avec un Grand de Tahiti moins performant au Fenua qu’en Afrique.

Cette variété a été utilisée dans plusieurs programmes d'amélioration génétique. Les croisements avec des Nains Malais rouges et jaunes ont donné de bons rendements, mais n'ont pas été distribués aux agriculteurs. Aux Philippines, les hybrides avec les Nains Vert Catigan et Rouge Malaisie sont actuellement recommandés sous les noms PCA 15/6 et PCA 15/7.



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La Polynésie française est constituée de 118 îles et atolls disséminés sur plus de 4 millions de km² de l'océan Pacifique oriental. Il comprend cinq archipels: les îles Australes, les îles Marquises, les atolls des Tuamotu, les îles Mangareva et les îles de la Société. C'est dans le dernier groupe d'îles, à Tahiti, que cette variété a été récoltée.
Connue en anglais sous le nom de "Tahitian Tall" (TAT), cette variété à également été appelée «Grand de Polynésie n°1"(GPY01).  Selon la base de données des ressources génétiques du cocotier, 11 accessions totalisant plus de 2 200 cocotiers sont conservées dans huit pays. Cette variété été introduite en Côte d’Ivoire à plusieurs reprises dans les années 60; à partie de ce pays, elle a été exportée au Brésil, en Indonésie, aux Philippines et en Tanzanie. Il est également présent en Inde, en Jamaïque et en Malaisie.
Grand Tahiti photographié
en Côte d'Ivoire, Afrique de l'Ouest
Planté dans de bonnes conditions, le Grand Tahiti devient un cocotier de grande taille. Il produit de nombreuses feuilles plus longues que celles des variétés africaines, bien qu'elles aient le même nombre de folioles plus étroites.
La forme et la couleur des fruits varient et ont parfois un mamelon distal. Leur poids varie de 1165 g aux Philippines à 1291 g en Côte d’Ivoire. La noix ia également une forme variable.
En Côte d’Ivoire, cette variété a fleuri 62 mois après la plantation et la produit 60 à 70 fruits par cocotier et par an. Les rendements sont meilleurs aux Philippines, avec 84 fruits par cocotier.
Cette variété a été utilisée dans plusieurs programmes d'amélioration génétique. En Côte d’Ivoire, elle a été croisée avec 16 autres variétés, dont 8 Nains et autant de Grands. Les croisements avec des Nains Malais rouges et jaunes ont donné de bons rendements, mais n'ont pas été distribués aux agriculteurs. Aux Philippines, les hybrides avec les Nains Vert Catigan et Rouge Malaisie sont actuellement recommandés sous les noms PCA 15/6 et PCA 15/7.

27. Le cocotier Grand de Rangiroa

Par R. Bourdeix, J. Builliard et S. Amiot, 2019.

Dans la base de données CGRD des ressources génétiques du Cocotier, le Grand Rangiroa (en abrégé RGT) serait représenté par 8 accessions totalisant 466 cocotiers plantés dans les collections de Côte d’Ivoire, Jamaïque, Malaisie, îles Salomon et Vanuatu. Il a été envoyé à la collection internationale de Côte d’Ivoire dans les années 1960, lorsque d’autres variétés étaient importées depuis la Côte d’Ivoire sur l’atoll de Rangiroa. A partir d’Afrique, il a été diffusé dans plusieurs pays. Il a aussi été importé des Îles Salomon en Malaisie dans les années 1970.

Conservation et diffusion

En fait, au Vanuatu, la première introduction a été décimée par l’helminthosporiose (une maladie fongique) ; seuls deux cocotiers on survécu et ont été croisés pour maintenir la variété ; aux îles Salomon, la station de recherche a été détruite lors de la guerre civile ; en Jamaïque, les cocotiers ont été tués par le Jaunissement mortel. Le Grand de Rangiroa est aussi conservé dans le champ semencier de Raïatea (Polynésie française), mais le nombre d’arbres se réduit et ceux–ci sont âgés. Cette variété est bien sûr abondamment disponible dans son lieu d’origine ; en cas de nouvelle collecte, il faudra prendre garde de récolter des arbres situés loin des plantations d’hybrides.

