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Ce site présente des informations collectées sur les cocotiers de Polynésie française au cours de quatre missions scientifiques soutenues depuis 2006 par les institutions suivantes: La Direction de l'Agriculture de Polynésie française, le Cirad, le Criobe, le pôle d'innovation Tahiti Fa'ahotu, le Secrétariat de la Communauté du Pacifique Sud, Diversiflora Expertise et l'association Te Reo o te Tuamotu.
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Deux sortes de fruits complétement différents sur le même
cocotier, l’un d’entre eux étant un record du monde de longueur... Il fallait
absolument que cette étrange variété figure au catalogue Polynésien !
Il a d’abord été identifié un unique arbre de cette variété
à Moorea, puis deux similaires à Tatakoto et Raroia. A Moorea, des observations
à deux ans d’intervalle ont montré que, malgré un nettoyage complet du
cocotier, ce dernier conservait le même aspect, avec une alternance assez
régulière de régimes normaux et de régimes à fruits bananes. Il ne s’agit donc
pas d’un phénomène transitoire mais bien d’une caractéristique variétale stable
dans le temps.
Conservation et diffusion
A notre connaissance, aucune autre variété de cocotier
produisant deux sortes très différentes de régimes n’a été décrite. Celle-ci n’est
conservée dans aucune collection. Elle est extrêmement rare et menacée de
disparition.
Origine et histoire
Dans la fiche variétale concernant le Grand Nape, il a été
décrit un ensemble de variétés créées par les anciens polynésiens et produisant
d’énormes fruits destinés à fabriquer de la corde à partir de la bourre
(enveloppe du fruit). Ces variétés se rencontrent en Polynésie française
(Nape), à Fidji (Magimagi), Samoa (Niu Afa) et Tonga (Niu Kafa). Cependant,
excepté en Polynésie française, il n’a jamais été observé de cocotier de ce
type produisant deux sortes de régimes sur le même arbre.
Les fruits bananes fournissent
très probablement les fibres les plus longues, et il est vraisemblable que, à
cause de cette caractéristique, et de son aspect surprenant et esthétique,
cette forme de cocotier à été sélectionné et maintenu par les agriculteurs et
jardiniers. Il faudrait cependant vérifier cette hypothèse en réalisant une
analyse de la longueur des fibres dans les fruits normaux et bananes.
Comment l’identifier ?
Les fruits normaux
ressemblent à certains fruits de la variété Magimagi des Fidji. Ils sont longs
et volumineux, avec à l’intérieur une noix pointue seulement du coté distal
(opposé au pédoncule du fruit). Cette forme de noix n’a pour l’instant pas été
observé chez les autres cocotier Nape de Polynésie française.
Les fruits bananes ont une
forme très allongée et sont constitués uniquement de bourre, sans coque ni
albumen à l’intérieur. Ils résultent d’un développement dit parthénocarpique,
c’est à dire que le fruit se développe sans qu’il y ait eu fécondation. De
façon très étonnante, il semble que le cocotier ne produit pas de régime qui
contiennent à la fois des fruits normaux et des fruits bananes. Il y aurait
donc un facteur, totalement inexpliqué pour l’instant, qui déterminerait que
l’ensemble du régime soit parfois fécondé, et parfois non. Une hypothèse est
que, dès qu’un régime produit au moins un fruit normal, tous les fruits non
fécondés avortent précocement ; si tous les fruits du régime sont non
fécondés, alors seulement les fruits bananes se maintiendraient jusqu’à maturité.
Ce cocotier a tendance à
garder longtemps ses feuilles et des fruits, qui ne tombent pas rapidement
lorsqu’ils sont secs. Il a fallu procéder à un long nettoyage afin de pouvoir récolter
les fruits et réaliser les photographies de la planche variétale.
Production et rendement
Les régimes de fruits normaux sont généralement peu chargés
et contiennent seulement un a cinq fruits, pour une production annuelle estimée
à 20 à 30 fruits par an ; le rôle de ces fruits normaux semble d’assurer
la reproduction variétale. En effet, si le cocotier ne produisait que des
fruits bananes, il serait impossible à reproduire.
Les régimes contenant des
fruits bananes sont généralement plus chargés et portent six à huit fruits. Le
poids des fruits normaux est similaire à celui des cocotiers Grand Polynésie Nape,
et varie généralement de 2 à 2.5 kg, avec une amande de 500 à 600 g. . Le poids
des noix bananes varie généralement de 0.5 à 1 kg.
