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2010/10/30

Les cocotiers Spicata Takaveatika, fruits se détachant aisément du régime

Les botanistes et scientifiques se sont particulièrement intéressés à cette forme particulière de cocotier du fait de ses inflorescences, qui sont différentes de celles des cocotiers normaux. Ces inforescences n’ont pratiquement pas d’épillets (ramifications de l'inflorescences). Les fleurs femelles, gros globules de deux à trois centimètres de diamêtre, ne sont pas situées sur les épillets, comme chez les cocotiers ordinaires, mais plutôt directement sur l'axe de l'inflorescence. A l'ouverture cette dernière présente une forme de longue massue très caractéristique.
Du fait de l'abscence presque totale d'épillets, ces inflorescences présentent un nombre de fleurs mâles très inférieur à celle d'une inflorescence ordinaire de cocotier. En revanche, ces fleurs mâles existe bien. Certaines d'entre elles, axilaires aux fleurs femelles, sont coincées entre les nombreuses fleurs femelles et innaccessibles. Certains scientifiques ont pensé que cette variété pourrait être intéressante dans le cadre de la production de semences pour laquelle il faut réaliser des émasculations. Ils tablaient sur le faible nombre de fleurs mâles et pensait que les opérations d'émasculation seraient facilitées. En fait, comme certaines fleurs males sont cachées entre les fleurs femelles souvent serrées, il est pratiquement impossible de réaliser l'émasculation sans détruire aussi une grande quantité de fleur femelles.
Les populations locales se sont aussi intéressées aux variétés spicata, mais pour une raison plus pratique.
Nous avons pu voir un de ces cocotiers à Riaatea, lors de notre mission 2006 avec Taraina Pinson, qui était à l'époque la responsable du cocotier au Service du Développement Rural de Polynésie Française. Nous en avons aussi observé trois à l'entrée du village de Fakarava dans les Tuamotu.

Un planteur du district de Hitia aurait planté plus de deux cent cocotiers de ce type dans les années 1950. Nous avons tenté, pour l'instant sans succès, de retrouver la famille de ce planteur et sa plantation. Personne jusqu'à présent n'a pu nous renseigner.

2010/10/26

Une visite à Rangiroa, ou les traditions oubliées...

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2010/10/22

Des îles nées d'un cocotier...

Durant l’année 2009, l’Ifrecor (Initiative française pour les récifs coralliens) et le Criobe (Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement) ont financé une mission scientifique sur l’atoll de Fakarava, archipel des Tuamotu, en Polynésie Française. L’objectif de cette mission était de réaliser un inventaire des variétés de cocotiers et d’évaluer les potentialités de conservation des variétés traditionelles sur les nombreux petit motu (îles coraliennes) de l’atoll.
A l’époque, M. Tshonfo Ayee Cyrille dit Tehira était le président de l’Association de la réserve de biosphère de la commune de Fakarava,. Il  nous a accueilli avec une grande hospitalité et nous a fourni un grand nombre de renseignements précieux. Il nous a aussi emmené en bateau visiter les motu.
Tehira indique que, pour les polynésiens, un motu se définit comme une petite île sur laquelle pousse de la végétation. Un rocher ou un banc de sable sans végétation ne sont pas des motu.
Selon Tehira, dans la plupart des cas, « c'est le cocotier qui crée le motu ». Tehira dit ainsi avoir vu, au cours des années, certains bancs de sables se transformer en petit motu.
Les photographies illustrent les différents stades de ce processus. Des noix de coco apportées par la mer germent sur un banc de sable qui n’est pas encore stabilisé. Ensuite des oiseaux viennent se poser sur les cocotiers. Sur leurs plumes ou dans leurs fientes, ces oiseaux transportent des graines qui se déposent sur le banc de sable autour du cocotier. Les fientes des oiseaux enrichissent la terre.
Dans la plupart des cas, un seul cocotier réussit à survivre jusqu'à l'âge adulte. Petit à petit, de la végétation se développe au pied d’un cocotier. Les racines du cocotier et des autres plantes contribuent à fixer et à maintenir le banc de sable.
Nous avons observé un petit motu qui ne comportait q'un seul cocotier adulte.

