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26. Cocotier Grand à Feuilles retombantes et fruits verts en poire

Par R. Bourdeix et T. Oopa, 2019,

Ces cocotiers ont d’abord été identifiés dans la région d’Arue, puis sur l’île de Moorea. Nous pensons qu’il s’agit d’une nouvelle variété, non décrite jusqu’à présent, car elle présente un ensemble de caractéristiques originales et bien identifiables. Il existe probablement entre cinquante et deux cents exemplaires de ce type de cocotier sur Tahiti et Moorea. Aucune collection ne conserve ce type.

Conservation et diffusion

Saupoudrée dans les paysages, cette variété est menacée de disparition. Pour sa conservation, nous suggérons de procéder de la façon suivante. Sur 10 à 20 arbres, il faudrait récolter deux cents fruits qui présentent les caractéristiques décrites ci-dessous. A la germination, ne garder que les semences dont les germes sont de couleur verte. Ne garder que les plants dont l’extrémité des feuilles est courbe et retombante. De préférence, planter une centaine d’arbres en isolation relative, dans plusieurs champs semenciers, en mélange avec une ou plusieurs variétés de cocotiers rouges. Lorsque les arbres commencent à produire des fruits, éliminer tous ceux qui ne présentent pas le phénotype recherché. Les semences présentant des germes verts seront fidèles au type, au degré de la qualité de l’isolation. Outre le cocotier d’Arue, des arbres particulièrement intéressants, dont certains avec la couleur rose interne des jeunes fruits, sont localisés à Moorea.

Origine et histoire

Nous n’avons pas obtenu d’information sur son origine, et les habitants ne lui donnent pas un nom particulier, bien qu’ils l’utilisent souvent pour la médecine traditionnelle ou tout simplement pour se nourrir et préparer le lait de coco. Une seule informatrice a qualifié ces cocotiers d’Oviri, qui signifie sauvage ; mais les caractéristiques de cette variété diffèrent de celles habituellement citées pour la forme Oviri, décrite comme un cocotier à petits fruits d’un vert très sombre.

Comment l’identifier ?

Il est reconnaissable à distance par l’aspect très particuliers de ses jeunes feuilles, dont les rachis centraux sont souples et courbes, les régimes aux longs pédoncules portent des fruits en forme de poire, d’un vert moyen, pas aussi soutenu que celui du Nain Vert Brésil.

On aurait pu penser que ce cocotier est lui aussi une forme de Ha’ari Papua Vert. Extérieurement, les fruits (noix avec bourre) sont assez ressemblants, quoique plus gros. Mais intérieurement, la composition du fruit n’a rien à voir. Au lieu de la bourre importante et de la petite noix ronde des Ha’ari Papua, une bourre fine protège une assez grosse noix ovale, légèrement pointue à l’extrémité et à l’amande épaisse.

Production et rendement

Nous avons peu d’information sur les caractéristiques agronomiques de cette variété. La variété semble assez précoce (photo ovale). Certains arbres, bien chargés en fruits, ont une production qui dépassent cent fruits par cocotier et par an. Les fruits pèsent 1 000 à 1 200 g avec une noix de 800 à 900g. Il faudra réaliser des observations plus suivies et plus poussées pour avoir une caractérisation de cette variété, qui semble très prometteuse.

Références

Les cocotiers ne sont toujours pas faciles d’accès. En face du premier spécimen de cette variété identifié à Arue, un autre plus jeune et semblant de la même variété n’a pu être observé qu’à une certaine distance ! © R. Bourdeix, 2021.



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25. Grand Polynésie à noix cornues (horned coconut)

Par R. Bourdeix, Jean Kape et Dominique Petras, 2012 et 2019

Conservation et diffusion

Les cocotiers à cornes constituent une rare curiosité botanique. En Polynésie française, on en trouve parfois un à deux exemplaires par atoll ou île, notamment à Bora Bora, Fakahina, Taha’a, Tatakoto et Tetiaroa. Ces curiosités se rencontrent aussi dans d’autres pays, notamment le Sri Lanka et l’Inde. Des cocotiers à corne originaires des îles Andamans ont récemment été plantés dans la Collection Internationale pour l’Asie du Sud-Est, à Kidu dans l’état du Karnataka. La photo de l’inflorescence présentée dans la planche ci-contre a d’ailleurs été prise en Inde par le Dr B.A. Jerard ; les cocotiers observés en Polynésie française étaient trop âgés et hauts pour réaliser une photographie similaire. Toutes les autres photographies de la planche ont été réalisées au Fenua. Celle de la photographie ovale provient du livre publiés par l’association culturelle Te Reo o te Tuamotu.

Origine et histoire

Il semble que la première description de cocotiers dit "à corne" date de 1924 et a été réalisée au Sri Lanka (Petch, 1924). En 1965, le Pr T.S. Davis a indiqué que cette caractéristique se retrouvait parfois chez d’autres espèces de palmier et a proposé quatre théories botaniques et mécanismes qui pourraient provoquer l’apparition des cornes.

Comment l’identifier ?

Les diverses photographies de noix de cocotiers dits "à corne" que nous avons pu trouver ou réaliser par nous-même montrent des morphologies diverses. Il n'existe pas un seul type de cocotier à corne, mais plusieurs types qui se distinguent par des cornes plus ou moins longues, plus ou moins épaisses ou plus ou moins courbées. Par ailleurs, certains fruits produits par des cocotiers dits « à cornes » n’ont parfois pas de cornes, et tous n’ont pas le même nombre de cornes. Le nombre de cornes varie généralement de zéro à trois par fruit. Certains cultivateurs des Tuamotus ont évoqué des noix à quatre cornes, mais nous n’avons jamais pu les observer. En revanche la disposition des « trois yeux » des noix n’a rien de particulier et se rapproche de celle des variétés de cocotier Grands les plus communes.

Production et rendement

Les cocotiers à cornes sont généralement assez peu productifs, de l’ordre de 30 à 60 fruits par an. La taille des fruits et des noix est variable selon les individus, avec une quantité d’amande d’environ 200 à 400 g par fruit, les amandes les plus légères ayant été observés à Taha’a et Bora Bora.

Références

Association culturelle Te Reo o te Tuamotu.(2005). Le cocotier aux Tuamotu. Editions Haere Po, Tahiti, 198 p.

Petch, T. (1924) A horned coconut. Yearbook DoA, Ceylon pp 20-21.

Davis, T. S. (1965). Addition to the theories on the morphology of horns in coconut fruits.

Jerard, B. A., Niral, V., Dhanapal, R., Damodaran, V., Arunachalam, V., Rajesh, M. K., ... & Thomas, G. V. (2014). IND 221–Andaman Horned Cocos (IC0598221; INGR13063), a Coconut (Cocos nucifera) Germplasm with Distinct Character of Horny Nuts. Indian Journal of Plant Genetic Resources, 27(1), 76-77.



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Il semble que la première description de cocotiers dit "à corne" date de 1924 et a été réalisée au Sri Lanka (Petch, 1924). Nous n'avons pas pu obtenir cet article pour l'instant.
Les diverses photographies de noix de cocotiers dits "à corne" que nous avons pu trouver ou réaliser par nous-même montrent des morphologies très diverses. Il n'existe donc pas un seul type de cocotier à corne, mais plusieurs types qui se distinguent par des cornes plus ou moins longues, plus ou moins épaisses et plus ou moins courbées.