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| Régimes d’un Grand
Polynésie Nape à noix bananes sur l’atoll de Tatakoto. © R. Bourdeix, 2021. |
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| Le grimpeur qui nous a aidé, cet arbre était sans doute le plus difficile à récolter Merci à Jacques! |
En 1931, le botaniste F.B.H. Brown décrivit les formes Spicata
comme une nouvelle espèce de palmier, qu’il appela du nom alambiqué de « Diplothemium
henryanum ». Heureusement, plus tard, d'autres botanistes tels que Jacob
(1941) ont reclassifié le Spicata en variante de l'espèce Cocos nucifera L.
C’est donc bien d’un cocotier qu’il s’agit !
Cette mutation assez rare se retrouve, à raison de quelques
individus parmi des dizaines de milliers de cocotier, dans la plupart des pays
producteurs. Elle touche la morphologie de l’inflorescence qui, contrairement
aux cocotiers normaux, ne présente pas ou très peu d’épillets. Les fleurs sont
insérées directement sur le rachis de l’inflorescence, qui prend parfois la
forme d’une sorte de massue compacte.
Conservation et diffusion
Aucune variété de Spicata provenant de la région Pacifique
n’est enregistrée dans la base de données du réseau COGENT, à l’exception des
Nains de Papouasie. Une variété figure pourtant au catalogue variétal du
réseau: à Samoa, le Grand Samoa Spicata était conservé dans la collection
d’Olomanu, mais il y a une dizaine d’années le gouvernement à repris le site
pour le transformer en centre d’hébergement pour jeunes délinquants.
Origine et histoire
Au Vanuatu, les agriculteurs disent apprécier les variétés
Spicata car les fruits ne sont pas fixés solidement aux inflorescences. S'ils
jettent une pierre ou un bâton, les fruits se séparent facilement du régime et
tombent.
A Samoa en 1972, le botaniste Parham a décrit le Spicata
comme suit: «Palmier, 10-15 m de haut; feuilles pennées, arête glauque dessous
pâle; spadice simple, épineux, 100 cm de long, spathes 2; seulement des fleurs
femelles vues". Lui aussi s’est trompé !
Parmi les nombreuses fleurs femelles insérées directement
sur le rachis, ainsi qu’à l’extrémité de l’inflorescence, des fleur mâles sont
toujours présentes. Il y a deux fleurs mâles adventices, qui existent
d’ailleurs aussi chez les cocotiers normaux, cachées à la base de chaque fleur
femelle.
Comment l’identifier ?
Outre la morphologie particulière de leurs inflorescences,
les cocotiers de type spicata produisent souvent des fruits qui se terminent en
pointe.
Production et rendement
En Polynésie française, la taille et la morphologie des
fruits sont assez variables, comme le montre la photo de la planche variétale.
En moyenne, même s’il existe des cocotiers Spicata bien chargés, le nombre de
fruits produits semble légèrement inférieur à celui des cocotiers normaux
situés à proximité. A Samoa, bien que la collecte des données sur le rendement
ait débuté en 1998, aucune donnée n'a été conservées et diffusée enregistrée
dans les bases du COGENT.
Les cocotiers de type Spicata ont captivé plusieurs
générations de chercheurs. De nombreux pays produisent des hybrides dans des
champ semenciers qui nécessitent l’émasculation des inflorescences de l’une des
deux variétés parentales. Ces émasculations demandent une main-d’œuvre
importante et alourdissent le coût final des semences. La possibilité de
trouver des lignées mâle-stérile, en d’autres termes des cocotiers uniquement
femelles, permettrait d’éviter de réaliser ces émasculations.
Références
Brown FBH. 1931. Flora of Southeastern
Polynesia. I. Monocotyledons. Bernice P. Bishop Museum Bulletin 84.
Jacob KC. 1941. A new variety of coconut palm
(Cocos nucifera L.) var. Spicata (KC Jacob). J. Bombay Nat. Hist. Soc
41:906-907.
Parham BEV. 1972. Plants of Samoa. New
Zealand Department of Scientific and Industrial Research Information Series
No.85, Wellington. New Zealand.