2010/10/20

Méthode de prélèvement foliaire pour les analyses ADN

Comment prélever des échantillons de feuilles pour réaliser des analyses ADN dans le cas du cocotier ?








Les deux images suivantes expliquent la méthode simple et réalisable par un non spécialiste






Cliquez sur les images pour les agrandir

2010/10/13

Les cocotiers à grosses noix en forme de poire ou d'avocat

Les cocotiers à gros fruits en forme de poire ou d’avocat dont dénommés Aua. La bourre est fine, la noix est en forme de cône et présente une base large et plate, qui permettait dans l’ancien temps de faire avec les coques des récipients au fond bien plat qui tenaient sur le sol sans se renverser. Les gros fruits se terminent souvent par une sorte de téton bien marqué. Ce type de cocotier a été signalé à Moorea, mais il ne nous a pas été possible de le retrouver pour l'instant.
Ces cocotiers sont mieux connus dans d'autres îles polynésiennes et en particulier l’île Rennell au Solomon et l’île Rotuma au Fidji.

Les cocotiers à l'amande tendre et gélatineuse

Ces cocotiers dont l’amande est molle et remplit presque toute la cavité de la noix ont été décrit en Polynésie sous l'apellation  Pia (Millaud, 1954). Il a été signalé récemment au Tuamotu par Jean Kape: il existerait des "Coins à Pia" qui jouent ou jouaient le rôle de conservatoire traditionel pour la variété. Pour l'instant, nous n'avons pas pu obtenir de localisation précise de ces sites..
Ce type de cocotier est connu en Asie, notamment aux Philippines sous le nom de Makapuno ou Macapuno et en Thailande où une célèbre île a été plantée exclusivement de cette variété. En Indonésie il es appelé Kopyor.
En Asie, ces noix particulières sont extrèmement appréciées comme dessert et friandise. Elles se  vendent  plus de cinq à dix fois fois le prix d’une noix de coco normale.
Dans un régime de coco, seule une partie des fruits est « Pia ». Pour replanter ce type de cocotier, il faut prendre comme semences les noix qui ne sont pas « Pia », car les noix « Pia » ne germent pas.

Nain Vert du Brésil

Ce nain a été introduit en Polynésie Française dans les années 1980 à partir de la Station Marc Delorme de Côte d'Ivoire, en Afrique de l'Ouest. Cette introduction a été réalisée par l'IRHO, l'un des instituts qui ont fusionné pour créer l'actuel Cirad, le Centre International de Recherches Agronomique pour le Développement.

Le Nain Vert du Brésil est une variété de légende. Son nom évoque les échoppes de Copacabana et des autres plages tropicales, où ses noix délicieusement sucrées sont vendues pour la boisson. L’eau des jeunes fruits est très agréable à boire. Il existe au Brésil des plantations irriguées de ce nain, qui couvrent plusieurs milliers d’hectares et qui sont destinées à la production de noix de boisson. Ces plantations sont parmi les plus rentables qui existent dans le monde. La production y serait de l’ordre de 150 fruits par arbre et par an. Dans de bonnes conditions, ce Nain commence à produire trois ans après plantation. Il produit 50 à 100 fruits par arbre et par an dans des conditions moyennes.

Retracer l'histoire des nains verts à travers le monde est un véritable parcours du combattant. Le nain actuellement conservé en Côte d’Ivoire a été collecté dans les années 1960 en Guinée Equatoriale, pays africain.. Mais ce nain a été introduit en Afrique à partir de la ville de Recife, au Brésil, par l'agronome Don Osman Silveira, en Juin 1950. Selon Romney et Dias (1979) ce même nain aurait été introduit au Brésil dans les années 1920 à partir du jardin botanique de Bogor, en Indonésie. De récentes études de biologie moléculaire indiquent que le Nain Vert du Brésil serait originaire… des Philippines !.

Ce cocotier se féconde préférentiellement  lui-même: le mode de reproduction est l'autogamie indirecte. La floraison femelle, assez courte, est couverte en partie par la floraison mâle de la même inflorescence puis par celle de l'inflorescence suivante. Les fruits sont de forme oblongue, d'une couleur verte soutenue, et pèsent entre 600 et 950 grammes à maturité. A l'intérieur, la noix presque ronde pèse de 420 à 600 grammes.
La croissance en hauteur est faible, même pour un nain, ce qui facilite la récolte des noix de boisson. Cette croissance est cependant très influencée par les conditions de milieu. Ainsi la taille à 8 ans varie de 77 cm à 140 cm selon les parcelles.

