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30. Grand de Polynésie Bol

Par R. Bourdeix, 2009 et 2019.

Conservation et diffusion

Cette variété a été référencée pour la première fois dans la commune d’Arue à Tahiti, dans un jardin visité parce qu’un rare cocotier Nain Rouge Malaisie avait été repéré depuis la route. Elle a ensuite été observée à Aratica dans une plantation de la famille Juventin. Dans les deux cas, il s’agissait d’un cocotier isolé et non d’un groupe de cocotiers de la même variété. En 2021, cette origine polynésienne n’est encore conservée dans aucune collection.

Origine et histoire

Dans la commune d’Arue, la propriétaire a décrit ce cocotier comme appartenant à une ancienne variété traditionnelle, héritée des ancêtres. Elle ne lui connaissait pas de nom tahitien, et l’appelait «cocotier Bol ». Ce nom indique que cette variété servait à confectionner des récipients. Ce même terme de « Bol » a ensuite été retrouvé à Aratika. L'usage de cette variété comme "bol" semble correspondre au type « Aua » décrit par Teuira Henri en 1848 comme des « Noix à fond plat dont on fait des écuelles ». Elle semble aussi correspondre au type Samoan décrit comme « Niu Vai », littéralement le cocotier pour l’eau.

En 1848, Teuira Henry a noté que les tahitiens savait déjà que, sur l’île de Niuafo'ou de l’archipel des Tonga, se trouvait les fruits les plus gros, ayant plus de soixante centimètres de périmètre. Le nom de l’île signifie "Noix de coco nouvelle". Cette variété tongienne est probablement à l’origine des cocotiers « Bol » et « Niu Vai ». L’étude des cocotiers existant encore sur cette île devrait être une priorité pour la recherche génétique sur le cocotier.

Au Fenua, il semble que la reconstitution d’une variété à partir des quelques cocotiers actuellement disponibles ne sera pas facile. A Aratika, en 2021, Emile Juventin nous a dit avoir semé environ 80 fruits récoltés sur son unique cocotier « Bol ». Seul l’un de ces 80 descendants a redonné un vrai cocotier « Bol ».Il faudrait donc continuer les prospections pour essayer de localiser une plantation du Fenua dans laquelle sont déjà regroupés plusieurs cocotiers de cette variété.

Comment l’identifier ?

Cette variété se caractérise par de gros fruits à la bourre fine, dont la noix est aplatie du coté distal de fruit (à l’opposé du pédoncule). Posée sur le sol ou sur une table, la noix débourrée ne roule pas et sa stabilité permet de l’utiliser comme récipient. Selon ce critère, seul le fruit présenté au milieu de la photo de 12 fruits de la planche variétale est un vrai cocotier « Bol ». Il provient de la plantation Juventin à Aratika.

Production et rendement

Les quelques cocotiers observés produisaient un nombre moyen de fruits, de l’ordre de 30 à 50 par an, mais l’un de ces arbres était très âgé. Il est difficile de faire une estimation plus précise du potentiel de production. Les fruits observés pesaient 2,8 à 3 kg, et contenaient environ 800 g d’une amande relativement fine, adhérant fortement à la coque. L’eau dépasse généralement 700 ml par fruit mature. Des contenus en eau (des noix immatures) de deux litres, voire cinq, ont été évoqués par certains informateurs, mais nous n’avons pas pu pour l’instant observer de tels fruits. Aux Marquises, en 2009, un agriculteur possédait un exemplaire à très gros fruits de cette variété mais n’arrivait pas à la reproduire. Les fruits, très lourds et la bourre mince, se cassaient lorsqu’ils tombaient du cocotier et perdaient leur capacité de germination.

