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18. Haari Papua Rouge à fruits ovales

Par R. Bourdeix et P. Atail, 2014.

Cette variété est répandue dans la plupart des îles tropicales du Pacifique. En revanche, elle est peu représentée dans les collections du réseau COGENT. Selon la base de données de 2002 sur les ressources génétiques de la noix de coco, une seule accession de cette variété, introduite de Rangiroa dans les années 1970, est conservée dans la collection internationale de Côte d’Ivoire en Afrique. Dans cette collection, les Ha’ari Papua produisent des fruits de forme ovale.

Conservation et diffusion

Ce nain est planté dans les jardins, où il joue un rôle essentiellement décoratif. Les petites noix sont parfois bues, mais c’est assez rare. Cette variété très répandue n’est pas menacée d’extinction. Les fruits sont trop petits et les pédoncules des régimes sont trop fins et longs pour l’utiliser comme parent d’hybride : si les régimes sont trop chargés, le pédoncule risque de se rompre et de provoquer un avortement massif.

Origine et histoire

Ce nain a été nommé « Nain Rouge Tahiti » (en Anglais le nom international officiel est Tahitian Red Dwarf). Pourtant les tahitiens eux-mêmes l’appellent Ha’ari Papua, ce qui signifie cocotier de Papouasie. La Papouasie-Nouvelle-Guinée se situe à près de 6 000 km de Tahiti, de l’autre côté de l’océan Pacifique. Pendant plusieurs siècles, des marins polynésiens ou mélanésiens ont traversé l'océan Pacifique en emportant des variétés de plantes.

Comment l’identifier ?

Si vous rencontrez des cocotiers à petit fruits, feuilles retombantes en haut de la couronne, et dont les régimes semblent éloignés du tronc à cause de long pédoncule, il s’agit très probablement d’une forme de Ha’ari Papua. A noter qu’aux îles Cook et en Papouasie, certaines variétés, bien que présentant toutes les caractéristiques de fruits et de feuilles des cocotiers dits « Ha’ari Papua » à Tahiti, ne sont pas des nains. Leur croissance est similaire à celle d’un Grand ou d’un Semi-Grand.

Les jeunes fruits présentent une couleur rose/mauve à l’intérieur de la bourre. Cette couleur est plus soutenue du coté du pédoncule du fruit. Elle se retrouve aussi sur le tout jeune germe qui émerge du fruit (voir l’illustration au dessus de la photographie de douze fruits), ainsi que sur et dans les pointes racinaires produite par la semence. Donc si vous souhaitez un Vrai Ha’ari Papua Rouge, il faut sélectionner une semence dont le jeune germe est rose puis devient rouge-orangé (et surtout pas brun), et dont les pointes racinaires contiennent au centre un filet rose. Avec ces deux critères de sélection, le taux de réussite est de 100% !

En Polynésie française, il existe une variabilité importante de la taille des fruits (photo ovale). De plus, il existe au moins deux teintes différentes de « rouge », en fait un orange (comme sur la photo ovale) et un rouge orangé plus soutenu. On ne sait pas vraiment si cette variation de couleur est de nature génétique ou liée à la composition du sol et au climat. Le « Nain Rouge Tahiti » qui a été introduit dans la collection internationale de Côte d’Ivoire représentait seulement une petite fraction de la diversité existante en Polynésie française ; c’est ce qui nous a conduit à définir deux types de Ha’ari Papua Rouge, l’un à fruits plutôt ovale, et l’autre à fruits pointus ou en poire. Par ailleurs, un unique Ha’ari Papua produisant de gros fruits de couleur abricot a été observé pour la première fois en 2021 sur l’atoll de Kauehi.

Production et rendement

Ce cocotier de jardin, servant presque uniquement à la décoration, symbolise l’abondance grâce à ses feuilles aux reflets dorés et, parfois, ses énormes régimes orange de tout petits fruits. En Côte d’Ivoire, la production de cette variété est restée faible, de l’ordre de 60 fruits par cocotier et par an, soit 30 fruits de moins que le témoin Nain Jaune de Malaisie. Cependant le lieu de plantation était un mauvais terrain épuisé par la culture du manioc. Dans les jardins de Polynésie, on observe fréquemment des arbres avec plus de cinquante fruits dans chaque régime ! À l'intérieur du fruit, la noix est ronde, parfois pointue à l'extrémité distale si le cocotier a souffert de la sécheresse. Les noix mûres contiennent peu d'eau. En Côte d’Ivoire, une noix mûre pesait en moyenne 200 g avec 70 g d’amande et seulement 7 ml d’eau, en moyenne 6-7 ans. L’amande est riche en huile ; mais elle est si petite que personne n’en extrait l’huile.