Dans le domaine de la recherche, le Nain Vert du Brésil a été croisé avec de nombreux parents nains et grands. En Côte d’Ivoire, aucun de ses hybrides n’a été diffusé. Les descendances obtenues étaient beaucoup plus hétérogènes que celles provenant d'autres nains,k comme ceux originaires du Malaisie et du du Cameroun. En outre, ce nain transmet à sa descendance une sensibilité à la maladie causée par le champignon Phytophthora katsurae.

L’hybride entre ce nain et le Grand Polynésie de Rangiroa est diffusé en Polynésie Française, et recommandé en particulier sur les sols des îles coralliennes. Sur les îles hautes, d'autres hybrides devraient lui être préféré en raison de sa sensibilité aux attaques du Phytophthora.

Nain Rouge de Malaisie

En Polynésie Française, le Nain Rouge Malaisie est une variété extrèmement rare. Pour l'instant, trois cocotiers seulement ont été identifiés. L'un se trouve à Mahina, Tahiti, dans un jardin proche d'une station service désaffectée. Les deux autres sont à Moorea, le long de la route coté montagne. Ce nain a été introduit en Polynésie Française dans les années 1980 à partir de la Station Marc Delorme de Côte d'Ivoire, en Afrique de l'Ouest. Cette introduction a été réalisée par l'IRHO, l'un des instituts qui ont fusionné pour créer l'actuel Cirad, le Centre International de Recherches Agronomique pour le Développement.
La collection de cocotier de Rangiroa ayant été délaissée et détruite, il subsiste probablement en Polynésie Française moins d'une dizaine de cocotiers de cette variété.
Nain Rouge de Malaisie
Pourtant le Nain Rouge de Malaisie est l’une des variétés de cocotier nain les plus répandue dans le monde. Dans certains archipels du Pacifique, par exemple à Fidji, à Samoa, à Tonga, en Nouvelle Calédonie, il est bien plus répandu que son cousin Nain Jaune. On l'utilise beaucoup comme parent pour la production d'hybrides Nain x Grand.
Le Nain Rouge de Malaisie a fait l'objet d'une description scientifique publiée en Français dans notre livre "Cocotier, guide des variétés traditionelles et améliorées" et en Anglais dans le catalogue mondial des variétés de cocotier.
Les services de l'Agriculture semblent pour l'instant peu intéressés à sauvegarder cette variété, Il est heureux que certains planteurs privés, conseillés par nos soins, aient pris récemment l'initiative de multiplier cette variété à des fins de conservation, de production de semences et de noix à boire. Nous recherchons d'ailleurs d'autres planteurs privés ou collectionneurs intéressé à participer à cette opération de sauvegarde.
Dans de bonnes conditions, ce Nain commence à produire trois ans après la plantation. Il peut produire 70 à 100 fruits par arbre et par an (à la densité de 210 arbres à l’hectare et sans irrigation). L’eau des jeunes fruits est très agréable à boire mais pas aussi sucrée que celle d’autres nains comme le Nain Vert du Brésil. L’amande est fine et donne un coprah caoutchouteux, plus difficile à sécher que celui du Nain Jaune de Malaisie.
Les fruits du Nain Rouge Malaisie sont plus gros que ceux de son cousin Nain Jaune. De forme oblongue, leur poids varie généralement de 740 à 980 grammes. A l’intérieur, la noix presque ronde pèse 500 à 600 grammes. Ces chiffres correspondent aux conditions de culture du littoral de Côte d’Ivoire. Mais dans le Pacifique, sur des terres volcaniques fertiles et bien arrosées, les poids du fruit et de la noix atteignent respectivement 1080 et 760 g en moyenne.
Sa magnifique couleur n’est en fait pas vraiment rouge, mais plutôt d’un orange vif. Certains auteurs anglais, dans le passé, l’ont appelé « orange » ou même « golden » (ce qui veut dire doré). Mais l’appellation « rouge » de l’école française a finalement prévalu. Cette couleur se retrouve au niveau des inflorescences, des pétioles des feuilles et des jeunes fruits, et du germe qui pointe hors de la semence.
Les feuilles les plus jeunes, situées au sommet du cocotier présentent un aspect « échevelé », moins marqué cependant que chez le Nain Jaune Malais. Les fleurs mâles et femelles de la même inflorescence se fécondent entre elles. Le taux d’autofécondation est supérieur à 90%. Comme chez le Nain Jaune, les régimes présentent des pédoncules courts et sont bien supportés par les feuilles.
L'origine du Nain Rouge Malaisie n’est pas mieux connue que celle des autres nains dit « Malais ». Des planteurs l’auraient introduit en Malaisie dans les années 1890-1900, probablement à partir d’Indonésie.
Plus d’une trentaine de types de Nains Rouges ont été décrits à travers le monde. Certains d’entre eux ressemblent fortement au Nain Rouge de Malaisie : on peut citer notamment ceux du Sri Lanka, de Chowgat en Inde, de Nias en Indonésie, de Chumpon en Thaïlande, et même de Cuba. Seule la biologie moléculaire permettra de confirmer si ces différents nains sont vraiment identiques. Par contre, d’autres Nains rouges se distinguent aisément du type malais. Le Nain Rouge Cameroun, décrit dans cet ouvrage, présente des fruits en forme de poire d’une couleur orangée nettement plus pâle. D’autres Nains Rouges du Pacifique donnent des régimes à long pédoncule, dont les fruits plus petits et nombreux sont d’une couleur rouge orangée plus soutenue. Le Nain Rouge de Polynésie constitue un exemple de cette famille de nains rouges.
Ce Nain à la couleur très décorative est un cocotier destiné aux jardins et à l’horticulture.  Il a été planté à grande échelle en Jamaïque, du fait de sa tolérance à la maladie du jaunissement mortel dans ce pays. Dans le domaine de la recherche, le Nain Rouge de Malaisie a été employé comme parent de nombreuses variétés hybrides, dont certaines sont diffusées à l’échelle mondiale. On peut notamment citer son hybride avec le Grand de l’île Rennell, très utilisé dans le Pacifique, et son hybride avec le Grand Tagnanan vulgarisé aux Philippines. Dans les conditions des îles hautes de Polynésie Française, il pourrait fournir des hybrides nettement meilleurs que celui actuellement utilisé, croisement du Nain Vert Brésil et du Grand de Rangiroa.