Références

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L'usage de cette variété comme "bol"semble correspondre au type « Aua » décrit par Tueira Henri en 1848 comme des « Noix à fond plat dont on fait des écuelles ». Un unique exemplaire de cette variété a pour l’instant été nommé dans un jardin à Arue, visité en premier lieu parce qu’un rare cocotier Nain Rouge Malaisie était visible depuis la route.
Sa propriétaire décrit ce cocotier comme appartenant à une très ancienne variété traditionnelle, héritée des ancêtres. Elle ne lui connait pas de nom tahitien, et l’appelle « cocotier Bol », semblant indiquer que cette variété servait à confectionner des récipients.
Fruits du cocotier d'Arue
présenté comme la variété "Bol"
mais probablement hybridé

Les cocotiers à gros fruits en forme de poire ou d’avocat sont parfois dénommés Aua. La bourre est fine, la noix est en forme de cône et présente une base large et plate, qui permettait dans l’ancien temps de faire avec les coques des récipients au fond bien plat qui tenaient sur le sol sans se renverser. Les gros fruits se terminent souvent par une sorte de téton bien marqué. Ce type de cocotier a été signalé à Moorea. Ils sont aussi observés dans d'autres îles polynésiennes et en particulier l’île Rennell au Solomon et l’île Rotuma au Fidji. Le cocotier trouvé dans le jardin, bien que nommé "bol", ne correspondait pas vraiment à ce type: les noix étaient bien grosses mais n'avait pas le fond plat.

Fruits du cocotier présenté comme la variété "Bol"
mais ne semblant pas correspondre au type décrit par ailleurs
Il s'agit probablement d'une dérive génétique,
le type ancestral étant dilué.
en 2009; M. Widric GANDOUIN nous avait signalé avoir vu à Tahiti des cocotiers portant des fruits de très grosse taille, mais nous n'avons pas pu vérifier l'information. "J'avais remonté sur 3 ou 4 km la rivière située en fond de vallée située au pk 25.8 à Tiarei, Côte Est, derrière la propriété de Monsieur Gaston SAUVOT à qui il faut demander, pour la forme et de ma part si vous le souhaitez, la permission d’accès. Après une grande cascade de départ (+15 min) et différents sauts (+ 40 min) puis une gorge avec un petite escalade (niv + 3 m sans équipement) vous arrivez à un point de rivière plus calme avec des plats rocheux sinueux où visiblement des populations ont vécu, les cocotiers sont en lisière sur la droite."
Petite histoire...
Un dimanche de Février 2009, j'ai (Dr Roland Bourdeix) essayé de retrouver les cocotiers cités par M. Widric Gandouin . Je suis parti en stop car impossible de trouver une voiture à louer à cause d'un congrès international, 800 chercheurs venaient à Tahiti... il m'a fallu trois voitures pour arriver jusqu'au kilomètre 25.8 (les kilomètres sont comptés à partir de Papeete)
Quelqu'un m'indique la maison de M. Gaston Sauvot, mais cette maison était vide. Un chemin glissant de boue montait raide. Je n'ai pas vu de grande cascade. A un moment le chemin s'arrête. Ensuite j'ai essayé de remonter dans le lit de la rivière, mais je suis arrivé à un endroit ou de nombreux arbres étaient tombés et barraient le passage.



Au retour, trois voitures ont été nécessaire pour arriver à ma maison d'Arue près du rond point d'Erima. la plus étonnante est reproduite ci-dessous...




29..Grand à l’amande se détachant très facilement de la coque

Nous avons observé un cocotier de ce type sur l'île de Raiatea, mais la plupart des informateurs indiquent qu'il est plus répandu dans certains atolls des Tuamotu. Lorsque le fruit est fendu à la hache, il arrive que l’amande se détache déjà totalement de la coque. 
Avec cette variété, il est pratiquement impossible de faire du coco râpé avec un grattoir à main ou rotatif car l’amande se sépare trop facilement de la coque. 
Ce type est donc particulièrement adapté aux usages du type coprah, ou l'amande doit être détachée en entier de la coque, mais pas aux usages ou la noix de coco est fendue en deux pour râper l'amande. 
A noter que les nouvelles technologies pour produire de l'huile vierge de façon industrielle ne passent plus par ce stade de râpage manuel de l'amande. La noix est débarrassée de la coque et une machine sépare le testa de l'amande. Dans cette optique, ce type de variété pourrait s'avérer particulièrement précieux en permettant une manutention plus facile, ou une automatisation des processus.