Le cocotier à corne photographié par Jean Kape



Cocotier à corne de l'atoll de Tetiaroa, donné à R. Bourdeix
par Teihotu Brando en 2006

Cocotier à corne "Cabri"de Bora Bora
appartenant à Mme Dominique Petras 


24. Grand Polynésie Kaipoa à jeune bourre tendre et/ou sucrée

Par R. Bourdeix, 20 Novembre 2019.

En Polynésie française, ces cocotiers sont connus sous les appellations: Kaipoa, Haipoa, Maaro, Tia Iri, Apuru ou Ahuahupuru. Leurs jeunes fruits présentent une bourre (enveloppe de la noix) comestible, tendre et parfois sucrée.

Conservation et diffusion

Il existe plusieurs anciennes variétés de ce type : la bourre des jeunes fruits (aux stades dits Ouo et Nia en tahitien) est plus ou moins tendre, plus ou moins sucrée ou plus ou moins juteuse ; les fruits sont plus ou moins gros, avec une proportion de bourre très variable. En Polynésie française, ces variétés ne sont actuellement (2021) conservée dans aucune collection et sont fortement menacées de disparition. Il est souvent difficile de récolter des semences car les jeunes fruits sont mangés par les enfants ou par les rats avant d’atteindre la maturité. Des variétés à bourre tendres collectées localement sont conservées dans les collections nationales d’Inde et du Sri Lanka.

Origine et histoire

On ignore les mécanismes génétiques, physiologiques et biochimiques responsables de la caractéristique 'Kaipoa". Les fibres de la bourre sont plus blanches et plus fines, et moins fortement collées entre elles. Dans la bourre des Kaipoa s'accumulent des sortes de particules blanchâtres et floconneuses. Très probablement c'est un enzyme responsable de la biosynthèse de l'un ou plusieurs des constituants de la bourre qui est génétiquement "déficient". On ignore s'il n'y a qu'un seul enzyme qui peut être touché, ou plusieurs; dans ce dernier cas, on pourrait avoir plusieurs phénotypes de Kaipoa provenant de mutations distinctes. L'une des premières études à mener serait d'analyser quels sucres s'accumulent anormalement dans la bourre, et quelles voies de biosynthèse sont bloquées.

Les Kaipoa sont en forte disparition; lorsque l'on arrive à trouver un arbre, dans la plupart des cas, il ne porte pas de fruit susceptible de servir de semences: les enfants s'approprient tous les fruits pour les manger avant qu'ils deviennent matures. D'un point de vue ethnologique, une enquête réalisée à Moorea en 2006 illustre parfaitement la situation. Entretien avec un cultivateur de Moorea: "Vous connaissez les Kaipoa ? - Oui - vous savez où en trouver? -Non, j'en avais un dans mon champ mais je l'ai coupé - Pourquoi l'avez vous coupé ? - En dix ans de production, je n'ai pas pu récolter un fruit, les enfants des voisins venaient tout me voler." Voici comment le fait qu'une ressource génétique rare soit trop appréciée peut conduire à sa destruction.

Autre scène, cette fois au Cook. Lors d'une mission de prospection des variétés de cocotier avec feu M ; Tiara Mataora, agent de l'agriculture, nous trouvons enfin un Kaipoa vieux de plus de 100 ans, inaccessible aux enfants. Tiara est entrain de manger un fruit et me dit: "je ne veux pas que les gens me voient manger du Kaipoa, parce qu'ils vont penser que je suis un homme pauvre". Parfois certains polynésiens ont du mal à concilier leurs traditions et la modernité.

Comment l’identifier ?

Les cocotiers de type Kaipoa prennent des formes et des tailles très diverses. En Polynésie française, la plus grande diversité de forme et de taille a pour l’instant été observé à Aratika.  Sur cet atoll, la diversité des Kaipoa est si grande qu’il est difficile de la regrouper en différents types. Sur l’ensemble des îles visitées en Polynésie française, on peut proposer un regroupement entre quatre principaux types.

1.      Des Kaipoa aux fruits d’une couleur vert-jaune, d’une forme ovale allongée, plus rarement en poire, à la noix généralement de taille moyenne, et dont la partie mangeable est bien sucrée. On les retrouve dans de nombreux atolls et îles sous le vent.

2.      Des Kaipoa aux fruits d’une forme plus ronde, plus souvent de couleur brune, et présentant une bourre relativement fine et contenant une noix assez grosse, souvent plate à la base. La partie mangeable est souvent tendre mais peu sucrée. L’amande est généralement épaisse. Un exemplaire a été observé à Taha’a, et d’autres dans les atolls des Tuamotus dont Makemo.

3.      Des Kaipoa aux gros fruits, bourre très épaisse et petite noix, de couleur variable (brun, vert clair et vert foncé). Sur les jeune fruits la partie mangeable est importante, de l’ordre de 40 à 50% du poids du fruit sans l’eau libre. Ils ont été observés à Aratika et signalés à Haraiki par M.Thomas Maifano.

4.      Enfin un unique exemplaire de Nain Compact Vert Kaipoa, très productif,  a été observé à Katiu (voir photo) mais l’analyse de ses fruits n’a pu être réalisée.

A noter que sur l’atoll d’Aratika, une très grande diversité de Kaipoa a été observée, si grande que la classification présentée ci-dessus semble insuffisante pour caractériser toute leur diversité. Cette classification semble cependant pertinente pour l’ensemble des îles de Polynésie française dans leur globalité.

Il est aussi possible de classer les Kaipoa selon le degré de tendreté et de sucre de la jeune bourre, et selon l’élasticité de l’épiderme et de la fibre. Les meilleures variétés sont celles dont la bourre est très tendre. Lorsque les fruits sont mûrs et tombés à terre, il est parfois possible d’arracher à main nue la bourre du fruit dont les fibres sont blanches. Pour l’instant, les Kaipoa à la bourre mature la plus facile à retirer ont été identifiés à Faaite, dans la plantation de M. Meo. Dans certaines plantations non baguées, il est facile d’identifier ces cocotiers Kaipoa car les rats adorent leurs fruits : on trouve à la base du cocotier de nombreux petits fruits mangés par ces rongeurs.

Production et rendement

Les cocotiers Kaipoa sont traditionnellement utilisés pour la consommation de la bourre des jeunes fruits, mais en pratique certains servent actuellement à faire du coprah et parfois du lait de coco.

Comme indiqué ci-dessus, les cocotiers Kaipoa sont très divers, et cette variabilité se répercute sur les niveaux de production. Certains arbres observés produisaient plus de 100 fruits par an, et d’autres moins de 20. La taille et la composition des fruits sont aussi très diverses. A Taha’a, les noix pesaient entre 0.7 et 1.2 kg avec une amande de 450g.

A Fakahina, l’amande pesait 285 g, plus lourde que celle de Fangatau et Rangiroa. A Makemo un Kaipoa vert a donné de gros fruits de forme longitudinale arrondie mais à section triangulaire, dont l’amande pesait de 490 à 525g.