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Vue d’un magnifique Nain Abricot Spicata à
tronc fin, photographié à Madang en Papouasie Nouvelle Guinée, dans la
collection Internationale de Cocotier pour la Région Pacifique. Une variété
similaire – ou encore plus belle - pourrait être crée en Polynésie française
par un jardinier inspiré en utilisant la méthode suivante : 1) apporter du
pollen ou des fleurs mâles de Grand Spicata sur un ou plusieurs parmi les Nains
Compacts Rouges ou Abricot décrits dans ce catalogue ; 2) récolter les
semences et planter quatre à cinq cocotiers à proximité les uns des autres. Ces
cocotiers produiront des fruits de couleur brune et ne seront ni Nains, ni Spicata.
3) Quand ces cocotiers produiront, mettre à germer 200 à 300 semences. 4) ne
planter qu’une trentaine de celles dont le petit germe est de couleur abricot
ou rouge, et dont les feuilles prennent l’aspect typique de celles des Nains
Compacts. Parmi cette descendance, on trouvera un ou plusieurs Nain Compact
Spicata à fruits de couleur abricot ou rouge.
| © R. Bourdeix, 2018. |
Le Grand Riata se caractérise par la production de gros régimes
contenant un grand nombre de tout petits fruits. Il semble qu’il existe deux
types de Riata : chez le premier, la forte production de petits fruits est
régulière ; chez le second, plus répandu, le cocotier peut produire à
certaines périodes un grand nombre de petits fruits, puis revenir à une
production d’un nombre moyen de fruits plus gros. Seule l’observation régulière
des cocotiers durant plusieurs années permet de distinguer ces deux types.
Conservation et diffusion
En Polynésie française, la variété Riata semble en voie
d'extinction. Elle se dilue progressivement et disparait parmi les cocotiers
"industriels" sélectionnés pour la production de coprah au cours des
dix-neuvième et vingtième siècles. Moins d’une dizaine de cocotiers ont été
observés, dont l'un à Arue à Tahiti, un autre à Moorea, à l'entrée de la baie
de Cook, et un aussi dans le village de Rangiroa. Il n'a pas été localisé d’endroit
sur lequel plusieurs de ces cocotiers seraient réunis. En 2021, cette variété
polynésienne n’est pour l’instant conservée dans aucune collection. A noter que
sur l’atoll de Tatakoto, le terme « Makire » ne désigne pas les Riata
mais plutôt des cocotiers très chargés dont les régimes avortent, se détachant
avant maturité du fait de leur poids important.
D’autres variétés de cocotier produisant un grand nombre de
petits fruits, originaires de Fidji et d’Inde, sont conservées dans plusieurs
collections nationales ou internationales. A Fidji, sur l'île de Taveuni et
autour du village de Somo Somo, une population de ce type, dénommée Niu Drau or
Bula Drau, a été décrite depuis les années 1960. En Inde une variété de
cocotier très connue, dénommée le "grand Laccadives Micro", produit
aussi une multitude de fruits minuscules. Les vocables Laccadives, Laquedives
et Lakshadweep désignent le même archipel indien. Situé dans la mer d’Oman, à
cent kilomètres à l’Ouest du continent, il regroupe 27 îles coralliennes dont
10 seulement sont habitées.
Origine et histoire
Dans l’ancien temps, en Mélanésie, Micronésie et Polynésie,
ces cocotiers étaient utilisés lors des cérémonies et des fêtes. Lorsqu’il n’y
avait pas assez de grosses noix pour tout le monde, on donnait à chacun des
invités l'une de ces petites noix très sucrées pour se désaltérer. A Tuvalu par
exemple, les gens nomment ces cocotiers "wedding coconut", littéralement
"cocotiers de noce". Le Nain Ha’ari Papua Rouge, qui produit un grand
nombre de petits fruits, jouait un peu le même rôle ; il a d’ailleurs tendance
à remplacer les cocotiers Riata dans les jardins et plantations.
Comment l’identifier ?
Ces cocotiers produisent des gros
régimes contenant souvent cinquante à cent tout petits fruits. Comme les fruits
sont serrés sur les régimes, ils prennent assez souvent une forme pointue du
coté du pédoncule. La bourre des fruits est généralement fine et l’amande
épaisse. Après avoir donné quatre ou cinq de ces énormes régimes, il peut
arriver que ces cocotiers s’arrêtent de fructifier pendant quelques mois, ou se
mettent à produire moins de fruits plus gros.