Nain Jaune de Malaisie

Le Nain Jaune de Malaisie est le cocotier nain le plus répandu au monde. Ce nain a été introduit en Polynésie Française dans les années 1980 à partir de la Station Marc Delorme de Côte d'Ivoire, en Afrique de l'Ouest. Cette introduction a été réalisée par l'IRHO, l'un des instituts qui ont fusionné pour créer l'actuel Cirad, le Centre International de Recherches Agronomique pour le Développement.

La collection de cocotier de Rangiroa ayant été délaissée et détruite, il subsiste probablement en Polynésie Française moins d'un vingtaine de cocotier de cette variété.  Nous avons retrouvé seulement deux exemplaires à Tahiti, sur le front de mer de Papeete. Les services de l'Agriculture semblent pour l'instant peu intéressés à sauvegarder la diversité génétique du cocotier. Un unique planteur polynésien, conseillé par nos soins, aient pris récemment l'initiative de multiplier cette variété. Nous recherchons d'autres planteurs ou collectionneurs intéressé à participer à cette opération de sauvegarde.
L’agréable couleur jaune de ce nain tire légèrement sur le vert. Elle se retrouve au niveau des inflorescences, des pétioles des feuilles et des jeunes fruits. Le germe qui pointe hors de la semence présente cette même couleur, qui sert à identifier les plants nains en pépinière.

Son origine reste mystérieuse. Des planteurs l’auraient introduit en Malaisie dans les années 1890-1900, à partir d’un lieu dénommé Kryon, très probablement situé en Indonésie mais dont la localisation exacte s’est perdue.