Dans les jeunes fruits, la partie comestible de la bourre pèse généralement de 400 à 500g. Si l’on raisonne en quantité globale de bourre comestible, sur une plantation correctement entretenue et ne comprenant que des cocotier Kaipoa, on pourrait espérer récolter au minimum 27 kg par arbre et 3.8 tonnes par an. Une entreprise pourrait développer des conserves de luxe de bourre tendre de Kaipoa, préparées comme des cœurs de palmiers, avec un prix de vente d’au minimum 2 000 F.CFP par kg, soit un chiffre d’affaires de l’ordre de 7.6 millions par hectare.

Références

Un unique exemplaire de Nain Compact Kaipoa, extrêmement productif, a été observé en 2021 sur l’atoll de Katiu. © R. Bourdeix, 2021.



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En Polynésie Française, ces cocotiers sont connus sous les appellations : Kaipoa, Haipoa, Maaro, Tia Iri, Apuru ou Ahuahupuru. Ce sont des variétés les jeunes fruits présentent une bourre (enveloppe de la noix) tendre et parfois comestible et sucrée.
Il existe plusieurs anciennes variétés de ce type : la bourre des jeunes fruits (aux stades Ouo et Nia) est plus ou moins tendre, plus ou moins sucrée ou plus ou moins juteuse. Dans certaines vieilles plantations, il est facile d’identifier ces cocotiers Kaipoa car les rats adorent leur fruits : on trouve à la base du cocotier de nombreux petits fruits mangés par les rats.
Les meilleures variétés sont celles dont la bourre est très tendre ; Plus la bourre est tendre et comestible, meilleure est la variété. Nous avons observé cinq ou six arbres de ce type, dont la bourre était plus ou moins tendre et sucrée, sans pouvoir établir une classification plus précise. Lorsque les fruits sont murs et tombés à terre, il est parfois possible d’arracher à main nue la bourre du fruit dont les fibres sont blanches.

Bourre de coco normale (à gauche) et Kaipoa (à droite)
On ignore les mécanismes génétiques, physiologiques et biochimiques responsables de la caractérique 'Kaipoa". Les fibres de la bourre sont plus blanches et plus fines, et surtout moins fortement reliées entre elles  Dans la bourre des Kaipoa s'accumulent des sortes de particules blanchâtres et floconneuses. Très probablement c'est un enzyme responsable de la biosynthèse de l'un ou plusieurs des constituants de la bourre qui est génétiquement "déficient". On ignore s'il n'y a qu'un seul enzyme qui peut être touché, ou plusieurs; dans ce dernier cas, on pourrait avoir plusieurs phénéotypes de Kaipoa provenant de mutations distinctes. L'une des premières étude à mener serait d'analyser quels sucres s'accumulent anormalement dans la bourre, et quelles voies de biosynthèse sont bloquées.
Les kaipoa sont en très forte dispariton; lorsque l'on arrive à trouver un arbre, dans la plupart des cas, il ne porte pas de fruit susceptible de servir de semences: les enfants s'approprient tous les fruits pour les manger avant qu'ils deviennent matures. D'un point de vue ethnologique, une enquète réalisée à Moorea en 2006 illustre parfaitement la situation. Entretien avec un cultivateur de Moorea: "Vous connaissez les Kaipoa ? - Oui - vous savez ou en trouver? -Non, j'en avais un dans mon champ mais je l'ai coupé- Pourquoi l'avez vous coupé ? - En dix ans de production, je n'ai pas pu récolter un fruit, les enfant des voisins venaient tout me voler." Voici comment le fait qu'une ressource génétique rare soit trop appréciée peut conduire à sa destruction.
En Polynésie Française, pour l'instant deux pistes: un motu d'Aratika sur lequel il y aurait une centaine de Kaipoa et l'ancien village de Anna, pour lequel des informateurs ont indiqué que c'est là qu'il y avait les Kaipoa les plus tendres. A Aratika, des informateurs nous ont raconté qu'il y a des kaipoa que l’on plante juste pour cuire, et d’autre qu’il est interdit de cuire. On dit que si certains fruits sont cuits, ces cocotiers cessent de donner des kaipoa. 
Autre scène, cette fois au Cook. Lors d'une mission de prospection des variétés de cocotier avec Tiara Mataora, agent de l'agriculture, nous trouvons enfin un Kaipoa vieux de plus de 100 ans, innaccessible aux enfants. Tiara est entrain de manger un fruit et me dit: "je ne veux pas que les gens me voient manger du Kaipoa, parce qu'ils vont penser que je suis un homme pauvre". Parfois les polynésiens ont du mal à concilier leur traditions et la modernité.

23. Semi Grand à gros fruits bruns

Par R. Bourdeix, G. Tiapari et J. Buillard, 2019.

En 2019, un unique exemplaire de cette variété a été observé chez M et Mme Ho Tchong Fat (dit Luc et Moea), dans leur plantation située sur la dorsale du plateau de Afaahiti à Tahiti. Cependant des arbres similaires, avec le même tronc épais et les mêmes gros fruits bruns, avaient été observés en 2009 par R. Bourdeix sur la presqu’île de Tahiti, dans des zones atteignables uniquement par voie marine et qui n’ont pu être revisitées en 2019. Un cocotier similaire a aussi été observé sur l'île de Taha’a dans la plantation de M. Roger Eperania. Il semble que cette forme soit une création récente des agriculteurs et jardiniers polynésiens, et qu’elle n’a pas encore reçu de nom local.

Conservation et diffusion

Cette variété ne semble pas menacée de disparition, comme le montre l’exemple de la plantation de Luc et Moea décrite ci-dessous. En revanche, sa nature génétique encore mal connue rend difficile la conception d’une stratégie de conservation à long terme. Il faudrait pouvoir en premier lieu évaluer les descendances plantées par les agriculteurs polynésiens, notamment dans la plantation de Luc et Moea, mais aussi près de la pension Fare Maheata à Moorea.

A noter que la couleur brune de cette variété ne facilite pas sa reproduction fidèle au type. La couleur brune est dominante pour le marqueur "couleur du germe". Ce marqueur, très utile à la sélection en pépinière, ne peut être donc être utilisé efficacement. Il est alors beaucoup plus difficile d'éliminer les hors-types. La descendance d'un cocotier brun peut donner des germes de toutes les couleurs, sans aucune garantie de maintien du type variétal. Il serait donc préférable de rechercher des Semi-Grands de couleur verte ou rouge, qui auraient l’avantage de pouvoir être utilisés comme parents dans des champs semenciers.

Semi-Grand à gros fruits bruns, dans la plantation de Luc et Moea sur la dorsale
 du plateau de Afaahiti à Tahiti.
© R. Bourdeix, 2019


Origine et histoire

La plantation de Luc et Moea était constituée essentiellement d’hybrides Nain Vert Brésil x Grand Rangiroa, avec environ 15 à 25% de Nains Verts Brésil purs. Luc et Moea ont replanté toute leur cocoteraie avec les semences d’un seul arbre de cette variété de semi-Grand, dont ils ignorent le nom traditionnel. En 2019, les jeunes cocotiers plantés en intercalaire étaient âgés d’un à deux ans.