En Inde, dans l’archipel des Laccadives, les arbres
"micro" sont peu fréquents et dispersés parmi les plantations de
cocotiers ordinaires, à fruits plus gros et moins nombreux. Tous ces cocotiers,
« micro » et « ordinaire » se croisent l’un avec l’autre sans contrôle. Un
chercheur indien a émis l’hypothèse qu’il existerait, dans la population
naturelle, tous les intermédiaires possibles entre les deux types « micro » et
« ordinaire ».
Production et rendement
Les observations réalisées dans la collection internationale
de Côte d’Ivoire sur la variété indienne montrent que certains cocotiers,
précédemment normaux, se mettent à produire pendant quelques mois une multitude
de fruits minuscules, puis retournent ensuite à une production normale. Ainsi,
en Côte d’Ivoire, un cocotier de cette variété a produit selon les périodes des
fruits pesant de 200 g à 1 100 g. On retrouve cette gamme de variation sur
certains cocotiers Riata en Polynésie française. Moins les fruits sont
nombreux, plus ceux-ci sont gros. Le même cocotier pourrait donc être
successivement de type «micro» et «ordinaire». Cela dit, tous les cocotiers ne
se comportent pas de façon aussi étrange, et seuls certains d'entre eux
semblent capables d'extérioriser le phénotype "micro".
En Inde, les petits fruits de cette variété sont
traditionnellement utilisés pour la fabrication d'une friandise dénommée
"Ball copra". Après élimination de la bourre, les noix sont mises à
sécher, en général juste sous le toit des maisons, dans un endroit ventilé.
L'amande sèche alors sans pourrir. D’aspect légèrement translucide, la chair
blanche devient caoutchouteuse, sucrée et parfumée. Se détachant de la coque,
l’amande est extraite d'une seule pièce et vendue comme friandise. Les variétés
de type Riata pourraient être utilisée en paysagisme. Leur esthétique évoque
l'abondance et la profusion. Les fruits légers sont peu dangereux pour l'homme
lorsqu'ils tombent. Enfin, certains tout petits fruits peuvent servir à
confectionner des objets artisanaux particuliers, comme... des coquetiers en
cocotier. !
Références
Avez-vous déjà entendu parler des noix de coco les plus longues du monde? On les trouve dans les îles de Polynésie et de Mélanésie. Ces variétés ont été spécialement sélectionnées pour l'utilisation des fibres de la bourre (enveloppe du fruit), qui servaient à faire de la corde. Dans l’ancien temps, les pirogues en bois étaient fabriquées sans utiliser de clous, en attachant les planches avec ce type de corde. Ces cocotiers sont connus en Polynésie française sous les appellations Nape, Puru, ou Rau.
La plupart des variétés de cocotier peuvent être utilisés
pour les fibres de la bourre, qui ont un grand nombre d'utilisations:
fabrication de cordes, de paillassons, de géotextiles, de matériau support pour
la culture hors sol, de récipients biodégradables pour l'horticulture...En
2010, la Chine utilisait la bourre de coco pour la confection de matelas, l'Inde
et le Sri Lanka, les plus gros producteurs mondiaux de fibre de coco, n'arrivaient
pas à honorer les commandes chinoises. Les variétés de type Nape fournissent
les fibres les plus longues.
Conservation et diffusion
A l’heure actuelle, le Grand
Polynésie Nape n’est conservé dans aucune collection. Cette variété est en voie
de disparition. Il en existe probablement moins d’un millier de cocotiers en Polynésie
française, disséminés dans les plantations destinées à la production de coprah,
et plus ou moins mélangés aux autres variétés. Dans les champs des
agriculteurs, Il n’existe pas à notre connaissance de plantation où sont
regroupés plus de deux ou trois cocotiers de ce type. Des variétés voisines
existent à Samoa, Tonga et Fidji.