Les régimes présentent des pédoncules courts et sont bien supportés par les feuilles. Ceci réduit les avortements quelquefois causés par l’écroulement du régime sous le poids de ses propres fruits. Il est quelquefois difficile d’atteindre ce pédoncule court pour le sectionner.  Les feuilles les plus jeunes, situées tout en haut du cocotier présentent un aspect « échevelé » typique qui permet de reconnaître sans hésitation les nains malais, même sur une photographie en noir et blanc. L’extrémité du rachis des feuilles et les jeunes folioles sont en fait plus souples que chez les autres variétés.

Les fleurs mâles et femelles de l’inflorescence sont à maturité au même moment. L’autofécondation est donc de règle, avec un taux qui avoisine 95 %.
Plusieurs types de Nain Jaune se ressemblent beaucoup : Nains Jaunes de Malaisie, du Ghana, du Sri Lanka, de l’île indonésienne de Nias, de Chowgat en Inde… Aux îles Samoa, il existe un Nain Jaune dont les fruits sont d’une couleur plus pale que celle du Nain Malais, et qui résiste mieux aux cyclones. Ceci a été observé sur l’archipel du Vanuatu, où ces deux nains sont comparés.
La biologie moléculaire permet de confirmer si deux cocotiers apparemment semblables sont vraiment similaires. En 1998, Lebrun et al ont montré que les Nains Jaunes de Malaisie et du Ghana sont génétiquement identiques. Ce type d’analyse doit être étendu aux autres sortes de Nains Jaunes. L’appellation « Nain Jaune du Ghana » va probablement disparaître des listes internationales de variétés
Le Nain Jaune de Malaisie produit des fruits oblongs de taille moyenne, et d’un poids variant généralement de 600 à 800 grammes. A l’intérieur du fruit, la noix de coco, presque ronde, pèse 400 à 500 grammes.
Dans de bonnes conditions, ce Nain commence à produire trois ans après la plantation. Il peut produire 80 à 100 fruits par arbre et par an (à la densité de 210 arbres à l’hectare et sans irrigation).
L’eau des jeunes fruits est agréable à boire mais pas aussi sucrée que celle d’autres nains comme le Nain Vert du Brésil. L’amande peu épaisse donne un coprah caoutchouteux, difficile à sécher mais riche en huile.
Comme la plupart des autres nains, le Nain Jaune de Malaisie est sensible à la sécheresse, aux attaques d’insectes et aux conditions de croissance difficiles. Sa production peut devenir irrégulière, avec une alternance marquée de bonne et de mauvaises années. C’est plutôt un cocotier de case et de jardin, encore qu’il ait été planté à grande échelle en Jamaïque, du fait de sa tolérance à la maladie du jaunissement mortel dans ce pays.
Dans le domaine de la recherche agronomique, le Nain Jaune de Malaisie joue un rôle important. Il est parent de nombreuses variétés hybrides, dont certaines ont été diffusées à l’échelle mondiale. On peut notamment citer l’hybride PB121, créé en Côte d’Ivoire, et l’hybride Maypan de Jamaïque.Ce nain sert aussi de variété de référence dans la plupart des collections internationales de cocotier. Tous les autres types de cocotiers nains sont évalués en comparaison avec le Nain Jaune de Malaisie. Il serait donc fort dommageable de laisser cette variété disparaitre en Polynésie Française. En effet, lorsque les activités de recherches en génétique du cocotier finiront par reprendre en Polynésie Française, cette variété permettra de relier ce qui se fait au Fenua avec les recherches menées dans le reste du monde.

Les cocotiers plicata à folioles soudées

Cocotier Grand Plicata observé à Fidji
Chez le cocotier, la présence de  folioles soudées résultent d'une mutation assez rare, qui survient surtout dans des populations de cocotiers de type grand; on la retrouve cependant parmi les cocotiers nains compacts de type "Niu Leka" présents en Polynésie Française. Cette mutation a été dénommée "plicata".

En général les cocotiers plicata de type grand ont une faible productivité. En revanche, certains cocotiers nains observés en Polynésie française semblait se comporter de meilleure façon. Les cocotiers nains plicata de Polynésie Française n'ont jamais fait l'objet d'une caractérisation scientifique; il faudrait organiser leur conservation et leur description, en particulier pour la composition des fruits et la croissance en hauteur. Aucun programme de recherche ni de conservation n'est pour l'instant prévu en Polynésie Française, ou il n'existe plus de collection nationale de variétés de cocotier.