Comment l’identifier ?

Ces arbres ont des caractéristiques de Nain Compact, mais une taille et un développement nettement supérieurs. Les caractéristiques similaires à celles des Nains Compacts sont un bulbe basal important, des folioles larges, des feuilles et inflorescences courtes et compactes. Des observations réalisées hors de Polynésie française semblent indiquer que la croissance du tronc, qui peut atteindre 30 à 50 cm par an lors des dix premières années, se réduit et se stabilise ensuite à environ dix centimètres par an.

La circonférence à 20 cm du sol est de 174 cm, à 150 cm du sol elle est de 102 cm, mais la longueur de 10 entre-nœuds, mesurée à partir de 150 cm du sol, n’est que de 45 cm. Le degré Brix de l’eau de coco est d’environ 4.5% de sucre, alors que les Nains Verts Brésil sur la même plantation sont entre 5 et 5.5 %. L’eau est agréable à boire, avec une acidité agréable et légère. Nous n’avons pas obtenu assez de fruits pour réaliser la photographie de trois noix débourrées, car les propriétaires voulaient utiliser les semences pour replanter.

Production et rendement

Les fruits d’une couleur brune sont gros. Les noix sèches pesaient environ 3.3 kg. Le poids des noix fraiches dépassait 3.6 kg et elles contenaient un peu plus d'un litre d'eau. La production de l’arbre observé à Tahiti été estimé à environ 70 fruits par an, mais les Semi-Grands de la pension Fare Maheata à Moorea, plantés près de la mer et des habitations, produisaient près du double.

Autres informations

Cette forme est peut-être tout simplement un hybride naturel entre deux variétés, par exemple le croisement d’un Nain Compact Vert et d’un Grand, ou celui d’un Nain Compact Vert avec une autre variété de Nain Compact Vert ou Rouge. Dans ce cas, sa descendance en fécondation naturelle sera hétérogène.

Des champs semenciers vont être conçus pour reproduire de façon contrôlée les croisements cités ci-dessus. Les semences produites permettront alors, peut-être, de produire des formes similaires, voire supérieures en rendement, à ce Semi-Grand à gros fruits bruns.




22. Semi Grand à petits fruits verts et ovales

Semi Grand de l'île de Moorea
situé à  (-17.550560, -149.879812)
Par R. Bourdeix et Teddy Oopa, 2019.

Dans un jardin de l'île de Moorea, nous avons observé un type magnifique de cocotier, dont les inflorescences et les fruits rapellent le Nain Vert du Brésil, mais sont le tronc est beaucoup plus large et volumineux. On ignore l’origine de cette variété. Elle se situe dans un fond de vallée ou sont aussi plantés des Nains Verts du Brésil et des hybrides. Il pourrait s’agir de F2 réussies de l’hybride entre le Nain Vert du Brésil et le Grand de Rangiroa (semences prélevées sur des hybrides, qui donne des arbres hétérogènes, certains bons d’autres mauvais producteurs). A Bora Bora, Mme Dominique Pétras possède un arbre à l’aspect similaire qu’elle a obtenue en prenant une semence sur un hybride.Dans un jardin de l'île de Moorea,  



Même variété dans le même jardin
  (-17.550560, -149.879812)
On ne sait pas exactement ce qu'est ce type de cocotier, est-ce une variété, une forme, une descendance d'hybride entrain de se stabiliser comme une nouvelle variété? En tout cas, les arbres sont précoces et magnifiques, et il vaut la peine d'essayer de les reproduire. Pour la conservation, il  faut mieux planter cette variété  dans un dispositif qui offre une certaine isolation reproductive. On choisira seulement les semences dont le germe est vert. Lorsque les cocotiers commenceront à produire, il ne faudra pas hésiter à supprimer 20 à 50% des cocotiers plantés, particulièrement les retardataires et tous les cocotiers qui ne correspondent pas au type. Ainsi on constituera une population qui deviendra peut être, au fil du temps, un variété à part entière...

21. Le Nain Vert du Brésil

Par R. Bourdeix, 25 Novembre 2019

Le Nain Vert du Brésil est une variété emblématique. Ses jeunes noix sucrées sont vendues pour la boisson le long des plages tropicales du Brésil. Dans ce pays, d’immenses plantations gérées de façon intensive alimentent le marché de l’eau de coco, qui s’est développé récemment de façon très importante. 

Conservation et diffusion 

Le Nain Vert du Brésil (BGD) est conservé au Brésil et dans les collections au champs d'au moins huit autres pays. Il est représenté par 17 accessions totalisant plus de 3000 cocotiers. Il a été introduit dans les collections du Bénin, du Ghana, des Philippines, du Sri Lanka, du Vietnam et de la Tanzanie en provenance de Côte d’Ivoire. Des semences ont également été envoyées en Guyane et en Polynésie Française dans les années 1980. Au Fenua, elles ont d’abord été plantées à la Station de Recherches sur le cocotier de Rangiroa puis la variété s’est largement disséminée, notamment à Raiatea, Tahiti et Moorea.
Planche réalisée en 2019
En Polynésie Française

Comment l’identifier ? 

Plus de 45 variétés de Nains Verts sont référencées dans le monde entier. Certains d'entre eux peuvent être facilement distingués du BGD. Les nains verts de Pilipog, Catigan, Tacunan, Sri Lanka et de la Thaïlande présentent toutes des caractéristiques de fruits différente de celle du BGD. 
Cette variété a généralement un tronc mince, d'environ 20-25 cm de diamètre, avec peu ou pas de bulbe basal. Les plus jeunes feuilles au sommet du cocotier sont bien dressées, plus que celles des nains de Malaisie. En raison de son pédoncule court, le régime est bien soutenu par les pétioles des feuilles. Les fruits sont de forme oblongue, avec une couleur verte intense. Le poids moyen des fruits varie de 556 g dans les zones sèche de Tanzanie à 1090 g dans les riches sols volcaniques du Vanuatu. À l'intérieur des fruits, les noix sont presque sphériques et pèsent de 353 à 556 g. 
Ce nain a reçu plusieurs noms dans différents pays. Par exemple, BGD est également connu sous le nom de nain vert de Guinée équatoriale (EGD) en Afrique. Il est difficile de comparer les cocotiers plantés sur différents continents et dans des environnements divers. Le Kit de marqueur moléculaire mis au point par le CIRAD pour le réseau COGENT n’est pour l’instant pas assez précis pour établir une différence précise entre tous les nains verts. Lorsqu’il sera plus discriminant, ce kit contribuera à réduire le nombre de variétés de Nain Vert, certains étant le même matériel génétique conservé sous des noms différents. 