28. Le cocotier Grand de Tahiti

Par R. Bourdeix, 2019,

Conservation et diffusion

La Polynésie française est constituée de 118 îles et atolls. Il comprend cinq archipels: les îles Australes, les îles Marquises, les atolls des Tuamotu, les îles Mangareva et les îles de la Société. C'est dans le dernier groupe d'îles, à Tahiti, que cette variété a été récoltée.

Connue en anglais sous le nom de "Tahitian Tall" (TAT), cette variété à également été appelée «Grand de Polynésie n°1 »(GPY01).  Selon la base de données des ressources génétiques du cocotier, 11 accessions totalisant plus de 2 200 cocotiers sont conservées dans huit pays.

Origine et histoire

On trouve cette variété, qui servait et sert encore pour la copraculture, dans la plupart des Iles Sous le Vent. Dans les années 1960, elle a été introduite à plusieurs reprises en Côte d’Ivoire, dans la Collection Internationale de Cocotiers pour l’Afrique et l’Océan Indien. A partir ce pays, elle a été exportée au Brésil, en Indonésie, aux Philippines et en Tanzanie. Elle est aussi conservée dans les collections d’Inde, de Jamaïque et de Malaisie.

Comment l’identifier ?

Il s’agit d’une variété de grande taille, avec un stipe puissant démarrant par un bulbe basal souvent marqué. Elle produit de nombreuses feuilles plus longues que celles des variétés africaines, bien qu'elles aient le même nombre de folioles plus étroites. La forme et la couleur des fruits varient, mais moins que chez le Grand de Rangiroa. Les fruits se terminent parfois par un mamelon distal. Le poids moyen des fruits varie de 1 165 g aux Philippines à 1 291 g en Côte d’Ivoire. L’amande pèse en moyenne de 350 à 450g.

Production et rendement

Le Grand Tahiti résulte d’un mélange de diverses variétés traditionnelles qui s’est produit lors du boom du coprah, au dix-neuvième et début du vingtième siècle, lorsque la surface des cocoteraies du fenua a été décuplée. Il a surtout été utilisé pour la production de coprah. En 2021 à Tahiti il sert essentiellement à la production de miti hue et de noix à boire.

En Côte d’Ivoire, cette variété a fleuri 62 mois après la plantation et la produit 60 à 70 fruits par cocotier et par an, soit environ 640 kg de coprah par hectare de plus que le Grand Rangiroa. Les rendements sont meilleurs aux Philippines, avec 84 fruits par cocotier. Certains arbres produisent beaucoup plus, mais les cultivateurs ont tendance à ne voir que les bons arbres et à oublier les mauvais, alors qu’en fait c’est la moyenne qui compte.

Toutes les populations de Grand Tahiti n’ont pas la même valeur génétique ni le même niveau de productivité. Il semble que des sélections aient été menées au Fenua à partir des années 1960 par l’IRHO. La population plantée dans les anciens champs de comportement des îles sous le vent semble meilleure que la variété « tout venant » photographiée sur la planche variétale ; c’est cette population sélectionnée qui a été exportée en Côte d’Ivoire. Il semble donc important de retrouver ces champs de comportement avant qu’ils ne disparaissent complètement et de récupérer la variété la mieux sélectionnée. Sinon, le risque est de se retrouver avec un Grand de Tahiti moins performant au Fenua qu’en Afrique.

Cette variété a été utilisée dans plusieurs programmes d'amélioration génétique. Les croisements avec des Nains Malais rouges et jaunes ont donné de bons rendements, mais n'ont pas été distribués aux agriculteurs. Aux Philippines, les hybrides avec les Nains Vert Catigan et Rouge Malaisie sont actuellement recommandés sous les noms PCA 15/6 et PCA 15/7.