Il y a un usage pour lequel il serait intéressant de tester cette variété : l’extraction de toddy, la sève du cocotier, par incision des inflorescences. En effet, les opérations sont plus faciles sur les cocotiers qui ont de longues inflorescences, que l’on a besoin de pencher progressivement avant de les inciser.

Références

Pour plus d’information et d’images, consulter le site web :           
https://cocotierpolynesie.blogspot.com/2019/10/aaa-18-haari-papua-rouges-fruits-ovales.html

N’Cho Y.P., Le Saint J.P., Sangare A. (1988). Les cocotiers Nains à Port Bouët (Côte d’Ivoire). III. Nain Brun Nouvelle-Guinée, Nain Vert Thaïlande, Nain Rouge Polynésie. Oléagineux 43:55-66.

Ha’ari Papua Rouge à fruits ovales © R. Bourdeix, 2006




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Ha'ari Papua à fruits ovales
Un cocotier aux fruits plus gros que la moyenne de la variété
sur l'île de Tahiti (-17.548612, -149.336907)

Voici la planche réalisée en 2019.





Planche du livre "Guide des variétés..."
En Côte d'ivoire, ce Nain est le plus petit de tous les cocotiers. Huit ans après la plantation, son tronc ne dépasse pas un mètre de hauteur en moyenne. Ensuite sa croissance reste inférieure même à celle du Nain Vert du Brésil. Ses feuilles souples aux folioles longues lui donnent une silhouette particulière, qui permet de distinguer cette variété des Nains malais.
Comme chez le Nain Jaune de Malaisie, les fleurs mâles et femelles de l’inflorescence sont à maturité au même moment. L’autofécondation est donc de règle.
Les régimes sont des grappes de petits fruits suspendus au bout d’un long pédoncule. Encore jeunes, ces fruits ovales revêtent une couleur rouge orangée soutenue. A complète maturité, ils présentent un téton petit mais bien dessiné. A l’intérieur du fruit la noix est ronde ; elle devient parfois pointue dans sa partie distale si l’arbre souffre de sécheresse. La noix est pauvre en eau à maturité. En Côte d’Ivoire, pour un fruit mature d’un poids moyen de 200 grammes, on observe 70 grammes d’amande et seulement 7 grammes d’eau en moyenne sur des cocotiers âgés de 6 à 7 ans. Cette amande est par contre riche en huile. La germination des semences, plutôt lente pour un Nain, n’atteint pas un taux élevé.
En Côte d’Ivoire, le Nain Rouge de Tahiti débute sa floraison quatre ans et quatre mois après la plantation, soit plus de deux ans après le Nain Jaune de Malaisie ; il produit une soixantaine de fruits par arbre et par an, soit trente fruits de moins que le Nain Jaune.
En Polynésie, ce Nain sert essentiellement à la décoration des jardins. Sur des sols volcaniques bien arrosés, certains cocotiers portent parfois plusieurs centaines de petits fruits, laissés longtemps sur l’arbre, et finalement assez peu consommés. La fonction du Nain Rouge de Tahiti se rapproche peut être de celle des cocotiers dit « wedding» (littéralement cocotier de noces) des îles Tuvalu. Lorsqu’il y a trop d’invités et pas assez de grosses bonnes noix de coco à boire, on distrait les invités en leur offrant ces jolis petits fruits disponibles en grand nombre.
Du fait de sa floraison tardive et de sa production faible, le Nain Rouge de Tahiti a peu été utilisé dans les programmes de création variétale. En Côte d’Ivoire, il a cependant été hybridé en 1993 avec quatre autres variétés.

Identification
Le Nain Rouge de Tahiti se distingue facilement des autres types de Nains Rouges. Sa couleur est plus intense que celle des Nains de Malaisie et du Cameroun.
De plus, c’est à notre connaissance le seul cocotier aux noix rouges dont les fleurs, les jeunes fruits et l’extrémité des racines possèdent une coloration rose interne des tissus, à l'exception du nain rouge compact qui vient d'être décrit en Polynésie (article sur ce site).
En Papouasie-Nouvelle-Guinée et au Vanuatu, on rencontre plusieurs Nains tout aussi rouges que celui de Tahiti. Ils s’en distinguent cependant par leurs fruits pointus, qui possèdent un téton très proéminent, ou par l’absence de couleur rose interne des tissus.