Production et rendement 

BGD commence généralement à fleurir 2 à 3 ans après la plantation. Dans des conditions moyenne, Il produit 50 à 100 fruits par arbre et par an. Au Brésil, cultivé avec irrigation et une forte fertilisation minérale (7kg/arbre/an), sa production peut dépasser 200 fruits à l’hectare, avec environ 400 ml d’eau par fruits. Les rendements les plus élevés ont été obtenus dans des zones très sèches, ou l’ensoleillement est maximum et où il n’existe pas de maladie du cocotier, avec une abondante irrigation. Des chiffres de 350 fruits par arbre et par an ont été atteint pour certaines années, mais la taille des fruits se réduit. A noter que ces rendements élevés sont atteints parce que les noix sont coupées au stade « à boire », donc les cocotiers n’ont pas à terminer la maturation complète de leurs fruits ; il est très probable que si les noix récoltées étaient matures, le rendement ne serait pas aussi élevé. 
L'eau des jeunes noix est sucrée (6 à 6.5% °Brix). Actuellement, plus de 60000 hectares de ce cultivar sont plantés au Brésil et fournissent les grandes compagnies américaines. Certains agriculteurs brésiliens sont devenus très riches en vendant les noix à boire. 

Autres informations 

BGD a été utilisée comme femelle pour la production expérimentale de nombreux hybrides. Cependant, en Côte d’Ivoire, aucun de ces hybrides n’a été diffusé auprès des agriculteurs. Les descendants de BGD étaient plus hétérogènes que ceux obtenus avec d'autres nains, tels que les Nain Jaunes et Rouge de Malaisie. En Afrique, les hybrides atteints de BGD étaient également plus sensibles à la chute des noix causée par des champignons du genre Phytophthora. 
L’hybride entre le Nain Vert Brésil et le Grand de Rangiroa a été recommandé et produit en Polynésie Française. Il semblait bien adapté aux sols coralliens. Cependant la difficulté à séparer les hybrides des nains au stade de la pépinière a causé quelques problèmes. Des croisements de BGD sont également testés au Brésil qui, pour l’instant utilise plutôt des hybrides à base de nains Malais ou de Nain Rouge Cameroun. 

Références 

Pour plus d’information et d’images, voir: 
De Nucé de Lamothe M, Rognon F. 1977. Les cocotiers Nains à Port Bouët. Oléagineux 32: 367- 375. 
Ferreira JMS, DRN Warwick, Siqueira LA. 1994. Cultura do Coqueiro no Brasil. EMBRAPA-SPI, Aracaju, Brésil.
Nain Vert du Brésil photographié à Raiatea. © R. Bourdeix, 2019

Nain Vert du Brésil photographié en bord de route à Raiatea. © R. Bourdeix, 2019





Planche réalisée en 2010
pour le catalogue du réseau COGENT




20. Nain Jaune de Malaisie population Tahiti

Par R. Bourdeix, 2019

En Polynésie Française, cette variété est très rare. Au niveau mondial, c’est la plus répandue et la mieux conservée, car elle sert de témoin génétique de référence dans les collections nationales et internationales. 

Conservation et diffusion

Dans les collections du réseau International COGENT, MYD est conservé par 28 accessions, totalisant plus de 16 000 cocotiers. Au moins quinze pays conservent cette variété en collection : Bénin, Brésil, Côte d’Ivoire, Fidji, Inde, Indonésie, Jamaïque, Mexique, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Tanzanie, Thaïlande, Vanuatu, Vietnam et Malaisie.

Sur l’île de Tahiti à Punaauia, en 2019, un retraité du nom de Tony Tupuaitua commercialisait des plants germés de Nains Jaunes. En cas d’achat, attention de bien choisir les plants ayant le pétiole des jeunes feuilles de couleur jaune : ceux avec des pétioles vert ou bruns sont des hybrides naturels, qui seront plus productifs mais ne reproduiront pas fidèlement la variété parentale.

En 2019, à Tahiti, il existait deux cocotiers âgés et au tronc grêle sur le front de mer de Papeete (-17.540620, -149.571590), qui présentent la canopée typique des Nains Jaunes Malais, avec ses feuilles retombantes et courbes à l’extrémité. Ces deux individus présentent des fruits relativement allongés et qui semblent riches en bourre, mais nous pensons qu’il s’agit d’un effet lié à l’âge et à l’environnement peu favorables. Il s’agit bien de Nains Jaune Malais. En revanche, près de la plage Vaiava, il existe deux cocotiers ressemblant à des Nains Jaunes Malais excepté que la forme de leurs jeunes feuilles est droite et non courbée, ce qui pourrait indiquer qu’il s’agit d’une autre variété de Nain Jaune.

A Raiatea, nous avons identifié trois cocotiers Nain Jaune Malais planté en alternance avec des Nains Verts du Brésil dans un jardin qui aurait appartenu à un agent de l'agriculture, M. William Brillant, maintenant décédé. Il y a aussi un Nain Jaune Malaisie devant le bâtiment de la Subdivision Administrative des Iles sous le Vent à Uturoa.

Le nain Jaune de Malaisie est moins pratique à utiliser que le Nain Rouge pour l’utilisation dans les nouveaux champs semenciers. Nous conseillons cependant de multiplier la variété en en plantant une cinquantaine dans une collection et autant selon le système de collection délocalisée à base communautaire.


Ci dessous la planche descriptive réalisée en Polynésie Française en Novembre 2019.


Conservation et diffusion

Dans les collections du réseau International COGENT, le Nain Jaune Malaisie (MYD) est conservé par 28 accessions, totalisant plus de 16 000 cocotiers. Au moins quinze pays conservent cette variété en collection : Bénin, Brésil, Côte d’Ivoire, Fidji, Inde, Indonésie, Jamaïque, Mexique, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Tanzanie, Thaïlande, Vanuatu, Vietnam et Malaisie.
Sur l’île de Tahiti à Punaauia en 2019, un retraité du nom de Tony Tupuaitua (téléphone 40 45 49 54) commercialise des plants germés de Nains Jaunes à 1000 FP l’unité. En cas d’achat, attention de bien choisir les plants ayant le pétiole des jeunes feuilles de couleur jaune : ceux avec des pétioles vert ou bruns sont des hybrides naturels, qui seront plus productifs mais ne reproduiront pas fidèlement la variété parentale.
En 2019, à Tahiti, il existait deux cocotiers âgés et au tronc grêle sur le front de mer de Papeete (-17.540620, -149.571590), qui présentent la canopée typique des Nains Jaunes Malais, avec ses feuilles retombantes et courbes à l’extrémité. Ces deux individus présentent des fruits relativement allongés et qui semblent riches en bourre, mais nous pensons qu’il s’agit d’un effet lié à l’Age et à l’environnement peu favorables. Il s’agit bien de Nains Jaune Malais. En revanche, près de la plage Vaiava (-17.664280, -149.595443), il existe deux cocotiers ressemblant à des Nains Jaunes Malais sauf que la forme de leurs jeunes feuilles est droite et non courbée, ce qui pourrait indiquer qu’il s’agit d’une autre variété de Nain Jaune.
A Raiatea, nous avons identifié trois cocotiers Nain Jaune Malais planté en alternance avec des Nains Verts du Brésil dans un jardin (-16.795428, -151.491927) qui aurait appartenu à un agent de l'agriculture, M. William Brillant, maintenant décédé . Il y a aussi un Nain Jaune Malaisie devant le bâtiment de la Subdivision Administrative des Iles sous le Vent à Uturoa (-16.727452, -151.446227).