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La Polynésie française est constituée de 118 îles et atolls disséminés sur plus de 4 millions de km² de l'océan Pacifique oriental. Il comprend cinq archipels: les îles Australes, les îles Marquises, les atolls des Tuamotu, les îles Mangareva et les îles de la Société. C'est dans le dernier groupe d'îles, à Tahiti, que cette variété a été récoltée.
Connue en anglais sous le nom de "Tahitian Tall" (TAT), cette variété à également été appelée «Grand de Polynésie n°1"(GPY01).  Selon la base de données des ressources génétiques du cocotier, 11 accessions totalisant plus de 2 200 cocotiers sont conservées dans huit pays. Cette variété été introduite en Côte d’Ivoire à plusieurs reprises dans les années 60; à partie de ce pays, elle a été exportée au Brésil, en Indonésie, aux Philippines et en Tanzanie. Il est également présent en Inde, en Jamaïque et en Malaisie.
Grand Tahiti photographié
en Côte d'Ivoire, Afrique de l'Ouest
Planté dans de bonnes conditions, le Grand Tahiti devient un cocotier de grande taille. Il produit de nombreuses feuilles plus longues que celles des variétés africaines, bien qu'elles aient le même nombre de folioles plus étroites.
La forme et la couleur des fruits varient et ont parfois un mamelon distal. Leur poids varie de 1165 g aux Philippines à 1291 g en Côte d’Ivoire. La noix ia également une forme variable.
En Côte d’Ivoire, cette variété a fleuri 62 mois après la plantation et la produit 60 à 70 fruits par cocotier et par an. Les rendements sont meilleurs aux Philippines, avec 84 fruits par cocotier.
Cette variété a été utilisée dans plusieurs programmes d'amélioration génétique. En Côte d’Ivoire, elle a été croisée avec 16 autres variétés, dont 8 Nains et autant de Grands. Les croisements avec des Nains Malais rouges et jaunes ont donné de bons rendements, mais n'ont pas été distribués aux agriculteurs. Aux Philippines, les hybrides avec les Nains Vert Catigan et Rouge Malaisie sont actuellement recommandés sous les noms PCA 15/6 et PCA 15/7.

27. Le cocotier Grand de Rangiroa

Par R. Bourdeix, J. Builliard et S. Amiot, 2019.

Dans la base de données CGRD des ressources génétiques du Cocotier, le Grand Rangiroa (en abrégé RGT) serait représenté par 8 accessions totalisant 466 cocotiers plantés dans les collections de Côte d’Ivoire, Jamaïque, Malaisie, îles Salomon et Vanuatu. Il a été envoyé à la collection internationale de Côte d’Ivoire dans les années 1960, lorsque d’autres variétés étaient importées depuis la Côte d’Ivoire sur l’atoll de Rangiroa. A partir d’Afrique, il a été diffusé dans plusieurs pays. Il a aussi été importé des Îles Salomon en Malaisie dans les années 1970.

Conservation et diffusion

En fait, au Vanuatu, la première introduction a été décimée par l’helminthosporiose (une maladie fongique) ; seuls deux cocotiers on survécu et ont été croisés pour maintenir la variété ; aux îles Salomon, la station de recherche a été détruite lors de la guerre civile ; en Jamaïque, les cocotiers ont été tués par le Jaunissement mortel. Le Grand de Rangiroa est aussi conservé dans le champ semencier de Raïatea (Polynésie française), mais le nombre d’arbres se réduit et ceux–ci sont âgés. Cette variété est bien sûr abondamment disponible dans son lieu d’origine ; en cas de nouvelle collecte, il faudra prendre garde de récolter des arbres situés loin des plantations d’hybrides.

Grand de Polynésie Rangiroa, photographié dans le champ semencier de Raiatea.
© R. Bourdeix, 2019


Origine et histoire

Rangiroa est situé dans l'océan Pacifique, à 355 km au nord-ouest de Tahiti, et constitue le plus grand atoll des îles Tuamotu. Deux variétés de cocotier ont été introduites de Polynésie française en Côte d’Ivoire en provenance de Polynésie française. Il s’agit du Grand de Tahiti et du Grand de Rangiroa, qui sont aussi appelés en Côte d’Ivoire Grand Polynésie N°1 et N° 2.