A Samoa, les variétés de cocotier
ont été répertoriées par Christophersen en 1935. Ce dernier décrit son
« spécimen n°3612 », sous le nom de Niu ’afa, comme : « fruits
gros, longs et relativement étroits dont l'enveloppe est privilégiée pour la
fabrication de corde ('afa). »
A Tonga, des cocotiers similaires appelés ‘Niu Kafa’, dont disséminés
dans les cocoteraies et les villages des îles de Tongatapu et Vavau ;
leurs fruits sont cependant plus petits qu’à Samoa. En 1963 à Fidji, McPaul a
identifié 6 variétés locales dont l’une était « Niu Ni Magimagi »,
décrit comme un cocotier Grand produisant de gros fruits allongés avec une
enveloppe épaisse. Nous avons observé et photographié toutes ces variétés qui,
à l’exception de la couleur du fruit, semblent proches des Grand Nape de Polynésie
française.
En 1978, Feu le botaniste Hugh Harries a développé en une
théorie sur l'évolution et la dissémination du cocotier. Il a utilisé le nom «
Niu Kafa » pour décrire un cocotier dit « sauvage »: l'évolution
naturelle et la dissémination par flottage aurait produit une variété aux
fruits gros, longs, anguleux, à coque épaisse et à germination lente ; la
sélection humaine aurait produit une variété à fruits sphériques, pas
nécessairement plus grande mais avec une amande plus lourde, une épaisseur de
coque réduite, une germination plus précoce et une résistance à certaines maladies.
Cependant, à notre avis, les énormes fruits actuellement connus sous le nom de
"Niu Afa" à Samoa, Niu Kafa aux Tonga, Magimagi aux Fidji et Nape au
Fenua ne sont pas des types sauvages mais bien des variétés créées par les insulaires
pour l'utilisation de la bourre. Peut être qu’elles ont été sélectionnées à
partir d’un type archaïque sauvage, mais cela reste à démontrer.
Comment l’identifier ?
Les cocotiers Nape
produisent des fruits de grande taille, beaucoup plus longs que larges, et
présentant une proportion importante de bourre. Les plus grands fruits
atteignent 40 cm de long. La majorité des cocotiers Grand Nape produit des
fruits de couleur brune. Les formes vertes sont beaucoup plus rares. A
l’intérieur du fruit, les noix sont généralement de taille moyenne, d’une forme
ronde ou légèrement ovale. Cependant certains cocotiers produisent des noix
beaucoup plus allongées, pointues aux deux bouts (voir le fruit de droite sur
la planche variétale). Il semble donc qu’il existe au moins deux types, qui
pourraient correspondre à des variétés proches mais sélectionnée
indépendamment. La forme aux noix pointues ressemble plus à celles que l’on
rencontre ailleurs en Polynésie.
A Samoa, Tonga et au
Fidji, les variétés similaires sont toujours de couleur verte, et présentent
souvent un stipe (tronc) plus fin et moins rectiligne, avec un bulbe basal peu
marqué. Les plus longs fruits atteignent 45 cm de long.
Production et rendement
Ces cocotiers sont essentiellement utilisés pour les longues
et solides fibres de leur bourre. Ils sont parfois consommés comme noix à boire
ou encore pour faire du lait de coco ou du coprah, mais il ne s’agit pas de
leur finalité première. Les cocotiers Nape produisent généralement un nombre moyen
de gros fruits, de l’ordre de 40 à 70 par an en moyenne selon les conditions. A
Taha’ a, les fruits observés pesaient 2.5 kg avec une bourre d’environ 1.5 kg
et une amande d’environ 500 g. A Anaa, les fruits étaient moins lourds, 2 à 2.2
kg. A Makemo, l’amande pesait 450 g.
Références
Bourdeix R.,
Tuia V., Fili M., Kumar V. 2002. Coconut varieties of "Niu Kafa"
Cogent Newsletter, 5 p. 14-15.
Bourdeix R.,
P. Batugal, J.T. Oliver and M.L.C. George. 2010. Catalogue of Conserved Coconut
Germplasm. Bioversity International, Serdang, Malaysia. 399 p. Disponible
en ligne à l’adresse: http://www.cogentnetwork.org/index.php/conserved-germplasm-catalogue.
Christophersen,
E. (1935). Flowering plants of Samoa. Honolulu: Bernice P. Bishop Museum.
Harries,
H. C. (1978). The evolution, dissemination and classification of Cocos nucifera
L. The botanical review, 44(3), 265-319.
McPaul,
J. W. (1963). Coconut growing in Fiji (No. 38). Department of Agriculture,
Fiji.
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| L'unique cocotier de type "Nape" identifié sur l'île de Raiatea (-16.852497, -151.479603) |