17. Haari Papua Rouges à fruits pointus

Par R. Bourdeix, 2012 et 2019.

Voici une seconde variété de Ha’ari Papua Rouge qui se distingue de la précédente par la forme des fruits. Ces derniers sont en forme de poire, parfois ovales, mais se termine toujours par une pointe à leur extrémité. Une variété similaire est conservée dans la collection internationale de cocotier pour la Région Pacifique, à Madang en Papouasie Nouvelle Guinée. Cette collection internationale est actuellement transférée sur un autre site par suite de l’apparition dans la région de Madang d’une maladie léthale causée par un phytoplasme (Bogia disease). Cette maladie des cocotiers n’existe heureusement pas en Polynésie française.

Conservation et diffusion

Cette variété de Ha’ari Papua est moins commune que la première. Elle a été observée surtout à Raiatea et Taha’a, et beaucoup plus rarement à Tahiti. Les Ha’ari Papua de couleur rouge, contrairement au forme Jaunes et verte, ne semble pas menacés d’extinction.

Origine et histoire

La forme des fruits de cette variété se rapproche de celle observée chez la plupart des variétés de Ha’ari Papua de couleur jaune et vert. Une seule forme fait exception, il s’agit d’un unique arbre jaune à fruits ovales assez gros observé sur l’atoll de Kauehi. Il s’agit probablement d’une forme ancestrale, dans laquelle aurait postérieurement été sélectionné les types à fruits ovales.

Comment l’identifier ?

Ces Ha’ari Papua Rouges se distinguent facilement des autres types de Nains Rouges. La couleur de leur fruit est souvent plus intense que celle des Nains rouges de Malaisie. Les autres critères d’identification sont les suivants : nombreux petits fruits, en forme de poire et se terminant par une pointe lorsqu’ils sont secs ; feuilles souples et retombantes en haut de la couronne, d’une couleur vert-jaune assez caractéristique ; régimes souvent chargés de fruits qui semblent éloignés du tronc à cause du long pédoncule. Les jeunes fruits présentent une couleur rose/mauve à l’intérieur de la bourre. Si vous souhaitez reproduire la variété fidèle au type, suivez les critères de sélection qui ont été détaillés dans la fiche précédente.

Production et rendement

En Polynésie, ce Nain sert essentiellement à la décoration des jardins. Ce cocotier symbolise l’abondance, avec ses feuilles aux reflets dorés et, parfois, ses énormes régimes orange. Sur des sols volcaniques bien arrosés, près des maisons sur les atolls, certains cocotiers portent plusieurs centaines de petits fruits, laissés longtemps sur l’arbre, et finalement assez peu consommés. La fonction de cette variété se rapprochait peut-être de celle des cocotiers dit «wedding» (littéralement cocotier de noces) des îles Tuvalu. Lorsqu’il y a trop d’invités et pas assez de grosses bonnes noix de coco à boire, on distrait les invités en leur offrant ces jolis petits fruits disponibles en grand nombre.




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Durant les missions effectuées à Raiatea en 2006 et à Tahiti en 2009, nous avons eu la surprise d'identifier quatre variétés de cocotier ha'ari papua alors que la littérature scientifique ne signalait qu'une variété de ce type en Polynésie Française. Quatre types ont été observés, par ordre de rareté décroissante:
15. Ha'ari Papua Vert à fruits roses dedans

Deux variétés de Ha'ari Papua Rouge
plantés côte à côte sur l'île de Raiatea
La variété à fruits pointus est à gauche. 

Deux variétés de Ha'ari Papua Rouge à Raiatea
La variété à fruits pointus est à gauche.

16. Haari Papua Jaune à fruits roses dedans

Par R. Bourdeix et T. Bambridge, 2021.

Conservation et diffusion

En 2021, moins de dix cocotiers de cette variété ont été observés à Tahiti, Bora Bora et sur les atolls de Kauehi, Fakarava et Faaite. Ceux observés en 2006 sur Raïatea semblent avoir disparu. Au niveau international, une variété similaire existe dans la collection Internationale localisée en Papouasie Nouvelle Guinée. A noter qu’il existait en 2021, à Kauehi, un unique cocotier Ha’ari Papua produisant de gros fruits de couleur abricot, qui n’est pas décrit dans ce catalogue.

Origine et histoire

Comme son nom tahitien l’indique, cette variété est originaire de Papouasie. Elle semble avoir été importée au milieu du vingtième siècle, mais on ne peut exclure l’éventualité d’introductions multiples dont les premières seraient beaucoup anciennes. 