Comment l’identifier ? 

Un jaune tirant parfois légèrement sur le vert, correspond à la couleur des pousses, des pétioles, de l'inflorescence et des fruits immatures. Lorsque les fruits sont jeunes (6 à 9 mois), leur couleur est souvent jaune pâle avec des reflets verts. De nombreux autres nains jaunes ressemblent à cette variété, au Sri Lanka, le Nias en Indonésie, le Chowgat en Inde, le Pemba en Tanzanie et bien d'autres. Le Nain Jaune de Samoa produit des fruits de couleur jaune plus pâle et a été observé comme plus tolérant aux vents cycloniques dans la collection nationale du Vanuatu. 
Parmi tous ces nains jaunes, c’est surtout la forme des jeunes feuilles qui permet de distinguer le Nain Jaune Malais. Les feuilles les plus jeunes, en haut du cocotier, ne sont pas droites mais courbées. La canopée supérieure ressemble à des cheveux en désordre. Ces deux caractéristiques sont beaucoup plus net chez MYD que chez son cousin le Nain Rouge Malais. En raison de son pédoncule court, le régime est bien soutenu par les pétioles des feuilles et apparaît comme collé au tronc. 
Les techniques moléculaires (RFLP) ont confirmé que les Nains Jaunes de Malaisie et du Ghana sont identiques. En revanche, tous les cocotiers appelés « Nains Jaunes Malais » du monde pourrait ne pas être exactement du même génotype. En Polynésie Française, il a des indications, notamment la forme des jeunes feuilles, que plusieurs types de Nains Jaunes à troncs fins pourraient exister. Ceci demande à être confirmé par des études supplémentaires. Quoiqu'il en soit, les différents arbres décrits devraient être collectés pour conservation et observation dans une collection ex situ. Qu’il existe une ou plusieurs populations distinctes, toutes seraient intéressantes pour tester de nouvelles combinaisons hybrides. 

M. Tony Tupuaitua, qui collecta cette variété de Nain Jaune à Arue à l’âge de 19 ans,
et qui en 2019, à plus de 80 ans, continuait à la conserver et à la vendre.
© R. Bourdeix, 2019

Origine et histoire 

Selon Gangolly et al. (1957), ces cocotiers auraient été introduits en Malaisie entre 1890 et 1900 par des planteurs d'un lieu appelé Kryon ou Krion, qui se trouverait en Indonésie. La variété n’a pas été introduite officiellement en Polynésie Française. Elle peut provenir de nombreux autres pays du Pacifique comme Samoa ou Fiji, ou elle est courante. 

Production et rendement 

MYD produit généralement des fruits de taille moyenne, oblongs, pesant de 700 à 800 g. Le poids du fruit est très variable, sa moyenne variant de 370 g (en Inde) à 1752 g (au Vanuatu) en fonction de facteurs environnementaux. À l'intérieur des fruits, les noix sont presque sphériques et pèsent généralement entre 350 et 450 g. 

Dans des conditions moyennement bonnes, le Nain Jaune de Malaisie commence à fleurir deux ans après la plantation et peut produire 80 à 100 fruits par an et par palmier (avec une densité de plantation de 205 palmiers par ha et sans irrigation). Au Brésil, en culture intensive avec irrigation et une importante fumure minérale, il peut produire jusqu’à 200 fruits par arbre et par an. L'eau des jeunes noix est douce et savoureuse, mais pas aussi sucrée que certains nains verts. L’amande est assez fine et donne un coprah caoutchouteux, avec une teneur en huile d’environ 69%. MYD est sensible aux conditions environnementales défavorables et à la sécheresse, et produit souvent de façon alternative, une bonne année était suivie d’une mauvaise. 

Autres informations 

Le Nain Jaune Malais a longtemps été tolérant à la maladie du jaunissement mortel en Jamaïque, jusqu’à ce que le pathogène évolue. Il est sensible aux maladies voisines existant en Tanzanie et au Ghana. Le réseau international COGENT recommande systématiquement son utilisation comme témoin génétique pour les expérimentations et les collections de nain. MYD est également assez souvent choisi pour développer de nouvelles technologies telles que la culture in vitro d'embryons zygotiques. Il est parent de plusieurs hybrides mondialement utilisés. On peut notamment citer l’hybride PB121, créé en Côte d’Ivoire, et l’hybride Maypan de Jamaïque. Tous les autres types de cocotiers nains sont évalués en comparaison avec le Nain Jaune de Malaisie. Il serait donc fort dommageable de laisser cette variété disparaître en Polynésie Française. En effet, lorsque les activités de recherches en amélioration du cocotier reprendront en Polynésie Française, cette variété permettra de relier ce qui se fait au Fenua avec les recherches menées dans le reste du monde. 
Pour la conservation de cette variété, il est suggéré de commencer par planter en isolation une cinquantaine de cocotiers Nains Jaunes en mélange avec autant de cocotiers d’une variété verte de cocotier (Nain Compact ou Grand). Les semences prélevées sur le nain seront des nains si leur germe est jaune, et des hybrides si le germe est vert. Les semences prélevées sur la variété verte et germant verts seront soit cette variété, soit des hybrides ; si ces semences ne germent pas vert, il vaut mieux ne pas les planter, il s’agit d’illégitimes. si ces semences ne germent pas vert, il vaut mieux ne pas les planter, il s’agit d’illégitimes. Une autre solution est de disséminer une trentaine de Nains Jaunes Malais dans des lieux et parcs publics. Les cocotiers grandissent de 20 à 30 cm par an pendant les vingt premières années, puis cette croissance

Références 

Gangolly SR, Satyabalan K, Pandalai KM. 1957. Varieties of the coconut. Indian Coconut Journal 10:3-28.
De Nucé de Lamothe M, Rognon F. 1977. Les cocotiers nains à Port Bouët (Côte d’Ivoire). I. Nain Jaune Ghana, Nain Rouge Malaisie, Nain Vert Guinée Equatoriale et Nain Rouge Cameroun. Oléagineux 32:367- 375.

19. Nain Rouge de Malaisie

Par R. Bourdeix, 25 Novembre 2019

Très répandue au niveau mondial, cette variété est rare en Polynésie Française. En 2019, seulement deux arbres adultes à Tahiti et quatre à Moorea ont pu être observés. Sa conservation vient cependant d’être sécurisée par la Direction de l’Agriculture, qui en 2015 a a récupéré environ 200 semences des arbres situés à Moorea (-17.532373, -149.773018) pour les planter en haut du champ semencier de Raiatea.

Conservation et diffusion

Le Nain Rouge de Malaisie (MRD) est conservé dans les centres de ressources génétiques d'au moins 17 pays par 32 accessions, pour un total de plus de 7 000 palmiers. Dans de nombreuses îles de la région du Pacifique, ce nain rouge est plus fréquemment planté que son cousin jaune.