En fait, à notre avis, le Grand Rangiroa n’est pas vraiment une variété mais un mélange hétérogène de variétés traditionnelles qui s’est créé au dix-neuvième siècle lors du boom économique du coprah. Certains fruits ont une excellente composition, avec une bourre très fine et une amande épaisse. Mais on y trouve des fruits de tailles et de compositions très diverses, des arbres bons producteurs et d’autres médiocres.

Comment l’identifier ?

La principale différence entre le Grand Tahiti et le Grand Rangiroa réside dans la plus grande sensibilité de ce dernier à l'Helminthosporiose. Cette maladie des feuilles, causée par le champignon Dreschlera incurvata, entraîne des milliers de petites taches sèches et brunâtres sur les folioles. Les fruits du Grand Rangiroa semblent aussi varier davantage en forme et en poids.

Une autre différence entre les origines Tahiti et Rangiroa est de nature écologique : il s’agit de l'adaptation de ces deux variétés à des sols très différents, corail pour Rangiroa et volcanique pour Tahiti.

Production et rendement

Sur l’atoll de Rangiroa dans les années 1960, les rendements moyens en RGT étaient très faibles, de 10 à 15 noix par palmier et environ 200 à 250 kg de coprah par ha. En corrigeant les carences minérales du sol, des rendements allant jusqu'à 1,6 T/ha de coprah ont été atteints. En Côte d’Ivoire, cette variété a été testée sur des sols sableux. Les palmiers produisent dès la sixième année après plantation, en moyenne 13 fruits par cocotier et par an. De 7 à 18 ans, Les rendements varient entre 24 et 62 fruits par arbre par an (1 à 2,7 T de coprah). Le Grand de Tahiti planté dans la même parcelle a produit jusqu'à 86 fruits la même année, et en moyenne 640 kg de coprah de plus par ha. Les fruits pèsent en moyenne de 1240 à 1430 g en fonction de l’année de plantation. Les noix intérieures pèsent 890-940 g. L’amande de 470-500 g donne de 270 à 300 g de coprah une fois séché. À Rangiroa, la teneur en coprah des noix est en moyenne de 250 g, mais de grandes variations s’observent selon les cocotiers (150 à 400 g). Un poids record de 6 250 kg a été enregistré pour un fruit au Vanuatu. Les noix peuvent servir à d’autres utilisations que le coprah, depuis la production d’huile vierge et de lait jusqu’aux noix à boire.

Autres informations

Des parcelles expérimentales mises en place en 1959 sur Rangiroa ont permis de formuler des recommandations agronomiques pour un bon développement des cocotiers sur sols coralliens. Le RGT a été peu utilisé dans les programmes de sélection dans le monde entier, à cause de sa très grande variabilité et de sa sensibilité à la maladie. Les sélectionneurs ont préféré utiliser le Grand Tahiti. Plusieurs hybrides à base de Grand Tahiti ont été améliorés en Côte d’Ivoire, mais ils n’ont jamais été diffusés. On leur a préféré des hybrides de Grand Ouest Africain ou de Grand Rennell. Néanmoins, l'hybride entre le Nain Vert du Brésil et le Grand Rangiroa a été diffusé et recommandé sur les sols coralliens des îles polynésiennes. Cet hybride a aussi été testé sur la station de recherche de Saraoutou au Vanuatu.

Références

Pomier, M. (1967). Recherche sur la noix de coco à Rangiroa. Document technique 153. Commission du Pacifique Sud.

Reboul, J.L. (1980). Cocotiers poussant sur un sol corallien. Réunion technique régionale sur la culture des atolls, Papeete, Tahiti. Commission du Pacifique Sud, Nouméa.