Comment l’identifier ?


Ces variétés se distinguent par leurs petits fruits jaunes, souvent en forme de poire, dans des régimes à long pédoncule ; leurs feuilles souples à long pétiole, dont l’extrémité se courbe en haut du cocotier ; leur tronc grêle, de petit diamètre et généralement sans bulbe basal.
En fait il existe trois types de Nain Jaune Papua : 1) celui découvert sur la plantation de la famille Bambridge à Tahiti, aux petits fruits en poire avec une couleur rose intense à l’intérieur des jeunes fruits ; on retrouve ce type à Fakarava et Faaite ; 2) celui sauvé de disparition par Dominique Pétras à Bora Bora avec des fruits plus allongés, légèrement rayés de jaune et de vert lorsqu’ils sont jeunes, et juste un anneau rose autour du pédoncule du jeune fruit ; et 3) un unique exemplaire observé sur l’atoll de Kauehi, qui produit des fruits ovales plus gros.


Ces variétés se distinguent par leurs petits fruits jaunes, souvent en forme de poire, dans des régimes à long pédoncule ; leurs feuilles souples à long pétiole, dont l’extrémité se courbe en haut du cocotier ; leur tronc grêle, de petit diamètre et généralement sans bulbe basal.

En fait il existe trois types de Nain Jaune Papua : 1) celui découvert sur la plantation de la famille Bambridge à Tahiti, aux petits fruits en poire avec une couleur rose intense à l’intérieur des jeunes fruits ; on retrouve ce type à Fakarava et Faaite ; 2) celui sauvé de disparition par Dominique Pétras à Bora Bora avec des fruits plus allongés, légèrement rayés de jaune et de vert lorsqu’ils sont jeunes, et juste un anneau rose autour du pédoncule du jeune fruit ; et 3) un unique exemplaire observé sur l’atoll de Kauehii, qui produit des fruits ovales plus gros.




Ces variétés se distinguent par leurs petits fruits jaunes, souvent en forme de poire, dans des régimes à long pédoncule ; leurs feuilles souples à long pétiole, dont l’extrémité se courbe en haut du cocotier ; leur tronc grêle, de petit diamètre et généralement sans bulbe basal.

En fait il existe trois types de Nain Jaune Papua : 1) celui découvert sur la plantation de la famille Bambridge à Tahiti, aux petits fruits en poire avec une couleur rose intense à l’intérieur des jeunes fruits ; on retrouve ce type à Fakarava et Faaite ; 2) celui sauvé de disparition par Dominique Pétras à Bora Bora avec des fruits plus allongés, légèrement rayés de jaune et de vert lorsqu’ils sont jeunes, et juste un anneau rose autour du pédoncule du jeune fruit ; et 3) un unique exemplaire observé sur l’atoll de Kauehii, qui produit des fruits ovales plus gros.



Trois types de Ha’ari Papua à fruits jaunes

Production et rendement

Il s’agit d’un cocotier rare et original destiné essentiellement à la décoration des jardins et au paysagisme. Les fruits sont trop petits pour faire du coprah ou même les boire. L’aspect amusant des trois yeux (face de macaque !) et la taille réduite des noix peuvent être des atouts pour des créations artisanales. Cette variété jaune semble produire moins de fruits que les Ha’ari Papua rouges et verts ; il n’a pour l’instant jamais été observé d’arbres portant  plus d’une centaine de fruits. 



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Voici une rare forme, observée dans la plantation de la Famille Bambridge à Tahiti, et une seule fois sur l’île de Raiatea en 2006. Il n'a pas été possible de retrouver le cocotier de Raiatea en 2019. Cette variété est menacée de disparition. Elle pourrait être conservée selon les méthode de « collection délocalisée à base communautaire », voire « Polymotu - plantations en milieu urbain ». Il y a cela deux raisons : d’abord son esthétique originale est du plus bel effet ; ensuite, personne ne peut être blessé en recevant une aussi petite noix de coco sur la tête ! A conseiller donc pour agrémenter les lieux publics (parcs ou jardins des administrations) ou touristiques (tels que les jardins des hôtels).

Ha'ari Papua Jaune à fruits roses dedans
photographié en 2006 à Raiatea 
Couleur rose à l'intérieur des jeunes fruits
 d'un Ha'ari Papua jaune



15. Haari Papua Vert à fruits roses dedans

Par R. Bourdeix, H. Montaron et J. Buillard, 2019.