Pour la conservation de cette variété en Polynésie Française, il est suggéré de planter en isolation deux ou trois dispositifs comprenant une trentaine de Nains rouges Malais, autant de Nains Compacts Rouges (populations Maria ou Bora Bora), et une quarantaine d’une bonne variété de cocotiers Verts (Nains Compacts, ou Grand à bourre fine et amande épaisse). Les semences prélevées sur les nains rouges seront presque toujours des nains si leur   germe est rouge, et des hybrides si le germe est brun ou brun vert. Les semences prélevées sur la variété verte et germant verts seront cette même variété ; si ces semences germent brun ou brun vert, il s’agit d’hybrides : la mère est la variété verte et le père l’un des deux Nains Rouges. Une autre solution est de disséminer une trentaine de Nains Rouges Malais dans des lieux publics ou communautaires. Les cocotiers grandissent de 20 à 30 cm par an pendant les vingt premières années, puis cette croissance se réduit sans cesser.

Comment l’identifier ?

La couleur des germes, des pétioles des des feuilles, de l'inflorescence et des fruits immatures n'est pas vraiment rouge mais plutôt d’une sorte d'orange vif. Le MRD a généralement un tronc mince, d'environ 22 à 25 cm de diamètre, sans bulbe basal. Lorsque les conditions de croissance sont idéales, il peut avoir un petit bulbe (35 à 40 cm de diamètre). Ceci est visible sur la photo ovale, qui montre un palmier MRD planté sur le sol volcanique des îles Vanuatu. La canopée supérieure apparaît un peu comme des cheveux en désordre, mais ceci est beaucoup moins net que chez son cousin le Nain Jaune Malais. En raison de leur pédoncule court, les régimes du MRD sont bien soutenus par les pétioles des feuilles. Le système reproductif a été décrit comme une autogamie directe (autofécondation). Plus de 30 types de nains rouges sont référencés dans le monde entier. Certains ressemblent beaucoup au type malais: les nains rouges du Sri Lanka, les Chowgat en Inde, les Nias en Indonésie, les Chumphon en Thaïlande et même à Cuba. Les techniques d'analyse moléculaire aideront à déterminer si ces naines rouges sont identiques ou non. Certains autres nains rouges peuvent être facilement distingués du type malais. Le Nain Rouge du Cameroun porte des fruits en forme de poire de couleur orange plus pâle. Certains nains rouges de la région du Pacifique produisent des grappes avec un long pédoncule et de nombreux fruits plus petits ayant une couleur rouge-orange plus intense (comme le nain rouge de Tahiti). Les fruits d'autres nains rouges, tels que ceux de Papouasie Nouvelle Guinée, se terminent par un mamelon pointu.
Le Nain Rouge de Malaisie a fait l'objet d'une description scientifique publiée en Français dans notre livre "Cocotier, guide des variétés traditionelles et améliorées" et en Anglais dans le Catalogue mondial des variétés de cocotier.


Planche réalisée en 2019
pour la Polynésie Française

Origine et histoire

L'idée qui prévaut est que les cocotiers nains existant en Malaisie - de formes rouge, verte et jaune - ont été introduits entre 1890 et 1900 depuis l’Indonésie. Ils ont ensuite été largement disséminé, y compris dans un grand nombre d’île du Pacifique, et en particulier à Fidji, ou il est présent depuis au moins 1920. En Polynésie Française il aurait été introduit lors de la création de la station de recherches sur le cocotier de Rangiroa.

Production et rendement

Le nain rouge de Malaisie produit des fruits de taille moyenne et oblongs qui sont généralement un peu plus gros que ceux du nain jaune de Malaisie. Le poids moyen des fruits varie de 668 g (au Brésil) à 1080 g (au Vanuatu). À l'intérieur des fruits, les noix sont presque sphériques et pèsent de 443 g à 755 g. Dans des conditions moyennes, le MRD commence à fleurir 2 à 3 ans après la plantation sur le terrain et peut produire 70 à 90 fruits par palmier par an (sans irrigation). MRD est principalement un palmier d'ornement qui est planté dans des jardins. L'eau des jeunes noix est sucrée et savoureuse, mais pas aussi sucrée que celle de certains nains verts. L’amande est assez fine et donne du coprah caoutchouteux. Le MRD est sensible à la sécheresse et peut être soumis à des roulements alternés.

Autres informations

Le MRD est utilisé comme parent de nombreux hybrides de cocotiers, qui ont en général des noix un peu plus grosses que les hybrides similaires réalisés avec le Nain Jaune Malais, et sont plus résistants au phytophthora que les hybrides similaires réalisés avec le Nain Vert du Brésil. Les croisements avec les Grand Rennell (RIT) et Tagnanan (TAGT) sont parmi les hybrides les plus productifs au monde et ont été largement diffusés auprès des agriculteurs de très nombreux pays. Le Nain Rouge Malaisie constitue donc un matériel précieux dans le cadre d’un programme d’amélioration génétique ou de production de semences.

Références

Pour plus d’information et d’images, voir:

De Nucé de Lamothe M, Rognon F. 1977. Les cocotiers nains à Port Bouët (Côte d’Ivoire). I. Nain Jaune Ghana, Nain Rouge Malaisie, Nain Vert Guinée Equatoriale et Nain Rouge Cameroun. Oléagineux 32:367- 375. Oléagineux 32:367- 375.
Romney DH. 1980. Agronomic performance of “Malayan Dwarf» coconut in Jamaica. Oléagineux 35:551-554.
Nain Rouge de Malaisie
décrit à partir de la collection de Côte d'Ivoire
 (Afrique de l'Ouest)

18. Haari Papua Rouge à fruits ovales

Par R. Bourdeix et P. Atail, 2014.

Cette variété est répandue dans la plupart des îles tropicales du Pacifique. En revanche, elle est peu représentée dans les collections du réseau COGENT. Selon la base de données de 2002 sur les ressources génétiques de la noix de coco, une seule accession de cette variété, introduite de Rangiroa dans les années 1970, est conservée dans la collection internationale de Côte d’Ivoire en Afrique. Dans cette collection, les Ha’ari Papua produisent des fruits de forme ovale.

Conservation et diffusion

Ce nain est planté dans les jardins, où il joue un rôle essentiellement décoratif. Les petites noix sont parfois bues, mais c’est assez rare. Cette variété très répandue n’est pas menacée d’extinction. Les fruits sont trop petits et les pédoncules des régimes sont trop fins et longs pour l’utiliser comme parent d’hybride : si les régimes sont trop chargés, le pédoncule risque de se rompre et de provoquer un avortement massif.

Origine et histoire

Ce nain a été nommé « Nain Rouge Tahiti » (en Anglais le nom international officiel est Tahitian Red Dwarf). Pourtant les tahitiens eux-mêmes l’appellent Ha’ari Papua, ce qui signifie cocotier de Papouasie. La Papouasie-Nouvelle-Guinée se situe à près de 6 000 km de Tahiti, de l’autre côté de l’océan Pacifique. Pendant plusieurs siècles, des marins polynésiens ou mélanésiens ont traversé l'océan Pacifique en emportant des variétés de plantes.

Comment l’identifier ?