 


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La fiche variétale réalisée en 2019 à partir des Grand Rangiroa plantés dans le champ semencier de  Raiatea.


Il existe une précédente fiche variétale réalisée dans le Catalogue COGENT.



26. Cocotier Grand à Feuilles retombantes et fruits verts en poire

Par R. Bourdeix et T. Oopa, 2019,

Ces cocotiers ont d’abord été identifiés dans la région d’Arue, puis sur l’île de Moorea. Nous pensons qu’il s’agit d’une nouvelle variété, non décrite jusqu’à présent, car elle présente un ensemble de caractéristiques originales et bien identifiables. Il existe probablement entre cinquante et deux cents exemplaires de ce type de cocotier sur Tahiti et Moorea. Aucune collection ne conserve ce type.

Conservation et diffusion

Saupoudrée dans les paysages, cette variété est menacée de disparition. Pour sa conservation, nous suggérons de procéder de la façon suivante. Sur 10 à 20 arbres, il faudrait récolter deux cents fruits qui présentent les caractéristiques décrites ci-dessous. A la germination, ne garder que les semences dont les germes sont de couleur verte. Ne garder que les plants dont l’extrémité des feuilles est courbe et retombante. De préférence, planter une centaine d’arbres en isolation relative, dans plusieurs champs semenciers, en mélange avec une ou plusieurs variétés de cocotiers rouges. Lorsque les arbres commencent à produire des fruits, éliminer tous ceux qui ne présentent pas le phénotype recherché. Les semences présentant des germes verts seront fidèles au type, au degré de la qualité de l’isolation. Outre le cocotier d’Arue, des arbres particulièrement intéressants, dont certains avec la couleur rose interne des jeunes fruits, sont localisés à Moorea.

Origine et histoire

Nous n’avons pas obtenu d’information sur son origine, et les habitants ne lui donnent pas un nom particulier, bien qu’ils l’utilisent souvent pour la médecine traditionnelle ou tout simplement pour se nourrir et préparer le lait de coco. Une seule informatrice a qualifié ces cocotiers d’Oviri, qui signifie sauvage ; mais les caractéristiques de cette variété diffèrent de celles habituellement citées pour la forme Oviri, décrite comme un cocotier à petits fruits d’un vert très sombre.

Comment l’identifier ?

Il est reconnaissable à distance par l’aspect très particuliers de ses jeunes feuilles, dont les rachis centraux sont souples et courbes, les régimes aux longs pédoncules portent des fruits en forme de poire, d’un vert moyen, pas aussi soutenu que celui du Nain Vert Brésil.

On aurait pu penser que ce cocotier est lui aussi une forme de Ha’ari Papua Vert. Extérieurement, les fruits (noix avec bourre) sont assez ressemblants, quoique plus gros. Mais intérieurement, la composition du fruit n’a rien à voir. Au lieu de la bourre importante et de la petite noix ronde des Ha’ari Papua, une bourre fine protège une assez grosse noix ovale, légèrement pointue à l’extrémité et à l’amande épaisse.

Production et rendement

Nous avons peu d’information sur les caractéristiques agronomiques de cette variété. La variété semble assez précoce (photo ovale). Certains arbres, bien chargés en fruits, ont une production qui dépassent cent fruits par cocotier et par an. Les fruits pèsent 1 000 à 1 200 g avec une noix de 800 à 900g. Il faudra réaliser des observations plus suivies et plus poussées pour avoir une caractérisation de cette variété, qui semble très prometteuse.

Références

Les cocotiers ne sont toujours pas faciles d’accès. En face du premier spécimen de cette variété identifié à Arue, un autre plus jeune et semblant de la même variété n’a pu être observé qu’à une certaine distance ! © R. Bourdeix, 2021.