En 2019 sur l'île de Bora Bora, dans un jardin appartenant à la famille Montaron, nous avons observé trois magnifiques spécimens de cette variété. Cette variété n’est pour l’instant pas référencée dans la base de données du réseau COGENT, et n’est conservée dans aucune collection. Un seul exemplaire avait été préalablement observé en 2006 par R. Bourdeix sur l’île de Raiatea. En 2021, quelques arbres ont été observés dans le village principal de l’atoll de Tatakoto.

Conservation et diffusion

Cette variété est l’exemple par excellence de celles qui pourraient être conservées selon les méthodes de « collection délocalisée à base communautaire », voire « Polymotu - plantations en milieu urbain ». Il y a à cela deux raisons : son esthétique originale est du plus bel effet ; ensuite, personne ne peut être blessé en recevant une aussi petite noix de coco sur la tête ! A conseiller donc pour agrémenter les lieux publics (parcs ou jardins des administrations) ou touristiques (tels que les jardins des hôtels), ainsi que pour la production d’artisanat.

A Bora Bora il a été signalé des difficultés à faire germer cette variété. Les cocotiers retiennent longtemps leurs fruits et lorsque ces derniers finissent par tomber, ils sont souvent trop vieux pour germer. La solution consiste à faire tomber des fruits plus jeunes de l’arbre, et de mettre en germination tous les fruits qui clapotent, y compris ceux dont l’épiderme est encore vert. Pour reproduire cette variété, il faut choisir uniquement les semences dont le germe est d'une couleur verte bien soutenue. Lorsque la semence germe, de grosses pointes racinaires sortent dessous. L'extrémité de la pointe de ces semences doit être rose ; si l'une de ces pointes racinaires est fendue en deux, on trouvera au centre une sorte de filet rose très caractéristique. En sélectionnant les semences germant vert et à filet rose dans les racines, on devrait avoir des semences fidèles au type. Ensuite, il ne faut pas hésiter à supprimer en pépinière, ou ultérieurement dans les champs, les cocotiers qui semblent atypiques. L'extrémité des jeunes feuilles ouvertes (celles qui sont encore verticales) doit être courbe et retombante.

Origine et histoire

A Bora Bora, le jardin dans lequel a été trouvé cette variété nous a semblé étonnant. Il n’y poussait que trois cocotiers, tous des Ha'ari Papua à petits fruits verts. Nous avons demandé à la propriétaire pourquoi elle avait choisi de planter uniquement ces cocotiers à tout petits fruits, et pourquoi elle n'avait pas plutôt panaché les variétés - certaines à gros fruits, d'autres à petits fruits ? Elle nous a répondu que ces cocotiers avaient été plantés par son père, un artisan qui utilisait ces noix spéciales pour fabriquer de petits bols et d'autres objets.

Les cocotiers de type Ha’ari Papua sont originaires de Papouasie. Ils sont bien reconnaissables à leurs régimes à longs pédoncules, généralement chargés de petits fruits contenant une noix ronde. Nul ne sait quand ils ont été introduits en Polynésie.

Comment l’identifier ?

Impossible de se tromper ! Des régimes à long pédoncules, chargés d’un grand nombre de petits fruits vert en forme de poire ; une petite noix ronde située à l’extrémité distale du fruit, qui a parfois tendance à sécher complètement sur l’arbre sans tomber, jusqu’à que l’amande se transforme naturellement en coprah ; une couleur rose vif à l’intérieur des jeunes fruits et des pointes des grosses racines émergeant de la semence.

Production et rendement

La production peut atteindre 400 à 500 fruits par cocotier et par an. Certains régimes portent plus de cinquante fruits. A maturité, le poids des fruits dépasse rarement 200g, et celui de l’amande 100g. La coque est assez épaisse et résistante, bien adaptée à des utilisations artisanales.

Dans les temps anciens, avec une dizaine de petites coques rondes évidées et de la corde de fibre de cocotier, certains Polynésiens réalisaient des sortes de grappes qu’ils suspendaient comme décoration dans leurs habitations.

