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2010/10/13

Nain Jaune de Malaisie

Le Nain Jaune de Malaisie est le cocotier nain le plus répandu au monde. Ce nain a été introduit en Polynésie Française dans les années 1980 à partir de la Station Marc Delorme de Côte d'Ivoire, en Afrique de l'Ouest. Cette introduction a été réalisée par l'IRHO, l'un des instituts qui ont fusionné pour créer l'actuel Cirad, le Centre International de Recherches Agronomique pour le Développement.

La collection de cocotier de Rangiroa ayant été délaissée et détruite, il subsiste probablement en Polynésie Française moins d'un vingtaine de cocotier de cette variété.  Nous avons retrouvé seulement deux exemplaires à Tahiti, sur le front de mer de Papeete. Les services de l'Agriculture semblent pour l'instant peu intéressés à sauvegarder la diversité génétique du cocotier. Un unique planteur polynésien, conseillé par nos soins, aient pris récemment l'initiative de multiplier cette variété. Nous recherchons d'autres planteurs ou collectionneurs intéressé à participer à cette opération de sauvegarde.
L’agréable couleur jaune de ce nain tire légèrement sur le vert. Elle se retrouve au niveau des inflorescences, des pétioles des feuilles et des jeunes fruits. Le germe qui pointe hors de la semence présente cette même couleur, qui sert à identifier les plants nains en pépinière.

Son origine reste mystérieuse. Des planteurs l’auraient introduit en Malaisie dans les années 1890-1900, à partir d’un lieu dénommé Kryon, très probablement situé en Indonésie mais dont la localisation exacte s’est perdue.

Les régimes présentent des pédoncules courts et sont bien supportés par les feuilles. Ceci réduit les avortements quelquefois causés par l’écroulement du régime sous le poids de ses propres fruits. Il est quelquefois difficile d’atteindre ce pédoncule court pour le sectionner.  Les feuilles les plus jeunes, situées tout en haut du cocotier présentent un aspect « échevelé » typique qui permet de reconnaître sans hésitation les nains malais, même sur une photographie en noir et blanc. L’extrémité du rachis des feuilles et les jeunes folioles sont en fait plus souples que chez les autres variétés.

Les fleurs mâles et femelles de l’inflorescence sont à maturité au même moment. L’autofécondation est donc de règle, avec un taux qui avoisine 95 %.
Plusieurs types de Nain Jaune se ressemblent beaucoup : Nains Jaunes de Malaisie, du Ghana, du Sri Lanka, de l’île indonésienne de Nias, de Chowgat en Inde… Aux îles Samoa, il existe un Nain Jaune dont les fruits sont d’une couleur plus pale que celle du Nain Malais, et qui résiste mieux aux cyclones. Ceci a été observé sur l’archipel du Vanuatu, où ces deux nains sont comparés.
La biologie moléculaire permet de confirmer si deux cocotiers apparemment semblables sont vraiment similaires. En 1998, Lebrun et al ont montré que les Nains Jaunes de Malaisie et du Ghana sont génétiquement identiques. Ce type d’analyse doit être étendu aux autres sortes de Nains Jaunes. L’appellation « Nain Jaune du Ghana » va probablement disparaître des listes internationales de variétés
Le Nain Jaune de Malaisie produit des fruits oblongs de taille moyenne, et d’un poids variant généralement de 600 à 800 grammes. A l’intérieur du fruit, la noix de coco, presque ronde, pèse 400 à 500 grammes.
Dans de bonnes conditions, ce Nain commence à produire trois ans après la plantation. Il peut produire 80 à 100 fruits par arbre et par an (à la densité de 210 arbres à l’hectare et sans irrigation).
L’eau des jeunes fruits est agréable à boire mais pas aussi sucrée que celle d’autres nains comme le Nain Vert du Brésil. L’amande peu épaisse donne un coprah caoutchouteux, difficile à sécher mais riche en huile.
Comme la plupart des autres nains, le Nain Jaune de Malaisie est sensible à la sécheresse, aux attaques d’insectes et aux conditions de croissance difficiles. Sa production peut devenir irrégulière, avec une alternance marquée de bonne et de mauvaises années. C’est plutôt un cocotier de case et de jardin, encore qu’il ait été planté à grande échelle en Jamaïque, du fait de sa tolérance à la maladie du jaunissement mortel dans ce pays.
Dans le domaine de la recherche agronomique, le Nain Jaune de Malaisie joue un rôle important. Il est parent de nombreuses variétés hybrides, dont certaines ont été diffusées à l’échelle mondiale. On peut notamment citer l’hybride PB121, créé en Côte d’Ivoire, et l’hybride Maypan de Jamaïque.Ce nain sert aussi de variété de référence dans la plupart des collections internationales de cocotier. Tous les autres types de cocotiers nains sont évalués en comparaison avec le Nain Jaune de Malaisie. Il serait donc fort dommageable de laisser cette variété disparaitre en Polynésie Française. En effet, lorsque les activités de recherches en génétique du cocotier finiront par reprendre en Polynésie Française, cette variété permettra de relier ce qui se fait au Fenua avec les recherches menées dans le reste du monde.