Dans les années 1980, le cocotier Niu Leka des Fidji a été importé en Inde dans la collection internationales des îles Andaman. Sur les 71 cocotiers Niu Leka introduits,  l'en d'entre eux présentait un haut degré de folioles soudées. Les chercheurs indiens ont noté que ce cocotier avait mis longtemps à fleurir (13 ans).


Nain Plicata, Tahiti vers le PK 20
 En Polynésie, les cocotiers aux folioles soudées portent parfois une connotation sacrée. Des légendes leur sont associées, comme par exemple aux îles Samoa et aux Fidji. Leur esthétique agréable se distingue bien de l'aspect des autres cocotiers. Ces cocotiers pourraient être bien valorisés dans le domaine du paysagisme.

En Polynésie Française, nous avons identifié en 2006 un premier individu sur la route cotière de Tahiti, à l'ouest de Papeete.
Jean François Butaud a aussi signalé en 2011 un nain vert de ce type  peu après le jardin botanique du coté de la montagne (voir photo). Fasang Chong dit aussi avoir vu ce type de cocotier à Reao au Tuamotu.
En 2010, non loin du port de Tahiti, nous avons découvert une école dont la cour est plantée d'une dizaine de cocotiers aux folioles plus ou moins soudées. Manifestement, les semences qui ont servi à constituer ces cocotiers ont été prélevées sur un cocotier de type nain vert compact à folioles soudées. Mais ces cocotiers sont allogames et se croisent librement avec les cocotiers voisins; on retrouve donc dans la cour de l'école un mélange assez peu esthétique comprenant des cocotiers plus ou moins grands et aux folioles plus ou moins soudées.

Tahiti, cocotier photographié par J.F. Butaud

Ceci illustre bien les difficultées actuelles de conservation et de production des semences de cocotier en Polynésie Française. Pour avoir une variété bien homogène, il faudrait planter quelque part ensemble un trentaine de nains verts aux folioles soudées, dans des conditions d'isolation géographique et reproductive. Ceci consisterait à planter un petit motu ou un fond de vallée uniquement avec ce type de cocotier. Ainsi on pourrait fournir au Polynésiens des semences certifiées de cette variété.
Nous recherchons donc un partenaire polynésien intéressé par constituer une population de Nains verts plicata pour préserver, diffuser et valoriser les semences certifiées de cette variété.








Réferences bibliographiques

Genet. Resour. Crop Evol., 2005, 52, 1031–1037.
Arunachalam, V., Jerard, B. A., Damodaran, V., Ratnambal, M. J. and Kumaran, P. M., Phenotypic diversity of foliar traits in coconut germplasm.

2010/10/10

Les cocotiers à cornes (horned coconut)

Il semble que la première description de cocotiers dit "à corne" date de 1924 et a été réalisée au Sri Lanka (Petch, 1924). Nous n'avons pas pu obtenir cet article pour l'instant.
En fait, les diverses photographies de noix de cocotiers dits "à corne" que nous avons pu trouver montrent des morpholologies très diverses. Il n'existe donc pas un seul type de cocotier à corne, mais plusieurs types qui se distinguent par des cornes plus ou moins longues, plus ou moins épaisses et plus ou moins courbées.





Cocotier à corne de l'atoll de Tetiaroa

Références

Petch, T. (1924) A horned coconut. Yearbook DoA, Ceylon pp 20-21.
Areca and Cocos in Andaman and Nicobar Islands. Indian J. For., 1979, 2, 350–363

Davis, T. S. (1965). Addition to the theories on the morphology of horns in coconut fruits.

Jerard, B. A., Niral, V., Dhanapal, R., Damodaran, V., Arunachalam, V., Rajesh, M. K., ... & Thomas, G. V. (2014). IND 221–Andaman Horned Cocos (IC0598221; INGR13063), a Coconut (Cocos nucifera) Germplasm with Distinct Character of Horny Nuts. Indian Journal of Plant Genetic Resources, 27(1), 76-77.