Devrait-on utiliser une telle variété pour créer des hybrides ? On serait tenté de répondre que non, car les fruits sont vraiment très petits. Cependant la valeur phénotypique d'un cocotier n'est pas directement liée à sa valeur en croisement. Un "mauvais" cocotier peut parfois donner d'excellents hybrides, et un "bon" cocotier peut donner de mauvais hybrides (surtout si ce « bon » cocotier est en fait lui-même déjà un hybride). Sans investir trop d'énergie dans cette direction, il faudrait essayer au moins une fois d'inclure cette variété dans un croisement, par exemple, avec un Nain Rouge Compact à gros fruits comme celui de Bora Bora, Cela pourrait donner des résultats intéressants... Avis aux amateurs ! si un jardinier de Bora Bora est tenté, avec deux variétés plantées non loin l’une de l’autre, il serait facile de prendre du pollen sur l’une pour féconder l’autre…

A noter qu'un grand nombre de petits fruits peut être un avantage pour la production de semences, les régimes de chaque cocotier utilisé comme femelle donnant chacun plus d'une cinquantaine de fruits... Si bien sur l'hybride produit des noix plus grosses !


Ces petites noix amusantes à l’aspect de « face de macaque », dont les yeux et la bouche sont très écartés, sont typiques de certaines variétés Ha’ari Papua. Elles pourraient être utilisées pour des productions originales d’objets artisanaux. © R. Bourdeix, 2021.


Ha’ari Papua vert à fruits roses dedans de Bora Bora en 2019.
Ce cocotier avait été coupé en 2021. © R. Bourdeix, 2019











L'un des deux arbres
observés à Tahiti en 2009
(-17.565503, -149.611075)



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Sur l'île de Bora Bora, dans un jardin appartenant à la famille de H. Montaron, nous avons retrouvé trois magnifiques spécimen de cette variété. Le jardin était étonnant, dans la mesure ou il n'y poussait que trois cocotiers, tous des Ha'ari Papua à petits fruits verts. Nous avons demandé à la propriétaire pourquoi elle avait choisi de planter uniquement ces cocotiers à petits fruits, et pourquoi elle n'avait pas plutôt panaché les variétés - certaines à gros fruits, d'autres à petits fruits?  Elle nous a répondu que ces cocotiers avaient été planté par son père, un artisan qui utilisait ces noix spéciales pour fabrique de petits bols et d'autres objets.
Nous avons eu la surprise de retrouver un seul jeune arbre de cette variété sur l'île de Raitea lors d'un tour de l'île avec Joêl Buillard. En fait il est ressorti de nos discussions que de très nombreux Polynésiens du Fenua, lorsqu'ils ont un jardin sur une île, ont dans ce jardin un cocotier provenant... D'une autre île! Les cocotiers assurent donc symboliquement une sorte de continuité territoriale, un lien entre les îles à travers les plantes....

Un des trois arbres  observés à Bora Bora
(-16.543673, -151.735610)

La fiche descriptive complète

Détails



Il est assez simple de reproduire cette variété. Il faut choisir uniquement les semences dont le germe est d'une couleur verte bien soutenue. Lorsque la semence germe, de grosses pointes racinaires sortent dessous. L'extrémité de la pointe de ces semences doit être rose; et si l'une de ces  pointes racinaires est fendue en deux, on trouvera au centre une sorte de filet rose très caractéristique. En sélectionnant les semences germant vert  et à filet rose dans les racines, on devrait avoir au minimum 90% des semences fidèles au type. Ensuite, il ne faut pas hésiter à supprimer en pépinière, ou ultérieurement dans les champs, les cocotiers qui semblent atypiques. L'extrémité des jeunes feuilles ouvertes (celles qui sont encore verticale) doit être courbe et retombante. 
Devrait-on utiliser une telle variété pour créer des hybrides? On serait tenté de répondre non, parce que les fruits sont vraiment très petits. Cependant la valeur phénotypique d'un cocotier n'est pas directement liée à sa valeur en croisement. Un "mauvais" cocotier peut parfois donner d'excellents hybrides, et un "bon" cocotier peut donner de mauvais hybrides. Sans investir trop d'énergie dans cette direction, il faudrait essayer au moins une fois d'inclure cette variété dans un croisement, par exemple, avec un Nain Rouge Compact à gros fruits comme celui de Bora Bora, Cela pourrait donner des résultats intéressants... A noter qu'un grand nombre de petits fruits peut être un avantage pour la production de semences, les régimes de chaque cocotier utilisé comme femelle donnant chacun plus d'une cinquantaine de fruits... Si bien sur l'hybride produit des noix plus grosses!