Grand de Polynésie Rangiroa, photographié dans le champ semencier de Raiatea.
© R. Bourdeix, 2019


Origine et histoire

Rangiroa est situé dans l'océan Pacifique, à 355 km au nord-ouest de Tahiti, et constitue le plus grand atoll des îles Tuamotu. Deux variétés de cocotier ont été introduites de Polynésie française en Côte d’Ivoire en provenance de Polynésie française. Il s’agit du Grand de Tahiti et du Grand de Rangiroa, qui sont aussi appelés en Côte d’Ivoire Grand Polynésie N°1 et N° 2.

En fait, à notre avis, le Grand Rangiroa n’est pas vraiment une variété mais un mélange hétérogène de variétés traditionnelles qui s’est créé au dix-neuvième siècle lors du boom économique du coprah. Certains fruits ont une excellente composition, avec une bourre très fine et une amande épaisse. Mais on y trouve des fruits de tailles et de compositions très diverses, des arbres bons producteurs et d’autres médiocres.

Comment l’identifier ?

La principale différence entre le Grand Tahiti et le Grand Rangiroa réside dans la plus grande sensibilité de ce dernier à l'Helminthosporiose. Cette maladie des feuilles, causée par le champignon Dreschlera incurvata, entraîne des milliers de petites taches sèches et brunâtres sur les folioles. Les fruits du Grand Rangiroa semblent aussi varier davantage en forme et en poids.

Une autre différence entre les origines Tahiti et Rangiroa est de nature écologique : il s’agit de l'adaptation de ces deux variétés à des sols très différents, corail pour Rangiroa et volcanique pour Tahiti.

Production et rendement

Sur l’atoll de Rangiroa dans les années 1960, les rendements moyens en RGT étaient très faibles, de 10 à 15 noix par palmier et environ 200 à 250 kg de coprah par ha. En corrigeant les carences minérales du sol, des rendements allant jusqu'à 1,6 T/ha de coprah ont été atteints. En Côte d’Ivoire, cette variété a été testée sur des sols sableux. Les palmiers produisent dès la sixième année après plantation, en moyenne 13 fruits par cocotier et par an. De 7 à 18 ans, Les rendements varient entre 24 et 62 fruits par arbre par an (1 à 2,7 T de coprah). Le Grand de Tahiti planté dans la même parcelle a produit jusqu'à 86 fruits la même année, et en moyenne 640 kg de coprah de plus par ha. Les fruits pèsent en moyenne de 1240 à 1430 g en fonction de l’année de plantation. Les noix intérieures pèsent 890-940 g. L’amande de 470-500 g donne de 270 à 300 g de coprah une fois séché. À Rangiroa, la teneur en coprah des noix est en moyenne de 250 g, mais de grandes variations s’observent selon les cocotiers (150 à 400 g). Un poids record de 6 250 kg a été enregistré pour un fruit au Vanuatu. Les noix peuvent servir à d’autres utilisations que le coprah, depuis la production d’huile vierge et de lait jusqu’aux noix à boire.

Autres informations

Des parcelles expérimentales mises en place en 1959 sur Rangiroa ont permis de formuler des recommandations agronomiques pour un bon développement des cocotiers sur sols coralliens. Le RGT a été peu utilisé dans les programmes de sélection dans le monde entier, à cause de sa très grande variabilité et de sa sensibilité à la maladie. Les sélectionneurs ont préféré utiliser le Grand Tahiti. Plusieurs hybrides à base de Grand Tahiti ont été améliorés en Côte d’Ivoire, mais ils n’ont jamais été diffusés. On leur a préféré des hybrides de Grand Ouest Africain ou de Grand Rennell. Néanmoins, l'hybride entre le Nain Vert du Brésil et le Grand Rangiroa a été diffusé et recommandé sur les sols coralliens des îles polynésiennes. Cet hybride a aussi été testé sur la station de recherche de Saraoutou au Vanuatu.

Références

Pomier, M. (1967). Recherche sur la noix de coco à Rangiroa. Document technique 153. Commission du Pacifique Sud.

Reboul, J.L. (1980). Cocotiers poussant sur un sol corallien. Réunion technique régionale sur la culture des atolls, Papeete, Tahiti. Commission du Pacifique Sud, Nouméa.

 


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La fiche variétale réalisée en 2019 à partir des Grand Rangiroa plantés dans le champ semencier de  Raiatea.


Il existe une précédente fiche variétale réalisée dans le Catalogue COGENT.