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25. Grand Polynésie à noix cornues (horned coconut)

Par R. Bourdeix, Jean Kape et Dominique Petras, 2012 et 2019

Conservation et diffusion

Les cocotiers à cornes constituent une rare curiosité botanique. En Polynésie française, on en trouve parfois un à deux exemplaires par atoll ou île, notamment à Bora Bora, Fakahina, Taha’a, Tatakoto et Tetiaroa. Ces curiosités se rencontrent aussi dans d’autres pays, notamment le Sri Lanka et l’Inde. Des cocotiers à corne originaires des îles Andamans ont récemment été plantés dans la Collection Internationale pour l’Asie du Sud-Est, à Kidu dans l’état du Karnataka. La photo de l’inflorescence présentée dans la planche ci-contre a d’ailleurs été prise en Inde par le Dr B.A. Jerard ; les cocotiers observés en Polynésie française étaient trop âgés et hauts pour réaliser une photographie similaire. Toutes les autres photographies de la planche ont été réalisées au Fenua. Celle de la photographie ovale provient du livre publiés par l’association culturelle Te Reo o te Tuamotu.

Origine et histoire

Il semble que la première description de cocotiers dit "à corne" date de 1924 et a été réalisée au Sri Lanka (Petch, 1924). En 1965, le Pr T.S. Davis a indiqué que cette caractéristique se retrouvait parfois chez d’autres espèces de palmier et a proposé quatre théories botaniques et mécanismes qui pourraient provoquer l’apparition des cornes.

Comment l’identifier ?

Les diverses photographies de noix de cocotiers dits "à corne" que nous avons pu trouver ou réaliser par nous-même montrent des morphologies diverses. Il n'existe pas un seul type de cocotier à corne, mais plusieurs types qui se distinguent par des cornes plus ou moins longues, plus ou moins épaisses ou plus ou moins courbées. Par ailleurs, certains fruits produits par des cocotiers dits « à cornes » n’ont parfois pas de cornes, et tous n’ont pas le même nombre de cornes. Le nombre de cornes varie généralement de zéro à trois par fruit. Certains cultivateurs des Tuamotus ont évoqué des noix à quatre cornes, mais nous n’avons jamais pu les observer. En revanche la disposition des « trois yeux » des noix n’a rien de particulier et se rapproche de celle des variétés de cocotier Grands les plus communes.

Production et rendement

Les cocotiers à cornes sont généralement assez peu productifs, de l’ordre de 30 à 60 fruits par an. La taille des fruits et des noix est variable selon les individus, avec une quantité d’amande d’environ 200 à 400 g par fruit, les amandes les plus légères ayant été observés à Taha’a et Bora Bora.

Références

Association culturelle Te Reo o te Tuamotu.(2005). Le cocotier aux Tuamotu. Editions Haere Po, Tahiti, 198 p.

Petch, T. (1924) A horned coconut. Yearbook DoA, Ceylon pp 20-21.

Davis, T. S. (1965). Addition to the theories on the morphology of horns in coconut fruits.

Jerard, B. A., Niral, V., Dhanapal, R., Damodaran, V., Arunachalam, V., Rajesh, M. K., ... & Thomas, G. V. (2014). IND 221–Andaman Horned Cocos (IC0598221; INGR13063), a Coconut (Cocos nucifera) Germplasm with Distinct Character of Horny Nuts. Indian Journal of Plant Genetic Resources, 27(1), 76-77.



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Il semble que la première description de cocotiers dit "à corne" date de 1924 et a été réalisée au Sri Lanka (Petch, 1924). Nous n'avons pas pu obtenir cet article pour l'instant.
Les diverses photographies de noix de cocotiers dits "à corne" que nous avons pu trouver ou réaliser par nous-même montrent des morphologies très diverses. Il n'existe donc pas un seul type de cocotier à corne, mais plusieurs types qui se distinguent par des cornes plus ou moins longues, plus ou moins épaisses et plus ou moins courbées.



Le cocotier à corne photographié par Jean Kape



Cocotier à corne de l'atoll de Tetiaroa, donné à R. Bourdeix
par Teihotu Brando en 2006

Cocotier à corne "Cabri"de Bora Bora
appartenant à Mme Dominique Petras