14. Nains Compacts bruns

Par R. Bourdeix, 2012 et 2019, 

Conservation et diffusion

Il existe de nombreuses sortes de Nain Compact Bruns, dont certains produisent des gros fruits, d’autres des plus petits. Les forme de fruits et les niveaux de production sont très divers et parfois imprévisibles : en prenant une semence sur un cocotier produisant un grand nombre de gros fruits, on peut obtenir un cocotier produisant moins de fruits plus petits de taille, ou inversement.

La couleur brune est dominante pour la couleur du germe et ne permet généralement de sélectionner cette caractéristique en pépinière. A cause de cette impossibilité de sélectionner en pépinière, la descendance des Nains Compacts Bruns risque donc d’être très hétérogène, en couleur comme en production. Plutôt que d’essayer de conserver et de reproduire des nains Compacts Bruns, nous conseillons de purifier et de conserver de bonnes variétés de couleur verte ou rouge, et de ensuite créer ensuite des hybrides bruns de Nains Compacts en croisant ces variétés.

Origine et histoire

La variété est présente aussi à Fidji, ou le premier Nain Compact, dénommé « Niu Leka » a été scientifiquement décrit. Le Nain Niu Leka provient de l’île de Taveuni, à quelques kilomètres de la ligne de changement de date. A Fidji, la variété décrite comme «Niu Leka» comprend des cocotiers dont les fruits sont de couleurs soit verte, soit brune, et de diverses tailles.  On la retrouve aux îles Cook, à Kiribati et à Samoa. C’est à partir d’un Nain Compact Brun dont la semence a été importée de Rarotonga que la magnifique variété « Nain Compact Rouge Alfred T., », décrite dans ce catalogue, à été créée à la pointe des pécheurs de Tahiti.

Comment l’identifier ?

Les caractéristiques communes de ces cocotiers sont l’aspect du tronc et des feuilles typiques des Nains Compacts, et la couleur des fruits qui peut prendre différente nuance de brun, d’un brun vert à un brun presque rouge. A part cela les fruits peuvent avoir des formes et des tailles très différentes selon les individus.

Production et rendement

Les rendements sont très variables selon les individus et les types. Certains Nains compacts bruns présentent de très bons rendements et des fruits d’excellente caractéristiques, d’autres sont beaucoup moins productifs.



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Il existe de nombreuses formes de Nain Compact de couleur brune. Dans l'image présentée ci-dessous, l'extrémité des fruits ne comporte pas de téton mais se termine dans une sorte de creux entre trois protubérances, reproduisant la forme souvent décrite comme "femelle" par les Polynésiens.

Nain Brun Compact à noix "rentrantes"
localisé 17° 46' 20.298" S, 149° 26' 21.918" W

Il n'est pas possible de sélectionner efficacement ces formes brunes en utilisant le marqueur de couleur du germe en pépinière. La descendance d'un cocotier brun donne des semences de couleur brune, verte, rouge ou jaune, sans que cette couleur puisse être utilisée pour déterminer si la semence sera ou non fidèle au type. En conséquence, il est conseillé d'éviter de planter des cocotiers bruns dans les champs semenciers, et de leur préférer un mélange de variétés rouges et vertes, qui donnera des hybrides qui germeront... bruns!.

Une autre forme de Nain Compact Brun
photographié en 2006 sur l’île de Raiatea







13 Nain Vert Compact à tronc flexueux

Par R. Bourdeix, 2019,

Conservation et diffusion

Ces cocotiers se caractérisent soit par des troncs rectilignes mais inclinés à 45 ou 60 degrés, soit par des troncs courbés, voire en partie rampants sur le sol. La morphologie générale du tronc est typique des Nains Compacts, avec un tronc (ou stipe) épais et renflé à la base. Il existe très probablement plusieurs types variétaux.

La forme qui semble la plus avancée, la plus proche d’une variété reproductible, est un nain compact vert que l’on rencontre dans l’archipel des Tuamotu. Il présente une particularité des feuilles (repliement de l’extrémité de certains folioles) qui facilite son identification et sa sélection. Moins d’une vingtaine de ces arbres ont été recensés. Dans certains atolls, le premier arbre à avoir été planté à été retrouvé mais nul ne se souvient d’où il a été introduit.

Dans les années 1980, en Jamaïque, le même type de tronc a été observé sur un cocotier de type Nain Compact jaune descendant du croisement entre le Nain Niu Leka et le Nain Rouge Malais réalisé en 1926 par Maréchal aux îles Fidji.