Si vous rencontrez des cocotiers à petit fruits, feuilles retombantes en haut de la couronne, et dont les régimes semblent éloignés du tronc à cause de long pédoncule, il s’agit très probablement d’une forme de Ha’ari Papua. A noter qu’aux îles Cook et en Papouasie, certaines variétés, bien que présentant toutes les caractéristiques de fruits et de feuilles des cocotiers dits « Ha’ari Papua » à Tahiti, ne sont pas des nains. Leur croissance est similaire à celle d’un Grand ou d’un Semi-Grand.

Les jeunes fruits présentent une couleur rose/mauve à l’intérieur de la bourre. Cette couleur est plus soutenue du coté du pédoncule du fruit. Elle se retrouve aussi sur le tout jeune germe qui émerge du fruit (voir l’illustration au dessus de la photographie de douze fruits), ainsi que sur et dans les pointes racinaires produite par la semence. Donc si vous souhaitez un Vrai Ha’ari Papua Rouge, il faut sélectionner une semence dont le jeune germe est rose puis devient rouge-orangé (et surtout pas brun), et dont les pointes racinaires contiennent au centre un filet rose. Avec ces deux critères de sélection, le taux de réussite est de 100% !

En Polynésie française, il existe une variabilité importante de la taille des fruits (photo ovale). De plus, il existe au moins deux teintes différentes de « rouge », en fait un orange (comme sur la photo ovale) et un rouge orangé plus soutenu. On ne sait pas vraiment si cette variation de couleur est de nature génétique ou liée à la composition du sol et au climat. Le « Nain Rouge Tahiti » qui a été introduit dans la collection internationale de Côte d’Ivoire représentait seulement une petite fraction de la diversité existante en Polynésie française ; c’est ce qui nous a conduit à définir deux types de Ha’ari Papua Rouge, l’un à fruits plutôt ovale, et l’autre à fruits pointus ou en poire. Par ailleurs, un unique Ha’ari Papua produisant de gros fruits de couleur abricot a été observé pour la première fois en 2021 sur l’atoll de Kauehi.

Production et rendement

Ce cocotier de jardin, servant presque uniquement à la décoration, symbolise l’abondance grâce à ses feuilles aux reflets dorés et, parfois, ses énormes régimes orange de tout petits fruits. En Côte d’Ivoire, la production de cette variété est restée faible, de l’ordre de 60 fruits par cocotier et par an, soit 30 fruits de moins que le témoin Nain Jaune de Malaisie. Cependant le lieu de plantation était un mauvais terrain épuisé par la culture du manioc. Dans les jardins de Polynésie, on observe fréquemment des arbres avec plus de cinquante fruits dans chaque régime ! À l'intérieur du fruit, la noix est ronde, parfois pointue à l'extrémité distale si le cocotier a souffert de la sécheresse. Les noix mûres contiennent peu d'eau. En Côte d’Ivoire, une noix mûre pesait en moyenne 200 g avec 70 g d’amande et seulement 7 ml d’eau, en moyenne 6-7 ans. L’amande est riche en huile ; mais elle est si petite que personne n’en extrait l’huile.

Il y a un usage pour lequel il serait intéressant de tester cette variété : l’extraction de toddy, la sève du cocotier, par incision des inflorescences. En effet, les opérations sont plus faciles sur les cocotiers qui ont de longues inflorescences, que l’on a besoin de pencher progressivement avant de les inciser.

Références

Pour plus d’information et d’images, consulter le site web :           
https://cocotierpolynesie.blogspot.com/2019/10/aaa-18-haari-papua-rouges-fruits-ovales.html

N’Cho Y.P., Le Saint J.P., Sangare A. (1988). Les cocotiers Nains à Port Bouët (Côte d’Ivoire). III. Nain Brun Nouvelle-Guinée, Nain Vert Thaïlande, Nain Rouge Polynésie. Oléagineux 43:55-66.

Ha’ari Papua Rouge à fruits ovales © R. Bourdeix, 2006




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Ha'ari Papua à fruits ovales
Un cocotier aux fruits plus gros que la moyenne de la variété
sur l'île de Tahiti (-17.548612, -149.336907)

Voici la planche réalisée en 2019.





Planche du livre "Guide des variétés..."
En Côte d'ivoire, ce Nain est le plus petit de tous les cocotiers. Huit ans après la plantation, son tronc ne dépasse pas un mètre de hauteur en moyenne. Ensuite sa croissance reste inférieure même à celle du Nain Vert du Brésil. Ses feuilles souples aux folioles longues lui donnent une silhouette particulière, qui permet de distinguer cette variété des Nains malais.
Comme chez le Nain Jaune de Malaisie, les fleurs mâles et femelles de l’inflorescence sont à maturité au même moment. L’autofécondation est donc de règle.
Les régimes sont des grappes de petits fruits suspendus au bout d’un long pédoncule. Encore jeunes, ces fruits ovales revêtent une couleur rouge orangée soutenue. A complète maturité, ils présentent un téton petit mais bien dessiné. A l’intérieur du fruit la noix est ronde ; elle devient parfois pointue dans sa partie distale si l’arbre souffre de sécheresse. La noix est pauvre en eau à maturité. En Côte d’Ivoire, pour un fruit mature d’un poids moyen de 200 grammes, on observe 70 grammes d’amande et seulement 7 grammes d’eau en moyenne sur des cocotiers âgés de 6 à 7 ans. Cette amande est par contre riche en huile. La germination des semences, plutôt lente pour un Nain, n’atteint pas un taux élevé.
En Côte d’Ivoire, le Nain Rouge de Tahiti débute sa floraison quatre ans et quatre mois après la plantation, soit plus de deux ans après le Nain Jaune de Malaisie ; il produit une soixantaine de fruits par arbre et par an, soit trente fruits de moins que le Nain Jaune.
En Polynésie, ce Nain sert essentiellement à la décoration des jardins. Sur des sols volcaniques bien arrosés, certains cocotiers portent parfois plusieurs centaines de petits fruits, laissés longtemps sur l’arbre, et finalement assez peu consommés. La fonction du Nain Rouge de Tahiti se rapproche peut être de celle des cocotiers dit « wedding» (littéralement cocotier de noces) des îles Tuvalu. Lorsqu’il y a trop d’invités et pas assez de grosses bonnes noix de coco à boire, on distrait les invités en leur offrant ces jolis petits fruits disponibles en grand nombre.
Du fait de sa floraison tardive et de sa production faible, le Nain Rouge de Tahiti a peu été utilisé dans les programmes de création variétale. En Côte d’Ivoire, il a cependant été hybridé en 1993 avec quatre autres variétés.

Identification
Le Nain Rouge de Tahiti se distingue facilement des autres types de Nains Rouges. Sa couleur est plus intense que celle des Nains de Malaisie et du Cameroun.
De plus, c’est à notre connaissance le seul cocotier aux noix rouges dont les fleurs, les jeunes fruits et l’extrémité des racines possèdent une coloration rose interne des tissus, à l'exception du nain rouge compact qui vient d'être décrit en Polynésie (article sur ce site).
En Papouasie-Nouvelle-Guinée et au Vanuatu, on rencontre plusieurs Nains tout aussi rouges que celui de Tahiti. Ils s’en distinguent cependant par leurs fruits pointus, qui possèdent un téton très proéminent, ou par l’absence de couleur rose interne des tissus.