Origine et histoire

Dans l’archipel des Tuamotu, en particulier à Rangiroa et à Fangatau, les polynésiens plantent souvent ces nains par groupe de deux ou trois dans les jardins ou devant les maisons. L’aspect flexueux du tronc n’est pas provoqué par une manière spéciale de planter. Sa nature génétique a été confirmée par de nombreux entretiens avec les planteurs et par l’existence d’un marqueur foliaire que l’on retrouve de façon récurrente sur les nains verts de ce type.

Deux Nains Compacts à troncs flexueux de Fakahina. © R. Bourdeix, 2021.

A Fangatau, la dizaine d’arbres du village provient d’un cocotier planté au coin du cimetière et de ces descendants. En 2021, ce cocotier âgé de plus de soixante ans présentait un tronc incliné d’une longueur inférieure à trois mètres. A partir de cet unique cocotier, les nains ont été plantés, le plus souvent par deux, devant la maison réservée au prêtre et d’autres demeures particulières. Nul ne se souvient de l’origine du premier arbre.

Comment l’identifier ?

La plupart de ces cocotiers présentent un tronc courbe, voire en partie rampant sur le sol.  Les fruits sont de couleur verte, et d’une taille moyenne intermédiaire entre celle des variétés, décrite ci-dessus, de Nain Compact Vert à petits et gros fruits. La croissance du tronc est extrêmement lente, avec un tronc qui ne dépasse pas trois mètres à plus de soixante ans. Les fruits immatures paraissent nettement plus gros que les fruits secs, signe probable que la bourre se contracte fortement en séchant. Les fruits photographiés proviennent de cocotiers âgés de 20 à 60 ans sur l’atoll de Fangatau. Les fruits récoltés sur le cocotier le plus âgé apparaissent plus petit, mais leur bourre est plus fine et finalement la noix à l’intérieur est assez comparable à celle des cocotiers plus jeunes.

Sur l’atoll de Katiu il existe une autre forme de Nain Compact à tronc flexueux, qui présentent généralement des noix plus petites et d’une couleur vert-jaune plus claire ; cette variété est appelée localement Mamagu et sert aux préparations médicinales. Ce nom est parfois utilisé sur d’autres atolls pour désigner d’autres variétés.

Nain Compact à tronc flexueux de l’atoll de Katiu, appelé localement Mamagu
© R. Bourdeix, 2021.

Production et rendement

Il s’agit d’un cocotier destiné essentiellement aux jardins. Attention à ce que tous ces cocotiers à troncs flexueux ont une forte tendance à pencher dans le même sens, du coté du soleil levant. Il faut donc prévoir leur orientation dès la plantation dans le jardin, par exemple pour éviter que le cocotier se retrouve sur le toit de la maison ou empiète sur la chaussée. Il semble difficile d’utiliser cette variété pour des plantations agricoles, mais cela vaudrait peut-être la peine d’essayer au moins une fois, dans l’optique de produire des noix à boire. Si tous les cocotiers penchent dans le même sens, les fruits verts seront faciles à récolter depuis le sol pendant de nombreuses années.

La production de fruits est moyenne, de l’ordre de 40 à 60 fruits par an dans les conditions des villages des Tuamotu pour la forme à fruits vert foncé, un peu plus pour celle produisant des petits fruits vert clair. Les jardiniers apprécient cette variété car il est possible de récolter les noix à boire, directement à la main, sans monter ni utiliser d’outils pour les décrocher. Certains utilisent ces variétés pour préparer les médicaments traditionnels et leur donnent le nom de « Mamagu ». Toutefois comme ce nom est utilisé de diverses façons au Tuamotu, et parfois pour décrire des variétés différentes, il n’a pas été possible d’appeler officiellement « Mamagu » l’une de ces variétés.



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Au début, nous pensions que les troncs courbés, flexueux ou à allure de serpent étaient juste des accidents; mais cela se répète de façon trop fréquente, toujours sur le même type de variété de Nain Compact, et nous l'avons observé dans des lieux aussi différents que la Polynésie Française, Fidji et... la Jamaïque!
Peut être est-ce en fait la conjonction d'une prédisposition variétale et d’événements stressants  survenant dans la vie du cocotier qui déclenche le phénomène. Sa cause serait donc à la fois environnementale et génétique.
Il y a un rare allèle "Serpent" qui se promène parmi les gènes des populations de Nain Compacts... Il est probablement récessif et ne s'exprime que rarement. A noter que la photo ci dessous n'est pas vraiment une bonne illustration, car il y a des cocotiers dont le tronc prend une forme de "S" caractéristique, mais pour l'instant nous ne disposons pas d'autres images.

Raiatea (-16.851797, -151.352177)